Editoriaux - Polémiques - Politique - 1 août 2019

Permanences de LREM taguées : Christophe Castaner, plus fort que l’inspecteur Clouseau dans La Panthère rose !

Il doit y avoir un microclimat dans le sud de la France. Effets pervers du réchauffement climatique ou des feux de forêt ? Peut-être… Ce qui permettrait éventuellement d’expliquer la persistance en politique de ces deux olibrius que sont Christian Estrosi (à droite, ou ce qu’il en reste) et Christophe Castaner (à gauche, ou ce qu’il en demeure).

Passons vite sur le premier cas, Fregoli connu pour avoir annoncé chercher une alliance avec le Front national, lors d’un entretien accordé à Minute, le 11 mars 1998, pour ensuite, en décembre 2015, en appeler, carrément, à la « Résistance » face à Marion Maréchal-Le Pen aux élections régionales, après, du reste, avoir obtenu le désistement dudit Castaner cité plus haut. Tout ça ne s’invente pas et est historique.

Le second n’est pas moins inintéressant. En effet, et ce, entre deux lampées de vodka en boîte de nuit, Christophe Castaner est imbattable en matière de phrases lâchées à l’emporte-pièce. D’abord, il parle. Ensuite, il réfléchit. Et c’est là que le temps est susceptible de virer à l’orage.

Ainsi, devant la dizaine de permanences électorales de LREM (le parti présidentiel) quelque peu vandalisées, ces temps derniers, l’actuel ministre de l’Intérieur évoque-t-il des « attentats ». Rien de plus et, surtout, rien de moins. Ce sont les victimes d’autres « attentats », un peu plus réels, celles de Nice, du Bataclan, de l’Hyper Cacher de Vincennes et de la rédaction de Charlie qui vont être contentes.

Au fait, de quoi cet « attentat » est-il le nom ? Et en quoi mérite-t-il le vocable d’« attentats » ? Dernier carnage en date, les locaux de Cécile Rilhac, députée macroniste du Val-d’Oise, dont l’un des murs a été de la sorte tagué : « LREMERDE »… LREM pour La République en marche ! Et le reste pour ce que le lecteur peut deviner tout seul comme un grand. Il doit y avoir longtemps que Christophe Castaner n’a pas vu un « attentat » digne de ce nom ; parce que là, l’offense relèverait plutôt de ce « street art » si en vogue dans nos musées subventionnés avec l’argent du contribuable.

Héroïque, à l’instar de toute démocrate indignée et n’écoutant que son courage, Cécile Rilhac a aussitôt tweeté, intrépide : « Autant de bêtises me consternent. Nous ne céderons à aucune menace #démocratie. » Les auteurs des « attentats » en question ne pourront pas dire qu’ils n’auront pas été prévenus. Ce d’autant plus que le locataire de la Place Beauvau a, de son côté menacé ces terroristes, plus portés sur la bombe à peinture que la bombe tout court : « Soutien à toutes les autres victimes d’attentats tels que celui qui a été commis samedi dernier. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. »

Voilà un distinguo chromatique qui s’imposait : entre drapeau noir de Daech en Syrie et gilet jaune sur les ronds-points de notre France périphérique. Christophe Castaner est un aigle et rien ne saurait lui échapper. La preuve en est que, le 1er mai dernier, notre épée avait bien compris que les gilets jaunes étaient en train d’investir les urgences de la Pitié-Salpêtrière afin de tout y saccager. Petit problème : les mêmes gilets jaunes n’avaient fait que s’y réfugier pour échapper à des forces du désordre établi précédées de leur réputation. Il est un fait qu’entre yeux crevés et mains arrachées, les descendants de fusilleurs de communards avaient fait assez fort, le panache de Gaston de Galliffet en moins. Mais notre night-clubber a-t-il eu, un jour, dans sa vie, connaissance de ce nom, auguste et sinistre à la fois ?

Aujourd’hui, le premier flic de France paraît être à la fois à la peine et dans la panade, pour cause de décès du jeune Steve Maia Caniço, teufeur nantais, semble-t-il un peu bousculé par les argousins lors de la dernière fête de la Musique, et dont le corps a, depuis, été repêché dans les eaux de la Loire. Du coup, la colère gronde.

Gageons qu’avec le doigté qui est le sien, notre inspecteur Clouseau saura gérer l’affaire avec cette délicatesse devenue chez lui, mieux qu’une marque de fabrique, une sorte de seconde nature.

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