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Dans son nouveau livre intitulé Ce pays des hommes sans Dieu, venant de paraître mercredi 6 mai, l’académicien Jean-Marie Rouart explique que les valeurs de la République et la ne sont pas des remparts suffisants contre la montée en puissance de l’islam dans notre pays. Il montre que la mystique laïque n’a pu effacer « nos carences culturelles et nos faiblesses spirituelles » consécutives à l’effondrement de la pratique catholique et que ces carences ont fait de nous des « consommateurs compulsifs, drogués par un matérialisme sans frein ni horizon, s’acheminant vers une forme de barbarie moderne ». Son propos nous remémore la phrase de Malraux : « Une civilisation est tout ce qui s’agrège autour d’une » et que si cette dernière disparaît, la civilisation s’efface aussi.
Jean-Marie Rouart précise que si les philosophies, à l’instar de la théorie nietzschéenne, sont utiles pour pointer du doigt certaines dérives religieuses, elles sont par contre incapables de proposer un cadre transcendant alternatif permettant d’ordonner une société. Il en est de même pour la littérature qui ne peut s’adresser qu’à l’individu et non à une communauté dans son ensemble, à la manière d’une religion donnant une morale et une vision globales.
Selon l’académicien, pour que la puisse vaincre l’islam radical et perpétuer sa civilisation, il faut qu’elle renoue avec un catholicisme d’État. Pour cela, deux mesures doivent être prises. La première consiste à ce que l’ de France s’extirpe des réformes du concile II. Pour lui, ce concile est responsable de l’effondrement de la pratique religieuse. D’une part à cause de l’instauration de l’œcuménisme qui, en reconnaissant que les autres religions puissent contenir une parcelle de vérité, a imprégné peu à peu le catholicisme de relativisme. D’autre part à cause de l’abandon du latin et des rites enrobant la messe de faste et de mystères à l’image des liturgies orthodoxes.
Cependant, ce dernier point fait débat. Selon , auteur du livre L’Archipel français, ce n’est pas l’abandon des rites latins qui a causé l’effondrement de la pratique mais la renonciation au péché mortel en cas de non-assiduité aux offices. Jérôme Fourquet rappelle que les temples protestants étaient très fréquentés jusqu’au début des années 60 malgré l’absence de rites fastueux et que le renoncement au péché mortel en cas de non-fréquentation des offices a provoqué aussi un écroulement de l’assiduité dans les églises réformées.
La seconde mesure que préconise Jean-Marie Rouart est d’étendre le concordat de l’Alsace-Moselle à l’ensemble du territoire français et d’annuler ainsi la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Ce concordat donne la possibilité aux religions reconnues par l’État d’être soutenues financièrement par ce dernier, qui forme et rémunère les ministres du culte. Concernant le catholicisme dont la pratique reste encore majoritaire, ce soutien étatique lui donnerait un nouvel essor et placerait le pays de nouveau sous le regard de Dieu.
Il permettrait aussi à l’islam d’être mieux contrôlé par la puissance publique responsable de la formation des imams. Jean-Marie Rouart est bien conscient de la difficulté d’imposer aux musulmans un imamat public du fait que l’islam, à travers sa communauté de l’oumma, refuse les frontières nationales et n’a pas de hiérarchie ecclésiale, du moins dans sa version sunnite. Néanmoins, il rappelle que avait réussi à imposer le rabbinat aux juifs français dépourvus, eux aussi, de structure religieuse hiérarchique.

8 mai 2021

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