Alors que l’Assemblée nationale a donné, mercredi soir, son feu vert pour un prolongement du passe sanitaire jusqu’à l’été 2022, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, revient sur ce qu’il appelle « le vote de la honte ». Le texte, voté dans un Hémicycle à moitié vide, aurait selon lui pu être contré si l’opposition avait rassemblé ses troupes.

Il réagit au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

Vous êtes député de l’Essone, président de Debout la France et candidat à l’élection présidentielle. Hier, l’Assemblée nationale a voté le prolongement du passe sanitaire pour huit mois. Vous y étiez opposé, ce n’est un secret pour personne. Quelle est votre impression, après ce vote ?

 

C’est un vote de la honte dans un Hémicycle à moitié vide. M. Damin Abad, président du groupe LR, était absent. M. Jacob, président des Républicains, était absent. Comment peut-on laisser passer un tel vote et ne pas venir ? La moitié des députés étaient absents. Le vote a été juste, puisqu’il y a 125 voix contre et 135 pour. Garder le passe sanitaire jusqu’en juillet 2022 après la présidentielle, c’est donner les pleins pouvoirs et un chèque en blanc à Emmanuel Macron.

 

 

Plus de la moitié des députés étaient absents, 70 % pour certains, c’est plus que l’abstention des Français aux dernières élections régionales. Les élus sont finalement plus abstentionnistes que les Français…

 

Il y a deux causes à ce phénomène. Premièrement, beaucoup de députés En marche ! ont lâché le gouvernement et ont traîné les pieds. Ils ne sont pas venus car ils ne voulaient pas voter ce texte. Cela me fait enrager, car deuxièmement, si l’opposition avait mobilisé ses troupes, elle aurait pu battre la majorité et bloquer le passe sanitaire. On voit que nous ne sommes pas si nombreux que cela à nous battre pour défendre les droits des Français, la liberté des Français et la démocratie. Ce sera tout l’enjeu de 2022.

 

 

 

Après presque cinq ans de mandat, on a l’impression que le rôle de l’Assemblée nationale est passé au 3e ou au 4e plan. Nous entendons beaucoup moins parler de la vie parlementaire que lors du mandat de François Hollande…

 

Oui, parce que les grands leaders politiques ont déserté l’Assemblée. Regardez à droite, ils sont présidents de régions et ne sont plus à l’Assemblée. L’Assemblée ne représente en aucun cas le pays. La déformation du scrutin majoritaire est terrible. Pensez que M. Mélenchon, moi-même et Mme Le Pen, qui avons dû représenter 45 % des voix au premier tour des élections présidentielles, n’avons qu’une poignée de députés. Cela veut dire que tout est disproportionné. Ajoutez à cela un président de la République qui est méprisant à l’égard des élus du peuple et vous avez le résultat.

C’est tragique pour notre démocratie. J’appelle vraiment les Français à se mobiliser pour la présidentielle. On ne changera rien si les Français ne vont pas voter. Pendant cette campagne, je vais leur dire « Vous avez entre les mains votre pays, donc, c’est à vous de choisir si vous voulez être des esclaves ou si vous voulez vous battre ».

 

 

L’élection présidentielle a lieu dans moins de huit mois. Or, le passe sanitaire est prolongé de huit mois.

Concrètement, faudra-t-il être vacciné ou disposer d’un passe pour aller voter ? On risque de voir se mettre en place le vote par correspondance avec tous les défauts que cela comporte. Comment voyez-vous les choses ?

 

Je ne crois pas, parce que le Conseil constitutionnel interdit le passe pour les activités politiques.

En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’Emmanuel Macron peut profiter du moindre regain d’épidémie pour interdire les réunions publiques. Il peut donc biaiser le scrutin. Je ne pense pas qu’il puisse imposer le passe pour le vote, mais il peut paralyser la vie politique du pays la veille de l’élection, comme il l’a fait pendant quasiment deux ans. Il suffirait qu’il y ait un petit regain épidémique (et il peut y avoir ce petit regain), car il fait maintenant payer les tests. Le passe permet aux vaccinés d’être libres, alors qu’on sait très bien que les vaccinés peuvent transmettre le virus. Il n’en a rien à faire, de la situation sanitaire. Le passe sanitaire n’est pas une protection contre l’épidémie mais un moyen de traçage des Français. C’est pour nous accoutumer à l’obéissance servile. Je vous renvoie à ce qu’a écrit Philippe de Villiers. Je remarque, d’ailleurs, que dans cette campagne, mes collègues sont bien silencieux. Je pense être un des rares à dire clairement les choses. Ce passe sanitaire n’est pas une protection contre l’épidémie mais un instrument d’aliénation de nos concitoyens.

21 octobre 2021

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