[POINT DE VUE] Ian Brossat et les victimes du communisme : la laideur morale à son apogée

Le sénateur communiste de Paris et porte-parole du PCF a besoin de guillemets pour évoquer 100 millions de morts.
@Jacques Paquier/Wikimedia commons
@Jacques Paquier/Wikimedia commons

L’« affaire » - puisque, désormais, c’en est une - de la stèle de Saint-Raphaël, en mémoire des victimes du communisme, n’en finit pas de connaître des rebondissements. Cette fois, c’est Ian Brossat, sénateur de Paris et porte-parole du Parti communiste français, qui s’est fendu d’une tribune dans L’Humanité, publiée le 19 août, et a donné, le 25 août, une interview filmée, qualifiant cette stèle de « révisionniste ». La tribune est plus intéressante : les écrits restent. Voyons donc.

Pour commencer, hors tribune et en fin d’article, un bandeau du journal communiste rappelle à la fois que L’Huma donne « une information impartiale » (ben voyons !) et a besoin de dons pour survivre (alors que ses subventions par le contribuable se chiffrent déjà en millions). Mensonge à tous les étages : le ton est donné.

La tribune de M. Brossat mélange tout, comme il est de coutume chez ces gens, afin de faire passer des messages frauduleux et d’effacer la trace des horreurs du communisme. Reprenons tout cela calmement.

Laideur morale et goût du sang

On commence fort avec cette assertion grandiose : « Les seules victimes du communisme en France sont les nazis et les collabos. » Pas tout à fait : on peut citer les ouvriers des usines d’armement qui, pendant la guerre d’Indochine, sabotaient les munitions destinées à nos soldats ; on peut citer les porteurs de valise de la guerre d’Algérie, indirectement responsables de dizaines de morts innocents ; ou, encore plus poignant, le massacre de ce couple de jeunes mariés, arrêtés sur le parvis de l’église en 1944 par des maquisards, et dont la femme sera fusillée le lendemain, en robe blanche. C’est cela, le visage du communisme en France, comme partout ailleurs : laideur morale et goût du sang.

Passons sur la suggestion démagogique d’ériger, à la place, un monument à l’armée d’Afrique, libératrice de la Côte d’Azur : le souvenir monstrueux des « maroquinades » du corps expéditionnaire français en Italie (Crimes de 1944 en Ciociara — Wikipédia), popularisé par La Ciociara de Vittorio de Sica, avec Sophia Loren, rendrait cela un peu compliqué.

L’argument majeur de M. Brossat consiste à réfuter Le Livre noir du communisme (Robert Laffont), paru en 1997, et qui avançait le chiffre de 100 millions de morts. Malheureusement, malgré le parti pris idéologique assumé de l’introduction de Stéphane Courtois, coordinateur de l’ouvrage et ancien communiste touché par la grâce, il ne s’agit pas du seul ouvrage qui recense patiemment les atrocités des régimes communistes. Par ailleurs, comme l’avait justement dit à l’époque Laurent Joffrin, dans Libération (un journaliste et un journal peu suspects de nazisme), « à 50 ou 60 millions de morts au lieu de 80, le communisme deviendrait-il présentable ? » Cette question reste sans réponse, dans les rangs du PCF.

Aveuglement idéologique

Un autre argument serait celui de la multiplicité des régimes étudiés : en d’autres termes, il ne faudrait pas réduire le communisme aux crimes des régimes russe, chinois, cambodgien, cubain, nicaraguayen, nord-coréen… Bref, si tous les régimes communistes sont criminels, ce n’est pas de la faute du communisme. À ce niveau d’aveuglement, on est dans la psychologie clinique : c’est comme si un quelconque illuminé refusait qu’on résume le national-socialisme à l’échec de son expérience allemande…

Pour Ian Brossat, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir (on connaît le truc : les heures sombres, la bête immonde et son ventre fécond, vêtue d’une chemise brune et de bottes qui claquent), « il faut brouiller les repères hérités de la Seconde Guerre mondiale qui avait fait du nazisme le mal absolu ». Non, il ne faut rien brouiller, M. Brossat : il faut clarifier. L’horreur intrinsèque de l’idéologie communiste ne rend pas le nazisme acceptable. La « bête immonde » a deux visages : un rouge et un brun. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

La conclusion, d’un complotisme stupide (en gros : critiquer le communisme, c’est vouloir supprimer toute opposition au capitalisme), ne mérite pas qu’on s’y attarde. À part, peut-être, pour dire ceci : le clivage gauche-droite est mort pour tout le monde, sauf pour les vieux cocos, sans distinction d’âge apparemment. Le clivage qui traverse la société (tout le monde l’a compris, sauf les gauchistes) est entre patriotes et mondialistes. Et Ian Brossat, en étant mondialiste comme tous les communistes, est, fût-ce à son corps défendant, dans le camp du Capital.

Écœurante de laideur morale, nauséabonde de mauvaise foi, risible d’aveuglement, cette tribune d’apparatchik rappelle les procès de Moscou… et nous rappelle que le PCF est la dernière métastase du cancer communiste en Europe. Espérons que ça ne durera pas. Bonne fin de vacances quand même !

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

51 commentaires

  1. La Résistance communiste est controversée. Un exemple : la libération de Tulle par les FTP en juin 1944… La petite garnison allemande fût assez facilement réduite.
    Seulement les Allemands revinrent… Les communistes opérérent un replis stratégique.
    Le commandant allemand voyant que les soldats avaient été non seulement tués, mais aussi pour bon nombre d’entre eux mutilés, voulut dans un premier temps détruire la ville. Il revint à de meilleures intentions quand il vit que les blessés avaient été bien traités à l’hôpital.
    ll fit néanmoins pendre 99 citoyens ;et plusieurs centaines déportés.
    La Résistance communiste commandée par des in compétents et selon des objectifs mal évalués entraina de terribles représailles.
    Après la guerre, les communistes s’inventerent des légendes pour dissimuler leurs insuffisances :le parti des 75 000 fusillés, Guy Mocquet, jeune résistant, le colonel Fabien dont le principal exploit dans la Résistance, fût d’abattre un jeune officier allemand en lui tirant dans le dos.

  2. Il n est pas possible que ce Brossat et ses copains pensent ce qu ils disent. Ou alors ils n’ont pas toutes leurs raisons.

    • Ne croyez surtout pas cela. Ces gens pensent ce qu’ils disent. Et ils ont leur pleine raison. Le fait qu’une idée soit monstrueuse n’en fait pas une pathologie. C’est ce qui rend ces gens particulièrement dangereux.

  3. Ne pas oublier qu’en France, la gauche, dans son ensemble est complice. Le PS, soi-disant parti « démocratique » a toujours fait alliance depuis Mitterrand avec les cocos. Escrolos et LFI sont une mutation de ce virus marxiste mais restent fondamentalement communistes. Simplement, après la chute de l’URSS continuer de s’appeler communiste cela faisait tache. Alors on a repeint la façade. Méluche a inventé La France Islamique et les lyssenkistes obscurantistes décroissants ont inventé l’escrologie. Mais tout ça c’est la même…
    Imaginez un instant l’arrivée au pouvoir de ces « braves » gens. La France deviendra le Venezuela en deux coups de cuillère à pot !

  4. Ils montent en épingle ce type d’information pour faire « oublier » le génocide de Gaza, la colonisation de la Cisjordanie et la poursuite de la guerre en Ukraine voulu par les Dalton,s Ukraine-Franco-Anglo-Allemand. La morale et l’humanisme en France a disparu aussi vite que les 3300 millions d’Euros.

  5. Bravo à la démarche de Saint Raphaël, je ne comprends pas qu’il y ait encore des « jeunes » qui osent s’affubler de ce terme de « communiste » aujourd’hui. Pour des incultes passe encore, mais pour certaines personnes cultivées et sympathiques comme Olivier DARTIGOLLES, je reste sans voix.

  6. Michel Audiard disait : Siles andouilles volaient j’en connais qui seraient chef d’escadrille. Approprié non ?

  7. L’horreur intrinsèque de l’idéologie communiste ne rend pas le nazisme acceptable. La « bête immonde » a deux visages : un rouge et un brun. Ce n’est pas plus compliqué que ça.
    On pourrait juste rajouter que de nombreuses personnes ont sincèrement cru au communisme : c’était leur « religion ». Ces personnes n’ont certainement pas voulu les atrocités qui ont découlé du communisme. Il leur faudrait visiter à Budapest le musée des horreurs du nazisme et du communisme.

  8. Certains disent que les nazis étaient SOCIALISTES. Hitler fondateur du parti national-SOCIALISTE. Alors on peut se demander pourquoi Staline qui était socialiste et Hitler qui l’était aussi se sont affrontés. Tout simplement parce que Staline comme Hitler voulaient être les maîtres du continent européen et ils ne se sont pas entendus concluent’ils.

    • Pour info, pendant toute la période Soviétique, de Staline jusqu’à la chute de l’URSS, la terminoologie officielle pour qualifier les envahisseurs Allemands étaient celle de « fascistes » et non de « nazis ». Pourquoi ? Parce que Staline savait parfaitement que « nazi » était la contraction de National Socialisme. Autrement dit, Staline et ses successeurs voulaient faire oublier, maladroitement, que les deux systèmes étaient cousins.

  9. Que BROSSAT
    nous parle de son grand-père condamné à 20 ans de prison pour haute trahison pour avoir transmis des informations à l’URSS.

  10. Alors que les atrocités du nazisme ont pris fin en 1945, n’oublions pas que celles du communisme se poursuivent encore aujourd’hui…
    100 millions de victimes depuis sa création, et les compteurs tournent toujours… et il faudrait selon eux les passer sous silence….il est vrai que le communisme aime la censure et la réécriture idéologique de la réalité historique…
    Eux qui disent défendre un » Idéal basé sur l’émancipation des hommes et des femmes », où sont-ils :
    – Pour protester auprès du « grand frère chinois » contre les nombreux camps de concentration et de torture de plus d’un million de Ouïgours ?
    – Pour dénoncer le travail forcé, la disparition, les prélèvements massifs d’organes infligés aux opposants au régime de Pékin, toujours pratiqués en 2025?
    – Pour élever leur voix quand les communistes chinois ont supprimé depuis 2019 ce qui restait de démocratie à Hong-Kong, par des lois liberticides, interdisant toute liberté d’expression, de manifestation, d’opposition politique?

  11. Ne pas oublier l’armée Russe restée l’arme au pied à Varsovie 1945 attendant que les Allemands fassent le sale travail de nettoyage pour que Staline rentre en libérateur et mette en place un gouvernement à sa botte.
    Ne pas oublier Budapest en 1956.
    Ni Prague en Aout 1968 et Jan Palach.
    Plus loin la mise en coupe du peuple Ukrainien en 1932 et 1933 qui n’était pas suffisament communiste au yeux du « petit père du peuple »

  12. Je ne supporte vraiment pas cet individu quand à ses idées !!
    Il devrait avoir honte seulement c’est un mot comme dignité que ne connaissent pas ces gens
    Il y a eu bien plus de 100 millions de morts du communisme mais non il ramène tout à une E D qui n’existe pas en France, manque d’argument et fermeture directe du débat
    Ce parti , dissous par Daladier en 1939, connu pour sa collaboration avec le régime nazi (là pas un mot à ce sujet) jusqu’en 1941, sabotages des convois, et donc morts patriotes
    Je ne comprends pas qu’il soit encore là en France ce parti , mais vraiment pas, s’il y avait un parti nazi, mais que n’entendrions nous pas et à juste raison, le communisme et le nazisme sont des horreurs absolues mais on combat un et pas l’autre, pourquoi ?

  13. Persister dans une idéologie destructrice, totalitaire par essence et mortifère, ce n’est plus de l’idéologie,, c’est de la bêtise crasse.

  14. Et ces gens là qui assument l’héritage des crimes nous font la morale et ont leur entrée partout à la télé.

  15. Outre le fond – il ne pourra jamais reconnaître que le communisme est autre chose que le Paradis du grand soir – ce malheureux cède à la bêtise ambiante, qui consiste à parler « entre guillemets ». En plus, avec le geste, les doigts en « guillemets », pour avoir l’air encore plus sot. Les guillemets sont des signe exclusivement d’écriture, qui ne devraient JAMAIS être employés dans le langage parlé, dans lequel les formules ne manquent pas pour « adoucir » le propos: « pour ainsi dire, pour parler ainsi, etc. » L’usage des « guillemets parlés » démontre immédiatement la pauvreté langagière et donc rhétorique.

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