Audio - Entretiens - Politique - 27 juin 2019

Paul-Marie Coûteaux : « Il faut recréer une véritable droite avec l’alliance des partis de droite »

Pour Boulevard Voltaire, Paul-Marie Coûteaux revient sur les raisons de son départ des Amoureux de la France et annonce qu’il rejoint le Parti chrétien-démocrate aux côtés de Jean-Frédéric Poisson.

Après avoir conseillé Nicolas Dupont-Aignan pendant sa campagne européenne, vous rejoignez le Parti chrétien-démocrate présidé par Jean-Frédéric Poisson.
Pourquoi avoir fait ce choix ?

J’étais très intéressé par l’entreprise créée en 2017 Les Amoureux de la France. Elle avait plusieurs figures de proue : Véronique Besse pour le MPF, Bruno North pour les Indépendants, Julien Rochedy, Emmanuelle Ménard, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Dupont-Aignan.
J’ai hélas tout fait pour empêcher que cette entreprise ne se disloque. J’ai désapprouvé les choix de Nicolas Dupont-Aignan et de son cercle proche quant à la composition de sa liste.
Je pensais qu’on allait rater une occasion historique de donner un embryon à ce que j’ai appelé « l’union » et de ce qu’on pourrait appeler, comme préfère très justement Marion Maréchal, « l’alliance » des droites.
Il y avait une idée de collaboration possible avec le RN. Jean-Frédéric Poisson et Véronique Besse se disaient qu’une collaboration était possible avec une partie des LR faisant la jonction. Il me semblait que cet équipage était méritoire.
Alors pourquoi Jean-Frédéric Poisson ? Il reste le MPF dont j’ai été membre longtemps, mais il n’existe plus vraiment, et le PCD dont j’ai été très proche à plusieurs reprises. J’ai plusieurs fois songé à y entrer. Je l’avais dit à Christine Boutin en son temps. De surcroît, la personnalité de Jean-Frédéric Poisson me paraît très digne d’intérêt. D’abord, c’est un homme digne et il voit très clair sur des sujets importants pour moi. Je pense notamment aux sujets régaliens, la souveraineté nationale, la question européenne, l’autorité de l’État et le souverainisme culturel, cette branche du souverainisme qu’on oublie. Il s’agit de la revendication d’une souveraineté culturelle qu’on appelle trivialement « identitaire » et dont le cœur est évidemment le message chrétien. C’est le cœur de la civilisation européenne. Si nous défendons notre souveraineté civilisationnelle, nous défendons par nécessité la chrétienté au moins comme culture.
J’ajoute que je suis chrétien et je ne trouve pas absurde, dans la situation actuelle, de m’engager dans un parti qui réunit beaucoup de chrétiens.


On a souvent parlé, peut être par fantasme, de la convergence Buisson-Zemmour avec un Eric Zemmour potentiellement candidat en 2022.
Le projet Marion Maréchal d’un côté et Eric Zemmour de l’autre ne risquerait-il pas de se contredire à un moment donné ?

J’ai répondu que ce point que je considère être une vue de l’esprit dans l’hebdomadaire Minute de cette semaine. J’ai dit à Patrick Buisson et à Eric Zemmour que je croyais cette entreprise vouée à l’échec. Je ne pense plus qu’il soit possible de réunir des militants antimondialistes des deux rives. Cela a été la stratégie de Marine Le Pen sous l’impulsion des frères Philippot, contre mon avis. C’est une lubie de sondeurs, ce que sont Patrick Buisson et Damien Philippot. Ils s’imaginent qu’on peut additionner une extrême gauche antilibérale, qui serait grosso modo la France Insoumise, et les conservateurs qui réunissent une bonne partie des Républicains autour de Bellamy, du Rassemblement national ainsi que la droite hors les murs dont je viens de citer les principaux noms. Je ne crois pas qu’il y ait de compatibilité entre eux sur les sujets de société et sur les sujets cruciaux comme la transmission culturelle et la défense de l’Europe chrétienne. Il n’y a absolument aucun point commun. Ce sont des vues de l’esprit.
D’ailleurs, Marine Le Pen a choisi en 2012, contre mon avis, de taper sur la droite, d’être très bienveillante vis-à-vis de la gauche, de l’extrême gauche, des extrémistes, ceux qu’elle a appelés les exclus. C’est heurter un os que nous retrouvons toujours. Que ce soit Mélenchon ou autre, les gens d’extrême gauche voteront toujours pour un homme d’extrême gauche. Je ne pense pas que cela puisse s’additionner dans les urnes.
J’ai cessé d’additionner depuis très longtemps des voix de droites et de gauche. Je pense qu’à gauche, il n’y a plus d’esprits nationaux et qu’il n’y a plus rien à faire.
À mon avis, la véritable alternative est de recréer une véritable droite avec une stratégie correspondante, l’alliance des différents partis de droite.

À lire aussi

Paul-Marie Coûteaux : « Le nazisme est une sorte de délire de modernité dans sa volonté obstinée de créer un nouvel homme »

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleSamedi, durant la Convention de la droite, Pau…