Plutôt que de faire campagne, Emmanuel Macron publie un livre… comme en 2016

Macron

La déclaration de candidature, la campagne électorale, les débats… Emmanuel Macron est au-dessus de ça. Il évolue dans des sphères inaccessibles au commun des mortels et ne saurait se commettre avec le petit peuple des urnes. Qui sait, d’ailleurs, si l’on ne décidera pas un jour prochain de les supprimer : les sondages en ligne feront l’affaire.

À propos de sondages, il n’échappera à personnes que le Président est sur une mer d’huile. Scotché sur un score à 24 %, immuable, alors pourquoi descendrait-il dans l’arène ? Il est occupé à faire la paix avec ses alter ego de la mondialisation heureuse.

Le Président préside et c’est aux Français de se hisser à sa hauteur. Pour les aider à le rejoindre, phare de la pensée, il publie, ce 17 février, un essai intitulé La France vue par Emmanuel Macron, aux Éditions de l’Aube. Séquence émotion : « À la veille de la présidentielle, Emmanuel Macron nous donne sa vision de la France, après la crise des gilets jaunes, alors que la pandémie secoue encore notre pays. De son berceau d’Amiens à Marseille, qu’il aime tant, en passant par la Seine-Saint-Denis, terre d’intégration, et les Hautes-Pyrénées de sa grand-mère, il livre ici une géographie intime. Son rapport charnel à la France », nous informe l’éditeur. Relecture par Madame Brigitte, sans doute, à moins qu’elle n’ait été le nègre qui opère dans l’ombre.

Ben oui, parce que le Président est très occupé : l’Europe, la guerre en Ukraine, la débandade au Mali, les blindés sur les Champs-Élysées… c’est bien du souci ! Ça laisse peu de temps pour la littérature, même si Emmanuel Macron a confié que, s’il n’avait pas fait Président, il aurait choisi écrivain.

Il faut dire que la chose est drôle car le même Emmanuel Macron, rappelez-vous, avait fort tempêté cet automne contre ses bons à rien de ministres. C’est Le Parisien qui rapportait (le 12 septembre) ses propos acides : « La fin du quinquennat approche […] Certains ministres veulent graver dans le marbre leurs convictions […] voire tout simplement faire parler d’eux alors que beaucoup ont été éclipsés par l’épidémie. » Et que fait un politique qui veut faire parler de lui ? Il publie un livre, pardi !

Il faut dire qu’en cette rentrée de septembre, c’est un ministre sur cinq qui s’invitait chez les libraires. D’où ce commentaire d’un Macron, très énervé : « Les Français vont finir par se dire que les ministres ne foutent rien et qu'ils passent leur temps à écrire des livres. » Pas faux. Mais surtout, ils écrivent des livres qui ne se vendent pas.

Les chiffres sont cruels. Le site Les Univers du livre Actualités du 21 octobre 2021 révélait que le livre de Jean-Michel Blanquer, École ouverte, sorti chez Gallimard le 9 septembre, ne s’était écoulé qu’à 620 exemplaires. Un succès, toutefois, en regard des scores de Marlène Schiappa et Sa façon d’être à moi (Stock) : 64 exemplaires en un mois. On comprend alors qu’elle vienne de retarder la publication d’un autre chef-d’œuvre C'est une bonne situation, ça, ministre ? Prévu aux Éditions de l’Observatoire le 26 janvier. Il est reporté au 15 juin. Autre bide retentissant : le livre d’Emmanuelle Wargon, Bienvenue en politique. À ceux qui sont tentés de renoncer, paru chez Calmann-Lévy le 22 septembre : 75 exemplaires vendus en un mois. Quant à la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, elle avait préfacé en juin un ouvrage d’anticipation : Vers la renaissance industrielle. Bilan : 287 exemplaires écoulés, soit un score à la hauteur du sujet…

Le seul à tirer son épingle du jeu, question ventes, est sans doute Bruno Le Maire : quatre ouvrages depuis le début du quinquennat. À croire que le ministère des Finances laisse beaucoup de temps libre. Et puis il y a Jupiter, bien sûr : le livre de Macron en campagne – Révolution, chez XO, en novembre 2016 – s’était vendu à 198.500 exemplaires.

Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Ce type malfaisant restera dans l’ Histoire de notre pays comme le président le plus vicieux ,le grand falsificateur de la vérité ,la fatuité faite homme . Le petit bonhomme qui s’imaginait être un géant.
    Sa prose , comme lui , c’est le néant .
    La seule priorité , c’est le virer et l’oublier.

  2. C’est un extraterrestre ! Président, diplomate, décideur, em***deur, ici là toujours au taquet pour une nouvelle « vacherie envers les Français le voici de surcroit écrivain autobiographe évidemment on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Mais attention qui trop embrasse mal étreint.

  3. Robinson
    J’ai lu plusieurs « ZEMMOUR » , avec plaisir et intérêt .
    Je ne suis pas prêt à dépenser , ne serait-ce qu’un kopek pour lire un bla-bla de ce monsieur . Sa vision de la FRANCE , on la connait et elle ne me plait pas du tout .
    Je souhaite que cette édition soit le pire bide pour un président .

  4. J’ai une idée du titre
    « yeux crevés, mains arrachées »
    sous titre
    « droit dans ses bottes au serrvice de la finance mondialiste »

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