Les spéculations ne cessent d'aller bon train, pour ce qui concerne le futur gouvernemen. On croit savoir que Jean Castex ne sera pas reconduit, sans doute parce qu'il est trop marqué par la du Covid, les produits non essentiels, les remontées mécaniques fermées et les cafés qu'on ne peut pas boire debout. À part ça, c'est le flou intégral. Oh, bien sûr, les journaux classent les ministres sortants entre « sereins » et « menacés » : du côté des sereins, Borne, Beaune, Denormandie, Attal. Du côté des menacés, Blanquer ou Schiappa. On n'en sait guère plus.

Il est important de proposer une équipe de stars de tous horizons, une dream team digne de ce nom à notre Président nouvellement réélu, puisqu'il est désormais, comme il l'a dit, le Président de toutes-et-tous.

Seulement voilà : le gouvernement est devenu un assemblage d'experts, somme toute assez fades et duplicables en série, dans lequel ne surnage aucune personnalité politique forte. Alors, qui pourra proposer un gouvernement plus macroniste que Macron, à la fois inquiétant pour nous, rassurant pour eux et médiatiquement correct ? On nous parle d'une « équipe resserrée », à dix ministres. On nous fait le coup à chaque fois - depuis Balladur au moins, c'est dire... Eh bien, ça pourrait ressembler à ça :

- Premier ministre, chargé de l'Environnement et de la Planification écologique : Élisabeth Borne. Sérieuse, polytechnicienne, assez terne pour laisser briller le Président. Une femme à Matignon pour cocher la case, en termes de com', on est déjà pas mal. Retour à l'économie planifiée, comme en URSS, mais avec juste de la peinture verte par-dessus (M6 appelle cela du home staging, je crois). On imagine ça d'ici.

- Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes, de la Solidarité migratoire et du Développement international : Clément Beaune. Germanophile, européiste, jeune, il a, paraît-il, l'oreille du Président. Il sera le plus légitime pour aller négocier le partage de l'arme atomique et du siège français au Conseil de sécurité avec l'Allemagne. Il aura également la haute main sur l'ouverture des frontières, l'accueil des « réfugiés » (je ne parle pas des Ukrainiens) ainsi que le versement de fonds illimités aux pays amis que sont le Mali ou l'Algérie, par exemple.

- Ministre d'État, garde des Sceaux, de la Cohésion sociale et des Libertés : Olivier Véran. Un choix audacieux, un médecin à la Justice. Et pourquoi pas ? Olivier Véran a démontré son exigence sur la question des libertés lors de la gestion de la terrible pandémie de Covid. Il sera moins clivant que son prédécesseur et pourra donc se pencher avec les magistrats sur l'ouverture de centres de rétention semi-fermés en zone rurale afin de régler, du même coup, la désertification et le problème de la surpopulation carcérale.

- Ministre de l'Économie, des Finances, de l'Industrie, du Budget et des Comptes publics : Bruno Le Maire. Là, on ne rigole pas. Il faut du lourd. Les sous, c'est du sérieux. De toutes façons, c'est lui qui a les clés de la planche à billets, alors...

- Ministre de l'Intérieur, du Développement républicain et de la Concorde civile : Rachida Dati. Coup de théâtre. détrôné par une autre ancienne de LR. L'offre de services de Rachida Dati aura été entendue. En faveur d'une politique vraiment de droite, comme sous Sarkozy (sourire), elle occuperait ainsi son deuxième ministère régalien après celui de la Justice. Elle devra gérer le plan banlieues (43e du nom, à peu près), ce qui lui permettra de jouer sans honte sur ses origines pour faire pleurer l'extrême centre et remplir encore une fois le tonneau des Danaïdes des « quartiers sensibles ». De quoi la lancer pour 2027.

- Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, de la Famille, de la Petite Enfance : Alice Coffin. Une belle prise pour LREM et une victoire pour l'aile gauche sociétale. Dans un grand ministère aux attributions élargies, Alice Coffin donnerait la pleine mesure de son imagination pour dessiner les schémas multiples de la déconstruction du patriarcat. GPA remboursée par la Sécu, universités décoloniales, interdiction des écoles hors contrat, mise en crèche obligatoire et disparition du nom du père sur les documents officiels... Il y a du boulot.

- Ministre des Armées, de la Défense européenne et de l'Industrie de défense : Florence Parly. La Défense ennuie tout le monde, en Macronie, il faut une femme pour le poste (c'est symbolique), donc, bon... Sous ce second mandat, le taux de féminisation devra s'accroître, indépendamment des qualifications, afin de renforcer l'efficacité opérationnelle. L'écrasement symbolique d'un CEMA (chef d'état-major des armées) d'entrée de jeu serait un plus, mais l'actuel titulaire ne semble guère avoir le profil.

- Ministre de la Culture, des Arts urbains et des Mémoires plurielles : Gabriel Attal. Le petit prodige de la Macronie pourrait, à 33 ans, se voir confier un portefeuille symboliquement important. Sur les traces du grand Jack Lang, il inaugurerait de nouvelles fêtes, plus inclusives mais tout aussi colorées ; il travaillerait sur des dates symboliques du vivre ensemble. Le début d'une longue et prometteuse carrière de grand serviteur de l'État.

- Ministre du Travail, de l'Aide à l'emploi et de la Solidarité intergénérationnelle : Xavier Bertrand. Il avait dit que non, jamais il ne ferait partie du gouvernement de Macron, et puis, bon, au bout du compte, on a tous une véranda à payer. Conforté par son bilan dans les Hauts-de-France (aide aux plus démunis et lutte contre l'extrême droite), il rassurerait les seniors et, d'un air patelin, obligerait les jeunes à raquer pour les vieux. Il sera chargé de l'épineux dossier des retraites, en tandem avec son vieux pote Bruno Le Maire, qui le voit déjà en fusible parfait.

- Ministre de la Santé, de la Lutte contre les pandémies et des Libertés individuelles : Ségolène Royal. Eh oui, la Macronie, on l'a déjà dit, c'est un peu comme une salade de restes, un dimanche soir, quand on a la flemme. On ouvre le frigo et on met tout dans un bol. Ici, Ségolène Royal, inoxydable. Elle adressera un signe au PS de la vieille école, ne fera pas grand-chose contre le variant qui ne manquera pas d'arriver à la rentrée. On remettra le masque partout, il faudra huit doses et on pensera que c'est de sa faute. Elle, elle sourira largement et expliquera les mesures avec bienveillance (mais en responsabilité).

Parité parfaite, un peu de tout aux commandes, presque que du régalien.

29 avril 2022

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