Alors que la crise sanitaire n’en finit pas de durer, la banlieue parisienne connaît de nouveaux incidents. Après l’accident d’un motard, samedi dernier, à Villeneuve-la-Garenne, des tirs de mortier et des feux de poubelles ont eu lieu, lundi soir, à Asnières, Nanterre, Aulnay-sous-Bois, Saint-Denis. Comme pour rappeler que l’épidémie de n’avait pas entamé la violence inhérente à ces quartiers.

Les autorités minimisent la gravité de la situation. « Ces agissements sont évidemment intolérables et appellent une réponse de fermeté », a déclaré la porte-parole du ministère de l’Intérieur, ajoutant qu’« à ce stade, ils demeurent néanmoins de relativement faible intensité ». Pas de quoi fouetter un chat ! Selon Le Parisien, un brigadier rapporte, fataliste, qu’« on est plutôt sur un phénomène classique, à cette époque. Les premières semaines de confinement avaient été étrangement calmes, c’est plutôt un retour à la normale, avec un effet sur les réseaux sociaux autour de l’accident de Villeneuve-la-Garenne. » La routine !

Bien sûr, on entend des voix pour affirmer qu’il ne faut pas confondre ces trublions avec la majorité de la population de ces quartiers, qui respectent les lois de la République. Puissent-elles avoir raison ! Mais on n’entend pas beaucoup de monde protester contre ces agissements, comme si une minorité faisait pression pour imposer le silence. Ne parlons pas des idéologues de gauche qui trouvent toutes sortes d’excuses aux fauteurs de troubles et les présentent comme des victimes. Ce n’est pas ainsi qu’on ramènera l’union dans notre pays !

Il y a quelques jours, le gouvernement expliquait qu’il fallait procéder à la réouverture des écoles pour récupérer « les publics les plus fragiles », comme les appelle pudiquement le ministre de l’Éducation nationale, qui ont disparu dans la nature pendant le confinement. Mais l’ancien recteur de l’académie de Créteil sait, mieux que personne, que ce n’est pas par manque d’ordinateurs ou de tablettes qu’ils se sont évanouis. En 2009, pour lutter contre l’absentéisme scolaire, il avait mis en place, dans trois lycées professionnels, une cagnotte collective pour récompenser les élèves assidus. Cette initiative, encouragée par le gouvernement, avait suscité la polémique.

Ces incidents, en plein confinement, montrent, s’il en était besoin, que le malaise des banlieues ne s’explique pas seulement par des conditions sociales dégradées. Comme on le reconnaît de plus en plus, même si on ne le dit pas explicitement, il existe, en France, des quartiers qui glissent dans le non-droit. Même François Hollande, en 2016, dans un chapitre du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…, s’était interrogé sur la sécession des territoires : « Comment peut-on éviter la partition? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition », avait-il déclaré.

Si les incidents semblent moins nombreux en cette période, leurs causes profondes ne sont pas près de disparaître. Ce ne sont pas, par exemple, les mesures annoncées par pour lutter contre « le séparatisme islamiste », juste avant l’extension de l’épidémie, qui changeront la donne. Il ne suffit pas de prétendre réduire « les influences étrangères » sur la religion musulmane pour mieux intégrer ces populations, soumises à la propagande incessante des plus extrémistes. Il faut conduire une véritable politique d’assimilation et ne pas prendre des gants avec les comportements communautaristes.

On peut craindre qu’il ne soit déjà trop tard. Dans tous les cas, la majorité actuelle est disqualifiée pour une telle mission.

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