[POINT DE VUE] Le Massachusetts autorise l’avortement jusqu’à la naissance

Pour décider de la vie ou de la mort d'un enfant à naître, la loi s'en remet au “jugement professionnel” du médecin.
Capture d'écran X
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L'avantage de l'été, quel que soit le pays, c'est que la relative torpeur des congés permet à des politiques peu scrupuleux de faire passer à peu près n'importe quoi sans que les citoyens ne se rebellent. En France, c'est le cas pour le prix du paquet de cigarettes.

Il faut cependant reconnaître que les États-Unis battent des records, en termes d’ignominie, en ce mois d'août 2026. Le gouverneur démocrate de l'État du Massachusetts, une certaine Maura Healey, a signé, le 10 août, une loi qui élargit les conditions de l'avortement dans l’État dont elle a la responsabilité. Auparavant, on pouvait avorter jusqu'à 24 semaines sans problème, mais au-delà, il fallait l'avis que la grossesse concerne un cas grave (notamment un fœtus qui ne pourrait pas survivre). Désormais, avec ce nouveau texte, la responsabilité de mettre un terme à la vie de l'enfant à naître sera entièrement entre les mains du médecin, sur la base de son « jugement professionnel ».

Une décision éminemment politique

On se doute que cette décision éminemment politique n'a pas manqué de faire réagir les opposants pro-life comme les militants pro-choice. Comme c'est souvent le cas, ces derniers avaient déjà en stock une histoire déchirante qui justifie, à grand renfort de raisonnement inductif, l'apparente nécessité de procéder à une évolution aussi radicale : en l'occurrence, une maman dont le bébé avait fait un AVC in utero à 33 semaines de grossesse. Et, à nouveau comme c'est souvent le cas, la gauche considère que la loi consiste à s'appuyer sur les cas limites pour graver dans le marbre une nouvelle évolution anthropologique.

Comme le soulignent les opposants, cette loi ne fixe plus de limite gestationnelle explicite : après 24 semaines, un avortement peut être pratiqué sur la base du « jugement professionnel » du médecin. On peut souligner que c'est déjà le cas au Québec, et que c'est même gratuit. On peut aussi ajouter qu'en France, sous certaines conditions, au nombre desquelles la trisomie, c'est également tout à fait légal, à défaut d'être tout à fait moral. Ne jetons donc pas la pierre aux Américains.

Si l'on prend un peu de champ et qu'on essaie de se demander ce que signifie cette nouvelle loi, on est tenté d'y voir un nouveau signe de la polarisation de la société aux États-Unis, et plus généralement dans le monde occidental. L’Amérique de Trump ne compte pas beaucoup d'indécis. L'élection de ce président aura au moins eu cela de positif. Or, tandis que les États les plus conservateurs ont quasiment interdit le recours à l'avortement, les États plus libéraux, comme ceux de la côte est, au nombre desquels on trouve le Massachusetts, s'empressent d'en faire un droit fondamental. Chacun appréciera ce sens des priorités, qui n'est guère différent de ce que l'on trouve sous nos propres latitudes.

L'avortement jusqu'à la naissance bientôt voté à Paris ?

Ne nous inquiétons pas : le temps viendra où cette question se posera chez nous. Et comme nous sommes des jacobins qui n'aimons pas la variété des opinions, l'avortement jusqu'à la naissance sera voté à Paris. Il y aura peut-être quelques manifestations : des CRS les gazeront. On enverra pour les cathos les Centaure qu'on ne sort pas pour les banlieues. Et puis cela passera. Comme pour tous les combats que les catholiques ou, plus généralement les conservateurs ont déjà perdus. Mais au moins, les démocrates américains du Massachusetts ont la gentillesse de nous prévenir : la prochaine fois, cela arrivera en France.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

90 commentaires

  1. Ce n’est plus un avortement c’est un CRIME et cela s’appelle un INFANTICIDE
    les Américains ne s’arrêteront donc jamais de tuer et d’inventer des horreurs ! après la « foire aux bébés  » c’est la tuerie de masse des nouveaux nés que vous ne voudrez plus !!!

  2. Ignoble, jusqu’à ou l’homme va aller. Pire que les animaux d’ailleurs pour ces pauvres bêtes, inutile d’attendre du concret compte tenu de ce que fait l’humain à lui même. Ce sont des crimes.

  3. La foi chrétienne digne de ce nom est la seule à s’occuper des personnes pauvres, faibles et vulnérables… Et comme Dieu est abandonné, et comme les Chrétiens sont une espèce en voie de disparition ou beaucoup trop discrète, tous les humains qui gênent et coûtent cher, sans rapporter au système, n’ont plus personne pour les défendre… Pour le droit de vie ou de mort, les dirigeants se prennent pour Dieu, et préparent notre propre destruction… Pour moi, la solution est dans la prière, et le témoignage que Dieu est notre salut, Jésus est « le chemin, la vérité et la vie » !

  4. Je ne suis pas opposé au principe de l’autorisation de l’avortement, mais ce que vous rapportez contribue à l’impression que, globalement, plus l’humanité trouve des moyens de contraception, et plus il est nécessaire d’étendre le domaine d’autorisation de l’avortement. Dans cet esprit, faut-il autoriser l’infanticide par exemple durant les 6 premiers mois suivant la naissance, le temps que la mère et/ou le père réalise(nt) ce que représente les contraintes de la maternité ?

  5. « Chacun appréciera ce sens des priorités, qui n’est guère différent de ce que l’on trouve sous nos propres latitudes. » Et vous croyez que c’est une coïncidence ?

  6. Ne pas confoncre avortement ou interruption médicale de grossesse et assassinat d’un nourrison. L’avortement tardif est, d’après les médecins nombreux à refuser de le pratiquer, assez traumatisant, le foetus étant déjà gros et assez formé. Mais ici il s’agit de tuer un nourrisson à un stade de la grossesse auquel il peut survivre. C’est donc le tuer et c’est choquant ! Il ne faut pas 9 mois pour décider si l’on veut/peut éléver ce bébé. Que ces femmes le proposent à l’adoption. Il existe des médecins pour cet acte ?

    • et les moyens de contraception ça n’existent plus !! quand on ne veut pas d’enfant, il suffit de l’empêcher de se développer, ça doit être le premier pas !!

  7. Un bébé qui naît 2 ou 3 mois avant terme fera l’objet de tous les soins possibles pour qu’il puisse vivre, et on ne peut que s’en réjouir. Un autre bébé, malchanceux celui-là, pourra donc être tué juste avant sa naissance. Et pourtant ils ont tous les deux la même dignité humaine.

  8. A cette loi il manque la précision des cas où l’euthanasie du bébé est nécessaire tel celui qui a fait un AVC à 33 semaines… une telle loi ne doit être appliquée qu’en cas d’urgence après concertation de plusieurs médecins.

  9. C’est un grand progrès par rapport à la Rome antique = C’était le seul père, sans aucune exigence de formation médicale, qui y décidait si l’enfant avait ou non le droit de vivre. Le nombre d’histoires dans la littérature antique de bébés « exposés » sauvés par des bergers, porte à penser que cette pratique devait être assez répandue. Vous voyez donc bien que nous avançons, il nous faut maintenant un toubib. Prochaine étape, la réhabilitation des Nazis ?

    • C’est bien possible, cela a déjà commencé en Ukraine et si Robert Schumann est béatifié, c’est sans doute le début de la fin lui qui fut ministre de Vichy et frappé d’indignité a la libération…

  10. Quelle horreur. Je suis désespéré par la déliquescence de l occident. Les islamistes n ont qu à attendre encore un peu

    • Pour l’indécence, c’est déjà fait. Pour l’ignominie, c’est en cours. Pour le monstrueux, nous y travaillons.
      Pas de doute, c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs.

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