4) Atteinte à la forme républicaine des institutions

La souveraineté de la nation et la séparation des pouvoirs sont les piliers de notre République. L’autorité émane exclusivement de la collectivité des citoyens qui s’exprime par la loi votée par ses représentants. La loi sur l’état d’urgence sanitaire promulguée le 23 mars, dans des conditions de représentativité plus que contestables, donne ainsi les pleins pouvoirs à l’exécutif qui peut, dans ces conditions, restreindre les libertés individuelles par décrets ou par ordonnances. Autant dire qu’à ce stade, le Parlement ne contrôle plus rien. Ainsi, les confinés de droit que sont les personnes en détention provisoire peuvent voir ce temps de privation de liberté prolongé de six mois sans débat contradictoire…

5) Atteinte aux moyens de la défense de la nation

Nous savions nos armées à l’os depuis le long processus de démantèlement engagé sous Jacques Chirac et consciencieusement poursuivi par ses successeurs. Le format de notre défense s’est contracté comme peau de chagrin, à telle enseigne que le chef d’état-major des armées déclarait, lors de son audition par le Sénat, le 16 octobre 2019 : « Je suis au bout de mes capacités [opérationnelles]. » En mobilisant le service de santé des armées dans la lutte contre le coronavirus, le Président Macron, non seulement fragilise la couverture médicale nécessaire à nos soldats projetés sur les théâtres extérieurs, mais encore ridiculise l’institution en paradant devant les tentes d’un hôpital de campagne de 30 lits monté en 10 jours quand la Chine a été capable, dans le même délai, de construire un hôpital en dur de 1.000 lits ! Le message envoyé aux ennemis de la France est catastrophique, tant nos faiblesses structurelles sur le plan logistique sont évidentes.

6) Atteintes au potentiel scientifique et économique de la nation

En appelant à l’unité nationale et aux bons sentiments, le Président-comédien tente de dissimuler le conflit d’intérêts et le trafic d’influence qui font rage en coulisse, depuis que Mme Buzyn a fort opportunément abandonné la galère du ministère de la Santé avant que le tsunami Covid-19 ne déferle sur le pays. En remplaçant au pied levé l’onaniste candidat LREM à la mairie de Paris, l’ex ministre espérait peut-être passer entre les gouttes. Mais voilà, la question du remède contre le virus a mis au grand jour l’acrimonie ancienne entretenue par son époux, M. Lévy, ex-patron de l’INSERM, à l’endroit du professeur Raoult et de son IUH Méditerranée. Cette sommité en matière de virologie serait sur le point de confirmer l’efficience d’un médicament bon marché.

Après la crise sanitaire viendra la crise économique, tout aussi mortelle – si ce n’est plus. Le temps du déconfinement étant, à l’évidence, aussi bien préparé que l’enfermement brutal et sans cohérence qui l’a précédé, le choc sera violent quand la machine devra se remettre en production. Les faillites vont se multiplier avec les chômeurs qui vont avec, le désespoir poussant certains au suicide.

Et l’atteinte à l’équilibre du milieu naturel et de l’environnement, dans tout ça ? Il n’est pas nécessaire d’en parler puisque l’impéritie de nos gouvernants (une fois n’est pas coutume) n’a pas eu d’effet sur les grands équilibres naturels. Brune Poirson peut rester au fond de son lit, la nation lui fera signe si nécessaire.

Forts de ce constat accablant, les parlementaires ont la possibilité de dégainer l’article 68 de la Constitution pour enclencher le processus de destitution du président de la République, tant les manquements ci-dessus évoqués sont incompatibles avec l’exercice de son mandat. Quant aux ministres, ils iront s’expliquer devant la Cour de justice de la République à la suite des nombreuses plaintes de particuliers qui semblent, déjà, s’accumuler sur le bureau de la commission des requêtes de cette juridiction d’exception.

Mais tout cela est pour plus tard, quand le virus aura tout aussi mystérieusement disparu qu’il est arrivé. Unité nationale oblige !

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