Piratage de l’administration fiscale : 678.000 contribuables concernés, la directrice générale s’excuse

Le sujet a rapidement pris une dimension politique.
Brève 1

Ce vendredi 14 août, la directrice générale de l’administration fiscale, Amélie Verdier, a présenté ses excuses aux contribuables, lors d’un brief organisé pour la presse au sujet d'un piratage massif des données qui a visé le système informatique de son service. Amélie Verdier a confirmé le vol de données qui concerne 678.000 particuliers et professionnels et appelé les personnes touchées à la prudence.

Parlant d'un événement « grave », elle a précisé que c'est en juin dernier que l’administration fiscale a détecté la « compromission d’un compte d’un agent » : un ou plusieurs individus ont récupéré l’email et le mot de passe d’un employé de la DGFiP et les ont utilisés pour accéder à son compte. Le pirate en a alors profité pour aspirer des informations sensibles - dont des « données d’identification personnelle », des informations fiscales comme le taux de prélèvement à la source, le quotient familial ou l’adresse, le revenu fiscal de référence - qui concernent donc plus de 600.000 comptes de contribuables, particuliers et professionnels.

Selon elle, le hacker a ainsi pu « passer à travers les mailles du filet », et lorsque l’administration a repéré la compromission du compte, c’était déjà trop tard, « l’attaquant avait opéré avant, en procédant de manière sophistiquée, en testant, en opérant par petits volumes », avec des explorations manuelles et ponctuelles, a expliqué la directrice.

Le vol de données n’a été repéré que plusieurs semaines plus tard, ce 12 août, lorsque le pirate l’a revendiqué en ligne. L’administration estime donc avoir rempli ses obligations en signalant à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ce méfait dès qu’elle l’a identifié, comme la loi l’y oblige. « Nous avons très fortement conscience de notre responsabilité, les Français nous confient leurs données personnelles. [...] C’est grave, la CNIL est déjà saisie », a commenté Amélie Verdier.

Les chiffres sont cependant considérables : 678.000 comptes de particuliers et professionnels, dont un peu plus du second groupe. Les données cadastrales d’environ 200.000 comptes auraient aussi été compromises.

L’administration va contacter chaque contribuable concerné, dès le début de la semaine prochaine, pour les informer, présenter ses excuses et leur « faire des recommandations, surtout sur la très grande prudence à avoir ».

Le sujet a rapidement pris une dimension politique : l’ancienne candidate à la mairie de Paris, Sarah Knafo, a dénoncé « un scandale d’État ».

 

Le député RN de la Somme Matthias Renault, membre de la commission des finances, a réagi à travers deux messages sur X, suite au communiqué de la DGFiP publié le 12 août. « L’administration en ligne est décidément une passoire. 700.000 contribuables potentiellement concernés par le piratage de la #DGFiP. Le piratage ayant eu lieu fin juin, pourquoi avoir attendu autant de temps pour communiquer ? La DGFiP souhaitait-elle ne pas faire de vagues ? »

 

 

Vos commentaires

77 commentaires

  1. Cette affaire inadmissible pointe l’impéritie, l’inconséquence, voire l’inconscience de l’Etat. Contraindre tout un chacun à divulguer ses données personnelles sur le net sans en assurer la sécurité, c’est d’une légèreté crasse.

  2. ADMINISTRATION FISCALE PRUDENCE

    « …faire des recommandations, surtout sur la très grande prudence à avoir ».

    Les têtes bien pleines (par opposition à bien faites) qui sont censées diriger nos machins dotés de moyens archaïques ont-elles pensé à se faire des recommandations à elles-mêmes pour renforcer les défenses contre le cyber-attaques. Lesquelles sont depuis des années en recrudescence, d’autant plus que la situation géopolitique n’améliore rien.
    Macron, le chef des têtes bien pleines, préfère, par exemple, faire des recommandations pour empêcher les moins de 15 ans d’aller sur les réseaux sociaux plutôt qu’empêcher les propagandistes en tout genre de sévir et les « saisir » (Cf. infra Aérotrain49).

  3. Une précision manque dans cet article : « un ou plusieurs individus ont récupéré l’email et le mot de passe d’un employé de la DGFiP et les ont utilisés pour accéder à son compte. » ==> on aimerait assez savoir comment il est possible que des données aussi basiques qu’un email et un mot de passe d’un employé d’un service aussi sensible que le Trésor Public puissent être « hackées » par quelqu’un depuis l’extérieur. Et d’ailleurs, s’agit-il de hacking ? Y a t-il eu une complicité à l’intérieur du Trésor Public ? Vraiment, on aimerait savoir.

  4. Faisons court : La directrice générale s’excuse, ce qui ne l’empêche pas de ne rester là que parce qu’elle partage les idées de ce gouvernement, lequel n’est là que par ce qu’il partage les idées de l’hégémonie mondialiste au pouvoir sur l’occident.

  5. Faisons court : Que personne n’oublie qu’il nous est désormais fait obligation d’utiliser cet indigne foutoire que personne ne maîtrise plus, pour gérer nos problèmes de santé, de banque, et de fiscalité !
    Quelqu’un y voit-il une objection ?

  6. Bonjour, pourquoi tant de personnes réclament toujours la démission ? C’est une aberration, surtout dans l’administration ! Non, ces fonctionnaires doivent être sanctionnés, gravement sanctionnés : déclassement de niveau d’emploi et d’échelle de fonctionnariat, amendes directement prélevées sur émoluments, dans un premier temps les laisser en poste sans solde jusqu’à résolution des problèmes et sous contrôle de l’inspection générale des services concernés, et enfin à l’issue exclue de l’administration sans indemnités ou reclassée au bas de l’échelle comme guichetier puisqu’il n’y a plus de facteurs fonctionnaires . Et, selon la gravité de la faute, poursuite judiciaire avec obligation de publication officielle des sanctions infligées. Petite question non anodine: où sont les contrôleurs des inspections générales des services ? Par expérience y a au moins une administration une administration régalienne

  7. « L’administration va contacter chaque contribuable concerné, … les informer, présenter ses excuses et leur faire des recommandations, surtout sur la très grande prudence à avoir. »
    En somme, l’entière responsabilité de cette bévue monumentale reposera exclusivement sur les contribuables concernés !

    • Bonjour Héra. En toute hypothèse, je ne saurais qu’inciter tout utilisateur d’une application ou d’un outil informatique à faire preuve d’une prudence de Sioux et à douter de tout avant de valider une transaction. Dans le monde où nous vivons et où les malfaisants sont de plus en plus nombreux, c’est une mesure de prophylaxie absolument nécessaire.

  8. Il va falloir qu’un avocat, ou plusieurs, créent un collectif de citoyens dont les données ont été piratées sur des sites gouvernementaux ou imposés par le gouvernement, pour intenter une action en justice contre ce même gouvernement, incapable, à tous les niveaux de protéger les français.
    Nous sommes pressés comme des citrons pour donner des milliards à l’Etat, qui se son côté ne nous protège ni au physique, ni au virtuel.
    C’est facile de faire le ronflant en jet ski avec le pognon des français, mais la grogne monte sans que Narcissse s’en soucie.

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