Électrice du Rassemblement national et atteinte d’endométriose, je suis lasse d’être prise en otage par les féministes d’extrême gauche et les politiciens macronistes.

La proposition de loi du RN, dont l’objectif était d’améliorer l’accompagnement des femmes souffrant d’endométriose, a suscité de vifs débats et a été rejetée par la commission des affaires sociales, le 4 octobre dernier.

On s’épargnera ici la recension exhaustive de l’ensemble des interventions savoureuses des détracteurs du Rassemblement national ; mais il convient de saluer le grand gagnant de la semaine qui est, sans conteste, le ministre à l’Égalité femmes-hommes (oui, avec un « E » majuscule), Bérangère Couillard, qui s’est dite prête à prendre un décret sur l’endométriose pour « contrer le RN ». Ainsi, pour sauver la nation du fléau de l’extrême droite, notre ministre serait prêt à faire son travail… On ne peut que saluer la générosité de la démarche et attendre avec impatience.

Car les mesures de cette proposition de loi sont essentielles et attendues par de nombreuses femmes, notamment le fait de pouvoir bénéficier de meilleurs remboursements de leurs frais médicaux. Il en est de même concernant l’octroi du statut de travailleur handicapé aux femmes les plus sévèrement atteintes. Qui peut nier que ces dernières sont confrontées à de grandes difficultés professionnelles, qui n’ont pas à peser uniquement sur elles et leurs employeurs ? J’ai la chance de travailler essentiellement dans un bureau. Lorsqu’une crise me lacère les entrailles de façon trop insupportable, je peux discrètement fermer la porte, avant de me recroqueviller sur la moquette, quelques instants. Mais je pense à celles qui travaillent debout, soignantes, éducatrices, ouvrières et tant d’autres… Il me semble juste que la société fasse preuve de solidarité envers elles.

Et l’on pourrait d’ailleurs débattre de bien d’autres mesures pertinentes. Rappelons, par exemple, que cette maladie est encore incurable mais que de plus en plus de femmes parviennent à améliorer leur vie quotidienne grâce à d’autres formes de médecine, de l’ostéopathie à l’acupuncture, en passant par le suivi d’un nutritionniste. Autant de séances qui coûtent cher et pour lesquelles elles ne bénéficient d’aucune aide. Les consultations chez un psychologue non plus ne sont pas prises en charge. Est-ce bien raisonnable quand 85 % des femmes atteintes d’endométriose témoignent avoir déjà eu des pensées suicidaires ?

Cependant, il faudrait ne pas aborder ces sujets dans l’Hémicycle, parce que cette question a été mise sur le tapis par le Rassemblement national…

J’ai notamment été interpellée par l’intervention de Clémentine Autain, qui a longuement fustigé l’opportunisme du RN, accusé de récupération pour faire oublier sa politique conservatrice – par exemple, son refus de l’allongement du délai de l’IVG de 12 à 14 semaines.

Ce qu’il faut retenir de cette affaire, c’est que seuls les politiques qui embrassent l’ensemble des revendications féministes peuvent se prévaloir d’une si juste cause.

Mais moi, je ne suis pas féministe, je suis trop admirative des hommes qui m’entourent, je suis émerveillée de leur force venue du fond des âges, de leur prévenance façonnée par deux mille ans de christianisme, de leur constance d’humeur qui se laisse parfois bouleverser. Non, je ne suis pas féministe. Je suis opposée à la constitutionnalisation de l’IVG, j’ai vécu à mes dépens combien la vie est un mystère sacré et cette conviction relève de ma liberté de conscience. Non, résolument, je ne suis pas féministe, et j’ai pu faire l’expérience que les hommes n’avaient pas l’apanage des violences gynécologiques.

Mais parce que c’est mon utérus qui est atteint, et non mon bras droit ou mes poumons, je suis sommée sans ménagement d’en être, sous peine d’être taxée d’hypocrisie par ces parangons de vertu. Ou, du moins, je ne peux être défendue que par elles.

Je suis écœurée d’être amalgamée à des revendications idéologiques ou politiques. Cet amalgame me réduit au silence, tant je répugne à y être associée. Et si je prends la peine d’écrire aujourd’hui, c’est que je souhaite que les féministes, qui appellent à cor et à cri à la libération de la parole des femmes, cessent d’aborder cette maladie avec leur propre prisme et leur propre programme politique, et qu’elles soutiennent les mesures qui aideront les femmes, quels qu’en soient les auteurs.

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08 octobre 2023 à 10:56

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10 commentaires

  1. Réfléchissons y à deux fois : l’on ne peut rembourser à la fois l’avortement, libre et gratuit, un droit fondamental et sacré, et s’occuper de la santé des femmes en général ! Oui da !
    Au fait, a-t-on exploré la possible relation de cette maladie avec le désordre hormonal engendré par la prise d’œstrogènes contenus dans (certaines) les pilules contraceptives ?

  2. Ces gens là ne sont pas élus pour défendre les Français mais pour s’offrir une carrière grassement rémunérée.

  3. A ce stade , il ne reste plus qu’à prier pour que « la  » ministre de l’Egalité F-H fasse son travail avec l’aide du ministre de la santé de toutes et tous pour que la prise en charge de l’endométriose facilite la vie de celles qui souffrent .

  4. Il existe des traitements efficaces de l’endométriose, encore faut il savoir les adapter, pour l’endométriose localisée au seul utérus, par exemple, l’embolisation des artères utérines a d’exellents résultats, mais mon propos n’est pas un cours sur le sujet, par contre une ALD peut se justifier.

  5. Ne comptez pas sur ces féministes pour défendre les femmes , elles ne servent à rien , brassent de l’air et sont la honte de la gente féminine .

  6. Vous avez entièrement raison , les LFI et autres NUPES sont tellement obsédés par leur agenda qu’ils deviennent inhumain et les féministes, nombreuses dans ces partis, préfèrent défendre le montant du RSA qui maintiennent les gens qui en bénéficient dans un état de dépendance et d’oisiveté, pour certains, pendant que des femmes qui travaillent sont contraintes, malgré elles, soit de s’absenter, ou soit de souffrir en silence tout en assumant les contraintes professionnelles . Je connais personnellement une femme qui a souffert de ce que l’on appelait auparavant le syndrome prémenstruel, qui est en réalité est l’endométriose , cela lui créait aussi une angoisse qui a provoqué ,chez elle, durablement , une colopathie fonctionnelle et aujourd’hui elle souffre de fibromyalgie, liée aux symptomes précités . C’est une personne très active mais qui a été pénalisée dans sa vie par cet infernal triptyque que l’on retrouve souvent chez les femmes qui ont eu affaire dans leurs plus jeune âge à l’endométriose . Je ne sais pas si c’est un bon calcul de ne pas prendre en charge cette pathologie parce qu’en lorsque la sécurité sociale est sollicitée pécunièrement cela oblige les autorité médical à trouver des remèdes et des soins adaptés et permet en aval donc de ne pas aggraver la santé des gens qui en souffrent et donc de ne pas être obligé de prendre en charge les dommages collatéraux . En tout cas, bon courage je vous soutiens de tout coeur !

  7. Nous en concluons que, pour les soi-disant féministes d’extrême gauche, la contamination par la peste brune répandue par le RN est une menace plus grave pour la santé des femmes que l’endométriose.

  8. Attention quand même à ne pas distribuer le statut de travailleur handicapé à toutes celles qui se plaignent, car il y a toujours plus de combinards que de vrais malades.
    Il faut limiter se statut à celles pour lesquelles on a un IRM montrant bien une endométriose particulièrement sévère et donc.. handicapante.
    Car il ne faut pas oublier ce qu’est un travailleur handicapé et qu’ils n’ont aucun repos avec leur handicap dans le mois pour leur part.

    1. C’est un homme qui dit ça, et sûrement qu’aucune femme de sa famille n’est touchée.

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