La revendication est enfin tombée. Ce lundi 17 juillet, aux premières heures, un collectif anonyme, baptisé « Le Chardon », inconnu jusque-là, a laissé dans les boîtes mail de plusieurs rédactions un message de justification. Dans ce communiqué, qui n’a pas été encore authentifié, ces militants assument être à l’origine de l’opération de saccage menée dans la nuit du 13 au 14 juillet contre un verger du Tarn. En quelques heures, ils ont détruit 18.000 greffons, ce qui représente près de 9.000 pommiers arrachés. Selon les premières expertises, rapportées par la presse locale, cela représenterait près de « 600 heures de travail de 15 personnes ». Pour justifier leur action, les activistes radicaux assurent lutter contre « l’agro-industrie » qui « empoisonne nos familles ». Et de poursuivre de façon énigmatique, en écriture inclusive : « Nous habitant.e.s des campagnes ou des villes, descendant.e.s des paysan.e.s qui ont nourri les humains de ce monde pendant des millénaires sans le détruire, nous ne pouvons plus croire des menteurs avérés » (sic). Avant de conclure : « Vous avez créé un peuple en état de légitime défense. Et ce peuple va se défendre et sauver ses enfants de vos poisons. »

« Un contexte de violence désinhibée »

Les agriculteurs, sous le choc, dénoncent l’impunité dont jouissent ces activistes écologistes radicaux. L’un des employés du Domaine de Fontorbe, visé par cet énième acte de vandalisme, s’insurge contre une attaque « sauvage » d’une « lâcheté ignoble ». Aux côtés de cette exploitation, c’est tout le monde agricole qui est en émoi. Pour le collectif « Sauvons les fruits et légumes de France », qui rassemble des producteurs, « il est temps de faire payer à ces activistes écologistes chaque euro du préjudice subi ». Un sentiment partagé par l’Association nationale des pommes poires (ANPP) qui « espère que les coupables seront identifiés et condamnés ». Pour l’ANPP, cette action de destruction s’inscrit dans « un contexte de violences complètement désinhibées à l’encontre des agriculteurs ». La chambre d’agriculture du département, enfin, « condamne fermement cet acte de vandalisme » et apporte son soutien aux « salariés qui voient leur travail saccagé ».

Après cette attaque contre les vergers de Fontorbe, de nombreux politiques sont également montés au créneau pour dénoncer, une nouvelle fois, l’activisme radical de certains militants de la cause environnementale. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesnau, tout d’abord, pointe du doigt « un obscurantisme et une police de la pensée et des choix agricoles ». « Voilà où mènent les excès verbaux et la désinformation sur des sujets qui ne supportent pas la carricature. Nous ne céderons rien », promet-il sur son compte Twitter. Pour information, l’exploitation visée par le saccage avait, en avril 2021, dans la panique de l’épisode de gel tardif, allumé des feux pour protéger ses arbres, ce qui avait conduit à l’intoxication d’une vingtaine de riverains. Une plainte avait été déposée par le maire de la commune et la justice poursuit son travail. Mais depuis, le domaine est en conflit régulier avec des activistes. D’autre part, une association environnementale locale accusait, lors d’un récent rassemblement, le domaine de vouloir revenir « au tout chimique » alors que le domaine continue d’être certifié éco-responsable. De son côté, Xavier Bertrand, patron des Hauts-de-France, s’interroge : « Jusqu’où iront ces activistes radicaux qui se prétendent écologistes ? » Mais après les mots et l’indignation, les agriculteurs, soutenus par une grande partie des Français, demandent des actes.

Mettre fin au laxisme

Le récent baromètre du Figaro sur la sécurité des Français est sans appel à ce sujet. Les Français, de tous bords politiques, rejettent massivement les modes d’action des écologistes radicaux. Ils sont ainsi 85 % à dénoncer les actions de sabotage menées contres des infrastructures et des exploitations agricoles. Pour faire face à ce mode opératoire, inspiré de l’ultra-gauche, ils appellent à davantage de fermeté et de répression. Près des trois quarts de la population réclament ainsi que « les services de renseignement doivent pouvoir utiliser les mêmes moyens que l’antiterrorisme pour surveiller et arrêter les activistes qui comptent saboter les sites sensibles ».

En renonçant au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, soutenu à 55 % par la population locale, l’État a envoyé un signe de faiblesse aux militants écologistes. Ils en ont profité à Sainte-Soline. Désormais, il est temps que l’État fasse preuve de fermeté. Car derrière l’argument écologique, ne nous y trompons pas, ces activistes cherchent surtout à s'en prendre à l’État et aux forces de l'ordre.

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18 juillet 2023

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30 commentaires

  1. Ne devrait-on pas faire subir aux écolos ce que les écolos font subir aux agriculteurs. ils soutiennent l’écologie, nombreux sont ceux qui soutiennent les agriculteurs.

  2. Des activistes écologistes ??? Non, ce sont des terroristes qui n’ont rien  » d’écologistes » puisqu’ils massacrent la Nature et l’environnement. Il faut appeler un chat un chat. Où est l’écologie dans cette sauvagerie barbare ? Qu’ils soient très sévèrement punis.

  3. Il semble anormal qu’une action judiciaire en ‘réparation de dommages causés’ n’ait pas été engagée et soutenue bien sûr par la Chambre d’Agriculture locale ??? ASSEZ DE PAROLES , IL FAUT DES ACTES : tel est bien le message que la pays a fait entendre à travers les réponses au sondage publié sur Le Figaro.

  4. Ah ! si tous nos écolos « amis de la Terre » se pressaient au travail pour nous fournir une nourriture quotidienne digne de leurs aspirations les plus hautes , quel exemple magnifique serions nous tenus de suivre ! quelle leçon de vie ! Tant d’énergie mise au service du bien de tous sans distinction de revenus , de race , de religions ou d’opinions ça ferait vraiment chaud au coeur !

  5. Typiquement français écolo ! Polluer chez les autres mais pas chez nous . Genre voiture électrique et ses batteries pour ne citer que le plus connu. Mais sont ils prêt à payer pour l’importation de tout ce qu’ils ne veulent plus produire chez nous ?

  6. Les idiots utiles du mondialisme n’ont pas fini de nuire tant qu’ils se sentiront « protégés » par un Etat profond qui manipule nos enfants depuis la plus tendre enfance. Il faut les arrêter et les condamner à replanter eux-même les arbres saccagés. Ils vaut mieux une agriculture raisonnée, pas bio (le bio n’est qu’une vaste fumisterie) plutôt que des produits qui viennent de l’autre coté de la planète dans des cargos polluants. Le désastre de la filière ovine en est un exemple, les moutons consommés en France venant de la Nouvelle-Zélande, tués et conditionnés là-bas (merci la L214 !….)

  7. Mais quand le peuple va t il se révolter ?? Jamais car on nous inculque la soumission et le « pas de vague » dans notre société « aseptisée » !!

  8. Et que fait la DGSI si prompte à dénoncer le complot d’extrême-droite? . Nous attendons de voir, redescendez sur terre Messieurs les penseurs du renseignement.

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