Editoriaux - International - Société - 1 août 2019

Pour favoriser la natalité, Viktor Orbán offre des aides aux couples mariés

30.000 euros aux familles avec trois enfants

En France, il n’y a pas de politique familiale. Tout au plus, une politique « des familles », car la famille traditionnelle devient, pour nos dirigeants, un vestige du passé. Avec des conséquences sur la démographie et la nécessité de recourir, dans certains secteurs d’activité, à des immigrés. En Hongrie, Viktor Orbán a trouvé une autre solution : un prêt aux couples mariés, qu’ils n’auront pas besoin de rembourser à condition d’avoir des enfants.

D’un montant de 10 millions de forints (soit près de 30.600 euros), destiné notamment à l’achat d’un logement neuf, ce prêt offre des conditions de remboursement très avantageuses, le capital étant définitivement acquis à la naissance du troisième enfant, selon CNews. D’autres mesures s’y ajoutent, comme l’exonération à vie d’impôts sur le revenu pour les mères qui ont au moins quatre enfants, la création de 21.000 places supplémentaires en crèche, d’ici trois ans, ou l’instauration d’un congé grand-parental. Il faut dire que la Hongrie a perdu plus d’un million d’habitants en trente ans, sur un total de 10 millions.

Cette politique nataliste s’explique par le refus de Viktor Orbán de recourir à l’immigration économique pour compenser le déficit démographique. Contrairement aux dirigeants d’autres pays européens, notamment l’Allemagne, qui voient dans l’immigration un moyen de disposer d’une main-d’œuvre bon marché, il estime que la natalité est un signe positif de la confiance en l’avenir : « Une communauté qui n’est pas capable de se maintenir démographiquement ne croit pas en son futur et à son droit à exister. » En 2012, la nouvelle Constitution faisait référence à Dieu, au christianisme et à la famille traditionnelle, consacrée comme pilier de la nation.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi le Premier ministre de Hongrie subit tant de critiques parmi nos élites dirigeantes, qui ne partagent pas ces valeurs. Pourtant, si une telle politique était appliquée en France, elle apporterait de nombreux avantages. Favoriser la natalité, c’est faire un pari sur le développement économique. Il n’y a pas de dynamique sociale et économique sans dynamique démographique. Penser que le chômage diminuerait proportionnellement à la population active est une vue de l’esprit, qui ne correspond pas au réel.

L’une des raisons pour lesquelles le système des retraites a été plusieurs fois modifié depuis la réforme Fillon de 2003 et doit être, dans les prochains mois, totalement transformé est que le rapport entre le nombre d’actifs qui financent les retraites et le nombre de retraités a tendance à diminuer et pourrait atteindre 1,5 en 2040. Seule une augmentation des emplois permettrait d’inverser la tendance. Outre des mesures pour lutter contre le chômage, une politique familiale ambitieuse pourrait y contribuer.

Bien sûr, on peut décider d’employer le palliatif de l’immigration, mais c’est renoncer à la spécificité de notre culture. Voilà qui ferait plaisir aux multiculturalistes, mais qui pourrait inquiéter les défenseurs de notre patrimoine historique et culturel.

Viktor Orbán continuera donc d’être traité d’ultraconservateur, de nationaliste et d’extrémiste. Cependant, si l’on analyse son action avec un regard objectif, on s’aperçoit qu’il ne veut que sauvegarder l’unité culturelle, voire l’existence de son pays.

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