Alors qu’à , Rachida Dati n’en finit plus de grimper dans les sondages, ça panique dans le camp d’une qui, pour une fois, ne pourra plus invoquer « misogynie » et « hispanophobie », à moins de sombrer dans une autre « misogynie » vis-à-vis de sa principale rivale, au risque de se faire taxer de « marocanophobie ». En attendant, tout ce petit monde était convié, ce mardi 4 mars au soir, sur le plateau de LCI.

Cédric Villani : « Je veux d’un Paris où l’on n’entend plus les Parisiens parler de leurs problèmes parce qu’ils souffrent. » Certes, mais dans une élection, le principe est que les électeurs aient souvent plus tendance à évoquer ce qui va mal que ce qui va bien. Ce en quoi David Pujadas, maître de cérémonie, n’a pas fondamentalement tort lorsqu’il rappelle à l’homme à l’araignée, à la fois punaisée au revers du veston et nichée tout en haut de son plafond, son ancienne fonction de « président de son comité de soutien en 2014 » de la même Anne Hidalgo… « Ça me donne d’autant plus de légitimité pour critiquer son bilan », affirme-t-il. Il est vrai que Brutus n’était pas, non plus, le plus mal placé, déçu par le bilan de César, pour poignarder son père adoptif.

Voilà qui ne pouvait laisser que la porte ouverte à toutes les fenêtres pour Rachida Dati, laquelle, au contraire de ses compétiteurs d’un soir, a une revanche à prendre sur tous et toutes. Qu’on se le dise : elle a faim ! C’est une prédatrice qui n’a plus rien à perdre, loin du confort médiatique dans lequel l’actuelle mère de Paris s’est installée. On lui reproche le soutien de Jean-Marie Le Pen ? Elle assume et semble n’en avoir que faire. Elle passe bien dans l’arrondissement bourgeois dont elle est l’édile, le VIIe, mais demeure tout aussi crédible dans ceux qu’on donne pour plus « populaires », pour ne pas dire majoritairement peuplés d’immigrés et de leurs enfants. Elle comprend cela mieux que personne : elle en est.

Puis, le diable se cachant toujours dans les détails, cette jolie gaffe d’Anne Hidalgo, incapable de dire quelle ligne de métro elle a pu emprunter pour se rendre dans les studios de LCI. Trébucher sur un aussi vieux classique, comme si les hommes et femmes politiques connaissaient le prix de la baguette, du demi pression ou celui de ticket de bus, c’est à se pendre…

Comme si Anne Hidalgo ne voyageait qu’en métropolitain ou à bicyclette… Avec l’un de ses officiers de sécurité à cheval sur le porte-bagages et l’autre dans son panier à courses ? La preuve en est ce reportage du site Caradisiac , remontant à décembre 2017, à l’occasion duquel des journalistes l’ont suivie un mois durant en ses pérégrinations parisiennes. C’est assez édifiant quant à son comportement éco-citoyen. Jamais vue ni en Vélib’, en métro ou en bus, elle fut plus souvent photographiée en voiture, voiture électrique certes, mais voiture tout de même.

Et c’est là que plus ça va et que moins ça va : rues prises à contresens, chauffeurs se garant dans des couloirs de bus ou sur des places interdites au stationnement, sans oublier ces déplacements motorisés pour des distances excédant tout juste un petit kilomètre. Bref, Anne Hidalgo se permet ce qu’elle interdit à ses administrés. C’est qu’elle est belle, sa « ville du futur, inclusive, résiliente et durable »…

Elle aime à stigmatiser ses adversaires, oubliant peut-être qu’elle est désormais devenue sa pire ennemie. Et là, pour une fois, ce n’est pas la faute d’un patriarcat vieillissant, même si trop souvent donné pour triomphant. Il paraît que Nicolas Hulot volerait, aujourd’hui, à son secours. Il n’est pas sûr que le covoiturage électoral puisse encore avoir de l’avenir devant lui.

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