[POINT DE VUE] Hantavirus : une conséquence inattendue du tourisme de masse ?

Rien à voir avec le coronavirus mais on assiste au retour des réunions de crise et des médecins de plateau.
Photo de Antonio Garcia Prats: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/navire-de-croisiere-amarre-dans-le-port-de-cadix-espagne-33007917/
Photo de Antonio Garcia Prats: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/navire-de-croisiere-amarre-dans-le-port-de-cadix-espagne-33007917/

On croyait savoir que le battement d’une aile de papillon pouvait provoquer un cyclone à l’autre bout du monde. Il nous faudra désormais nous accoutumer à l’idée qu’un ornithologue qui observe des oiseaux rares, dans une décharge en Argentine, puisse respirer des particules de crottes de rat et provoquer un début d’affolement – et peut-être une nouvelle pandémie – sur le Vieux Continent. On a des métaphores à la hauteur de son époque.

Réunions de crise et médecins de plateau

Après le coronavirus, de sinistre mémoire, voici donc venir le hantavirus. Rien à voir, nous assure-t-on : l’un était une bonne vieille grippe (ce que les vilains complotistes avaient cru identifier, il y a six ans), dont la létalité n’était absolument pas préoccupante. Bon. Heureux de le savoir, mieux vaut tard que jamais. L’autre, le terrible hantavirus, affiche un taux de létalité estimé à 40 %, ce qui est objectivement beaucoup plus préoccupant. Rien à voir, mais ce sont malgré tout les mêmes recettes (réunions de crise quotidiennes et pouvoirs publics dépassés)… et probablement les mêmes têtes. Buzyn, Véran et Salomon ne reviendront pas : ils sont, à jamais, associés à la terrible pandémie atroce et à ses campagnes de vaccination soviétiques. Cependant, on commence à voir revenir des médecins de plateau, comme il existe, depuis 2022, des généraux de plateau.

En reviendra-t-on aux attestations qu’il faut se signer à soi-même, aux familles verbalisées sur les plages parce qu’elles ne portent pas de masque, aux contrôleurs de la SNCF ou de la RATP qui préfèrent insulter les mauvais citoyens non masqués que d’oser un murmure pour les fumeurs de shit dans les rames, au café qu’il faut boire debout mais pas assis (ou était-ce le contraire) ? On espère bien que non, mais le degré d’incurie et de coercition d’un pouvoir exécutif à l’agonie est toujours difficile à anticiper. En attendant, de même que la guerre en Ukraine avait brutalement guéri du Covid-19, peut-être le hantavirus mettra-t-il, tout aussi brutalement, un terme à la crise qui gronde sur notre sol.

La mondialisation contagieuse

Au-delà de ces considérations plus ou moins sanitaires, il y a peut-être une chose sur laquelle on ne s’est pas encore interrogé : les conséquences du tourisme de masse. Le navire qui emportait des passagers pour une longue croisière incarne ce que pressentait déjà Levi-Strauss dans l’indépassable Tristes Tropiques : la fin de l’aventure, la fin de l’exploration, la fin de l’expérience individuelle, la fin de la différenciation des peuples et des cultures. Foulé aux pieds par des armées de tongs et de Crocs, le sol de notre Terre en devient indistinctement plat. Et, au lieu de rapporter des souvenirs exotiques et des photographies en noir et blanc, dont l’exotisme seul suffisait à colorer la pellicule aux yeux des citadins, les touristes, devenus un grouillement de souris accros au divertissement, ne rapportent significativement plus, de leur dérisoire usage du monde, que des maladies transmises par les rats. Et puis, quand se déclare le virus, confinés mais pas déconnectés, ils pleurent dans leur cabine, devant la caméra de leur smartphone, pour quémander auprès d’un monde indifférent quelques milligrammes de dopamine. Leurs poumons lâcheront avant leur vanité.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, il faudrait être médecin ou voyant (nos spécialistes médiatiques eux-mêmes hésitent entre l’un et l’autre) pour savoir ce qu’il va advenir de cette nouvelle forme de virus. Il est plus mortel, mais il est déjà connu, nous dit-on ; comme si c’était une raison d’espérer. Ce qui est certain, c’est que la mondialisation des hommes, des capitaux, des marchandises et, donc, des voyages n’est pas seulement « heureuse » : désormais, elle est aussi contagieuse.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

75 commentaires

  1. Cet Hantavirus n’a qu’une seule caractéristique extraordinaire : on en parle vraiment beaucoup trop !

  2. On n’est pas allé interrogé le Pr Didier RAOULT, de Timone ? Peut-être que L’hexachloroquine aurait pu reprendre du service!

    • Ne raillez pas alors que vous ne savez rien de plus que ceux qui croient savoir et ne savent quasiment rien sur ce sujet. Faites attention à l’intoxication.

  3. J’ai vu aussi une vidèo de la descente des passagers, avec les cosmonautes sur le quai. L’OMS d’Imadébraillédessus dit que ce n’est rien mais on ne soigne pas au Cap Vert, il faut aller aux Canaries, c’est mieux…

  4. Où l’on en voit déjà certains se vautrer avec délectation – et, toujours, un air « docte » – dans une nostalgie de leur pouvoir presqu’absolu…

  5. Ce virus me hante. Heureusement j’ai gardé un modèle d’auto-autorisation , c’est déjà ça!

    • Mais c’est ça qui me manque, je me disais, j’ai une boîte non ouverte de masque offert par mon fils, de gants non ouverte, le flacon pour les main comme neuf, mais j’ai pas le passe obligatoire ! Mais j’ai un chien youpi je suis libre !!!!

  6. L’anthavirus date de la guerre de Corée : rien de neuf … sauf à faire le buzz. Des cas sporadiques sont décrits régulièrement.Quant aux médecins de plateau, ils doivent, normalement, commencer par déclarer leurs conflits d’intérêts, ce qui n’est jamais fait. comment porter du crédit à des urgentistes, rhumatologues ou autres non spécialistes. Attachons plus de crédit aux dires du Pr Perrone, responsable de la gestion des épidémies à l’OMS et aux gouvernements Français pendant des décennies !

    • Et vive les Pr. Raoult et Perronne. Lire le livre préfacé par le Pr. Perronne : « Anthony Fauci Bill Gates Big Pharma » de Robert F.Kennedy, Jr. Vous comprendrez tout!…À ne pas lire le soir au lit pour ne pas faire de cauchemars!

  7. Il est évident que la mondialisation n’est pas seulement heureuse, que le « progrès »n’est pas seulement heureux.

    Comme d’habitude Mr Florac n’a pas de connaissance particulière du sujet, mais se permet de critiquer et c’est en effet une une source de dopamine. Chacun la trouve où il peut.
    Comme d’habitude au sein de vérités , mr Florac distille un propos mensonger, ici en écrivant que les touristes ne rapportent plus de souvenirs et de photographies en noir et blanc mais « que des maladies transmises par les rats ». Sait il si les touristes décédés n’avaient pas acheté des souvenirs entreposés dans leur valise? Les photographies en couleurs sont dangereuses et ils auraient dus en rester au noir et blanc?
    Autrefois c’était le bon vieux temps et ,avant l’invention de la photographie, les voyageurs ne ramenaient pas de maladies ? Ils avaient tous , comme Saint Louis en expédition militaire, par exemple, la délicatesse de mourir sur place sans contaminer personne ?
    Il n’a probablement jamais pris un bateau de sa vie. Et s’il était tombé malade, ou risquait d’être contaminé sur un bateau il aurait certainement demandé à ce qu’on le laisse simplement en paix dans une cabine le temps de voir venir ?
    Belle compassion.
    Il est probablement d’accord avec les braves gens qui pensent qu’il n’y avait qu’à laisser tout le monde sur le bateau contaminé durant quelques semaines en attendant de recevoir à terre les survivants.

  8. « mais il est déjà connu, nous dit-on » : en 2021 l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté alertait sur la recrudescence de cas d’hantavirus dans le Doubs et le Jura (16 cas non mortels).
    Et même avant :
    D’après un article publié dans le BEH 23 du 24 octobre 2017, sur la période 2012-2016, une centaine de cas d’hantavirus, la plupart hospitalisés, était dénombrée en moyenne annuellement, en France.

  9. Je crois que le tourisme de masse pourrait être moins dangereux que le tourisme élitaire. Ces gros paquebots n’inspirent pas l’aventure. On s’y confine presque naturellement.
    Par contre sur le MV Hondius, bateau polaire, on est en plan dans le tourisme élitaire. 170 passagers, 70 hommes d’équipage, plus de 16000 euros par personne la croisière de 23 jours en antartique (sans les billets d’avion pour Ushuaïa, les boissons, les pourboires « obligatoires » en cash et conseillés à 20$ par jour et par personne et autres services à bord comme la blanchisserie). Ce sont des croisières d’aventuriers aisés qui peuvent se déplacer à terre dans des endroits insolites.
    L’arrivée de cet hantavirus n’est pas du au tourisme de masse, mais au tourisme élitaire.

    • Bien d’accord avec vous , et j’ajoute qu’à cause d’UN SEUL qui fait n’importe quoi, (aller dans une décharge pour voir 1 oiseau) c’est toute la planète qui va être impactée.
      quant aux Parisiens qui cohabitent avec je crois, 6 millions de « surmulots » ils ont du souci à se faire !

    • Il est bon d’avoir ce genre de réflexion qui fait réfléchir. Un paquebot de 12 étages qui croise devant Haïti, juste pour photographier de loin ou un navire avec une vingtaine de cabines peuplées de bobos riches qui filent en zodiac, traineau ou 4×4 embêter les animaux sur une banquise ou une forêt amazonienne, un désert namibien, dévisagent et examinent les gens d’un village retiré, leurs habits, leur artisanat, leur stupeur, me posent plus question que le gens des balcons du paquebot., hormis l’impact écologique et social.

    • Juste remarque! Et c’est heureux dans le cas présent qu’il en soit ainsi: imaginez le cas sur un gros paquebot de 8000 passagers + 2500 membres d’équipage!

  10. Sûr que les excursions dans les décharges du bout du monde n’offrent pas une salubrité rassurante !

  11. Cette nouvelle crise sanitaire démontre l’urgence, si besoin en était, de mettre fin à tous les traités d’échange commerciaux de produits agricoles, type « mercosur », avec des produits possiblement souillés par des déjections de petits mammifères ! J’évite de plus en plus les chaines de magasins alimentaires qui font la promotion de fruits et légumes des autres régions du monde

    • Il me semble plutôt que cela démontre qu’il est dangereux de partir en croisière et de visiter des grottes.
      Vos évitement tiennent du principe de précaution, souvent dévoyé, plus que de la démonstration..

  12. BV a tort d’utiliser l’expression « médecins de plateau » car elle est méprisante et amalgame les quelques médecins de plateau effectifs avec de grands professeurs intervenant effectivement sur des plateaux de télévision et que j’ai eu la chance de pouvoir écouter.
    Merci donc à BV de laisser cette technique d’amalgame à ses détracteurs les plus malhonnêtes.
    Bonne journée à tous les lecteurs de ce commentaire !

    • Non, l’expression « médecins de plateaux » est justifiée quand on voit défiler – comme c’était le cas lors de la Coronavirus COVID-19 – des spécialistes se contredisants les uns des autres… Alors, oui, il y a eu des vrais responsables compétents qui se sont succédé, et d’ailleurs jamais emprunts de certitudes, mais comment le téléspectateur peut-il faire le choix?

      • Elle n’est pas justifiée pour la raison que j’ai donnée dans mon commentaire et qui relève d’un simple constat. Il semblerait que vous n’avez eu que des expériences malheureuses en matière d’écoute des spécialistes invités sur les plateaux de télévision.
        Je pense que les téléspectateurs sont suffisamment clairvoyants et libres pour faire la différence entre un « médecin de plateau » intéressé et un professeur de médecine compétent et au service de sa discipline.

  13. Je crains qu’aucune leçon de communication n’est été tiré de l’épisode covid.
    Depuis l’annonce des cas hantavirus chaque jour qui passe déroule son lot de contradictions par rapport à l’information de la veille.
    Tout ça est loin de nous mettre en confiance, d’autant que lors de ses interventions on devine parfaitement bien que nous avons une ministre de la santé qui ne maîtrise absolument pas le sujet. Trop hésitante, trop approximative.
    De toute manière comme pour le covid nous ne saurons qu’une partie de la vérité que lorsque un nombre important de gens seront contaminés.
    Alors soyons patient

    • 70 grippe asiatique il parait que c’est tres ressemblant personne n’a bloquer le pays ni masques et test

    • Les contradictions font tourner le commerce. S’il n’y en avait pas ce serait de la religion ennuyeuse. Chacun veut faire son intéressant. Il faut vendre et se vendre. Dire « je ne sais pas  » , c’est pas du tout vendeur. Les journalistes sont d’excellents spécialistes en tout et n’importe quoi à la recherche de ce qui est le plus marchand.
      L’hantavirus en question est visiblement très souvent mortel. Habituellement il n’est pas très contagieux, mais qui peut être sûr que sa contagiosité reste faible comme habituellement ? Évidemment il faut attendre pour voir et être prudent.

  14. Hantavirus des andes et de l’Argentine.Le mercosur de Von der Leyen favorisera-t-il la propagation du virus ?

    • Nous allons être décimés, comme les indiens d’Amérique ont été décimés.
      Il faut stopper le commerce international. Heureusement le détroit d’Ormuz est bloqué mais il faut aller plus loin.

      • Je suppose que tout le monde a observé que l ‘hantavirus, c’est rien du tout, mais il ne faut pas débarquer les gens au Cap Vert car l’OMS dit que le pays n’a pas les moyens de soigner, il faut débarquer aux Canaries, l’UE quoi, et si on n’est pas d’accord dans ces iles, le frérot Sanchez, met tout de suite le » ho la ». ( olà! en espagnol hahah) et il faut débarquer en Espagne avec les cosmonautes qui sont sur le quai pour l’accueil ! Un sentiment de déjà vu…

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