Nicolas Sarkozy ou le miracle de Noël

Dans son livre, l'ancien Président livre une étonnante expérience de la foi et adoube le RN. Touché par la grâce ?
Capture d'écran
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Nicolas Sarkozy n’est pas ressorti indemne de ses trois semaines passées derrière les barreaux. Entre confidences sur la foi et rapprochement avec le Rassemblement national, le livre qu’il publie sur sa douloureuse expérience carcérale révèle un homme nouveau.

Dans Le Journal d’un prisonnier, sorti le 10 décembre aux Éditions Fayard, Nicolas Sarkozy se dévoile. C’est souvent dans les épreuves que la foi toque à la porte. L’ancien président de la République en a fait l’expérience. « Puisqu’il me fallait porter une croix, je devais tenter de le faire en m’élevant spirituellement », raconte-t-il, en insistant, au fil des pages, sur la force et le réconfort trouvés dans l’expérience de Dieu. « J’avais à dessein emporté la magnifique biographie de Jésus-Christ écrite par Jean-Christian Petitfils. Chaque page m’inviterait à comprendre que sans doute rien n’arrivait par hasard ou n’était inutile. »

« Et si la prière devait être le chemin pour résister ? »

La nuit, l’ambiance carcérale ressemble à « l’enfer », au milieu des hurlements des détenus et des menaces proférées à l’encontre du prisonnier le plus célèbre de France. « Un détenu s’acharnait à frapper les barreaux de sa cellule avec un objet métallique », les nerfs sont mis à rude épreuve. Alors, pour ne pas devenir fou, l’ancien ministre de l’Intérieur s’agenouille au bord de son lit dépouillé. « J’ai prié, raconte Nicolas Sarkozy, cela m’a fait du bien. Et si la prière devait être le chemin pour résister ? Je décidais de l’emprunter aussi souvent qu’il serait nécessaire. » Le dimanche, il ne lui est pas possible d’assister à la messe car le condamné ne doit pas croiser d’autres détenus. En revanche, le jour du Seigneur est rythmé par les visites de l’aumônier de la prison dans lesquelles il puise force et « tranquillité d’âme ». Celui qui a reçu, au milieu d’un innombrable courrier de soutien, une vingtaine de bibles raconte communier « pour la première fois depuis de nombreuses années ». Edmond Dantès hante ses nuits ; ce n’est pas pour rien que Le Comte de Monte-Cristo était dans la valise du captif. La lecture d’Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à un otage, inspire au locataire de la Santé une belle médiation : « À l’image du désert, la vie intérieure se fortifie en prison. »

Bardella, ce nouveau Chirac

Est-ce la grâce qui lui inspire ses propos sur le Rassemblement national ? Dans Le Journal d’un prisonnier, Nicolas Sarkozy livre des propos surprenants qui agitent, depuis une semaine, le monde politique. Fini, le front républicain. Ce dernier raconte avoir assuré Marine Le Pen, dans un échange téléphonique, qu'il le refusait, tout en lui assurant prendre, « le moment venu, une position publique sur le sujet ». « Mon ancienne formation politique n’est pas aujourd’hui en position de force, écrit Nicolas Sarkozy. [...] Le chemin de reconstruction peut être long mais je suis certain qu’il ne pourra passer que par l’esprit de rassemblement le plus large possible, sans exclusive et sans anathème. Tout autre choix ne conduira qu’au repliement et à l’échec. » Ce passage ressemble à une bombe, tant l'ancien Président a épousé par le passé une ligne fortement hostile à la droite nationale. En séance de signatures dans son tour de France, il confiait, il y a deux jours, à une admiratrice : « S’il n’y a pas d’union, il n’y a pas de succès. » Dans un entretien au Point, il confie : « Quand j’ai rencontré Bardella, il m’a fait penser au RPR au temps de Jacques Chirac. Son discours n’est pas très différent du nôtre à l’époque. »

L'union des droites déchire LR

Des propos traumatisants, pour le parti LR qui se débat pour trouver une voie, écrasé entre un macronisme qui « meurt mais ne se rend pas » et un RN désormais tout-puissant. Ce qui ressemble à un adoubement du parti de Marine Le Pen met à mal la présidence de Bruno Retailleau, qui tente de redresser un parti en proie à de profondes divisions. Le vote du budget sur le PLFSS par 18 députés LR a ravivé une ligne de fracture profonde. Pourtant, au sein du parti, de nombreux parlementaires tendent à minimiser l’impact des propos de Nicolas Sarkozy, dont l’interprétation serait « extensive ». Et plaident pour une position inchangée. « Nicolas Sarkozy a toujours été pour un large rassemblement des personnes et non des appareils. » Auprès de Boulevard Voltaire, le sénateur LR du Nord, Marc-Philippe Daubresse, affirme retrouver dans les propos de l’ancien président de la République la même ligne portée par l’actuel président des Républicains : « s’adresser à un électorat le plus large possible sur les valeurs de la droite, le régalien et le logiciel économique libéral ». Rien de très nouveau, donc, en conclut celui qui participa activement aux campagnes présidentielles de 2007 et 2012. Une phrase dans le livre de Nicolas Sarkozy, passée inaperçue, peut abonder dans ce sens. « L’alternative ne réside pas, comme je l’entends trop souvent, dans un accord ou non avec le Rassemblement national, mais dans une volonté de parler sincèrement, vraiment, profondément à ces électeurs qui ne sont plus les nôtres après l’avoir été. » Néanmoins, lorsque Nicolas Sarkozy martèle, propos louangeurs à l’appui, que le RN « ne constitue pas un danger pour la République » et que le « cordon sanitaire factice » autour de lui est « incompréhensible », cela semble participer au miracle de Noël.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

117 commentaires

  1. Quoi qu’en disent les détracteurs ci-dessous influencés par les campagnes médiatiques qui nous ont amenés Hollande puis Macron je m’en tiendrai à une sage parole (Aristote) :  » De deux maux choisissons le moindre ». Le peuple ne s’y trompe pas.

  2. Son livre aurait pu s’intituler : « Je ne connais ni la pudeur ni la décence ».
    Quand on a eu l’honneur de présider la France, une tenue correcte serait le minimum !
    Je suis très déçu que BV se joigne au cortège des thuriféraires du Mandella de Neuilly.

  3. Le Kacher, on l’a entendu, mais pas vu. Par contre kouchner on l’a vu. Faire de la politique, ce n’est pas associé ces adversaires, ou alors on n’est pas un politicien ou crédule.
    Quand à la Justice et la court X rempli d’opposant qui vous valent du BIEN, mieux vivre avec un crotale.

  4. Nicolas Sarkozy, jusque-là, n’avais jamais vraiment fait preuve de spiritualité.
    Et il faudrait accorder crédit à ce très curieux rapprochement avec la foi, catholique ? Mais c’est se moquer du monde. Et profiter de ce livre pour lâcher un de ses avocats, (certes condamné pénalement avec lui) est déshonorant. Sans parler des messages politiques divers dont la question de l’union des droites.
    C’est du niveau marchand de tapis qu’il est profondément.
    Intelligent, mais indigne.

  5. La décision de mettre en prison me Sarkozy m’a semblé être une vengeance des juges rouges et une ineptie . Cela posé, comment oublier les trahisons de cet ancien président qui nous a volé notre référendum et nous a laissé en plan avec son karcher inutilisé. Ce n’est pas moi qui ferait la queue pour obtenir sa signature . Ni d’ailleurs qui lui achèterais son livre . Je n’ai pas de rancune mais j’ai de la mémoire.

  6. Que de baratin !

    Il faut éviter que les Français n’envisagent la sortie de l’Union européenne alors il soutient Bardella qui semble être celui qui a été choisi pour succéder au macron, Philippe et Attal n’ayant finalement pas beaucoup de succès auprès de la population

  7. Ils pensaient l’abattre ? C’est une réussite ! Je salue la constance avec laquelle la gauche lève le peuple contre elle. Qui aurait dit, il y a quelques mois, que partout où il irait, Sarko ferait se lecpver les foules ? Qui aurait dit, il y a quelques mois, qu’un sondage mettrait le RN en tête à une élection présidentielle, et qu’un Bardella écraserait Mélenchon…(76% contre 24…) ? Bien sûr, ce n’est qu’un sondage mais ce n’est sûrement pas le dernier vote à l’Assemblée, sur le renouvellement automatique des visas qui va changer la donne. Qui aurait penser que Macron ferait regretter Sarkozy ?

  8. Tout ces élus du petit au plus grand quant ils se retrouvent dans la vrai vie découvre la triste réalité Sarkozy n’y échappe pas mais pour virer la gauche tout est bon a prendre même de qui çà viens.

  9. Le cabotin Sarkozy fait donc merveille. Ça a (presque) toujours marché d’ailleurs. Il dit ce qu’il faut dire au bon moment, ce que les gens ont envie d’entendre , et hop on en fait un autre homme, quelqu’un de bien. Ici, il devient chrétien et rassembleur : bien joué. Du coup on oublie « le Macron avant l’heure qui a tant fait devient mal à la France ». Bien joué, pour payer tout cela, une formatrice expérience de 3 semaine et le voilà rebousté et …. Adoubé et populaire. On n’est pas sortis de l’auberge…..

    • Il prend les français pour ce qu’ils ne sont pas à moins que je me trompe. Je garde en tête sa trahison avec le traité de Lisbonne et je pense que chacun devrait en faire autant.

    • Il ne faut pas oublier la traîtrise sur l effacement du vote sur Mashtrich; l réintégration à l Otan et le sabordage de Fillon qui a permis à Macron de devenir président président et qui est toujours là.

    • « Le cabotin Sarkozy fait donc merveille » = il y en a d’autres, des cabotins, comme un couple ici adoré.
      De toutes façons, pour être un politique qui a des chances d’être élu, il faut être cabotin. les électeurs adorent.

  10. N. SARKOZY : ce qui lui arrive est moche, mais il nous l’a quand même faite à l’envers avec Maastrich. On voit le résultat aujourd’hui. Il peut pleurer des larmes de crocodile, mais uniquement parce qu’il a trahi.

    • Et la crise monétaire de 2009 ? et les relations avec Poutine pour la Géorgie ? Assez de cervelle pour les avoir oublié ???

    • « il nous l’a quand même faite à l’envers avec Maastrich. » et il n’a pas trahi. ceux qui ont trahi = Conseil Constitutionnel, députés et sénateurs qui ont, dans l’ordre approuvé la possibilité, puis voté à une large majorité pour.
      Donc, ce sont ces députés et ces sénateurs qu’il faut boycotter. ce sont eux qui ont trahi. S’ils n’avaient pas voté, ce ne serait pas passé!

  11. Je ne sais pas si c’est une bonne chose que le Sarko adoube Bardella. Avec toutes les crasses que Sarko nous a fait et avec les LR c’est une caste que je fuis.

    • heureusement que les français ont la mémoire courte pour s’allier a un tel personnage enfin c’est pas fait

    • Hormis que son Kärcher était en panne, quelles crasses à t’il fait au peuple français? Il serait bien de vérifier qui a fait quoi avant de pénaliser quelqu’un et ne pas se laisser manipuler par des médias qui ont raconté les choses à leur sauce, comme d’habitude.

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