Editoriaux - Entretiens - Politique - 27 mai 2019

Nicolas Dupont-Aignan : « Il faut tout faire pour battre Macron en 2022 »

La liste conduite par Nicolas Dupont-Aignan ne totalise que 3,51 % des voix aux élections européennes. Réaction de Nicolas Dupont-Aignan au micro de Boulevard Voltaire.


3,5 %, nous imaginons une certaine déception dans vos rangs…`

Les batailles politiques ne sont pas toujours gagnées. Dans la vie, lorsqu’on tombe de cheval, il faut tout de suite remonter dessus. Je crois qu’on a été victime d’une gigantesque manipulation médiatique visant à mettre Macron et Le Pen face à face pour faire réélire Macron.
Les Républicains sont davantage à la peine. Nous avons résisté, mais ce n’est pas assez. Je trouve cela dommage. Je suis convaincu que le mouvement vit et que les adhérents veulent un mouvement indépendant. Il faut analyser les causes de l’échec, mais il ne faut pas non plus tomber dans la sinistrose. Il faut tout faire pour battre Macron en 2022 et ne surtout pas tomber dans son piège. Il va falloir maintenant ouvrir les yeux des Français et préparer la suite.

À quoi attribuez-vous cette chute ?

Une bipolarisation a été organisée par le Président de la République. Le Rassemblement national a joué le jeu de ce duel Macron-Le Pen. Debout la France et Les Républicains ont eu du mal à exister et à trouver leur place dans cette bipolarisation.
Je crois profondément que le jeu des sondages a toujours influencé l’opinion.
Les sondages nous ont montré que Bellamy était à 11, 13 %, alors qu’en réalité, il était beaucoup plus bas. Cela nous aurait peut-être permis de mieux exister vis-à-vis du candidat Les Républicains. Ces deux facteurs ont certainement expliqué que c’était très difficile d’exister dans cette campagne, malgré un bon capital sympathie pour Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France.

Selon vous, les départs, les arrivées et les éjections des Amoureux de la France, ont-ils joué dans le vote ?

Non, cela n’a pas joué. Le candidat des Républicains a atteint 8 %. Les Européennes n’est pas une élection pour le rassemblement. Dans une élection à un tour proportionnel, chacun part de son côté. En revanche, le réflexe de vote utile a joué. Je ne suis pas convaincu que le vote pour le Rassemblement national soit un vote si utile que cela. L’avenir nous le dira.
Ces résultats sont dans l’ensemble assez décevants, mais avec un vrai vote utile qui a été déterminant.
On est obligé de le reconnaître, même si la démocratie en souffre davantage qu’elle n’en bénéficie.

Benjamin Cauchy, 3,5 % c’est en dessous des 5 % nécessaires pour être élu. C’est une défaite, mais quels enseignements tirez-vous néanmoins de ce score ?

Dans un premier temps, c’est une déception de ne pas pouvoir envoyer des députés honnêtes et intègres au parlement européen  ne sont pas sous le coup d’enquêtes judiciaires. C’est aussi une satisfaction de considérer que malgré tous les anathèmes qu’on a pu nous mettre sur la tête,et malgré le duo Le Pen-Macron qui a été asséné dans les médias, Debout la France représente 50 % de ce que représentent aujourd’hui les Républicains. Je suis persuadé qu’il y a une alternative dans cette impasse entre Le Pen et Macron.

Réjouissez-vous de la victoire de Jordan Bardella ?

Je ne rentre pas dans ce genre d’artifice. Je pense que la campagne est morte de cela. Une campagne européenne n’est pas un en tête. D’ailleurs, ils sont quasiment à égalité. Je me réjouis bien sûr qu’il ait un bon score, mais cela ne suffit pas. L’enjeu n’est pas là. Lorsque je vois les forces de droite et les forces patriotes, je suis inquiet pour la suite. Il faut des réserves, mais où sont-elles ?
On vient bien que le piège d’Emmanuel Macron a fonctionné. Encore une fois, je crois qu’il ne faut pas se réjouir trop vite. Il faut analyser les résultats, additionner, ne pas se saborder et être vigilant. Je veux apporter ma réflexion. Les troupes de Debout la France continueront leur combat. Si on ne crée pas une alternative sérieuse à Emmanuel Macron, on risque de voir en 2020 ce qui s’est passé en 2017. Ce serait une catastrophe pour la France.

Est-ce une remise en question pour Debout la France ?

Il faut toujours tirer des leçons des échecs. Je considère que c’est tout de même un échec. Nous avons sûrement fait des erreurs. Il faudra tirer des leçons de ces erreurs. Encore une fois, le contexte était compliqué. Peut-être avons nous trop exposé Nicolas Dupont-Aignan qui a pris beaucoup de coups de façon très injuste. Notre rôle collectivement était peut-être de le protéger. Quand on regarde les résultats, Les Républicains font 8 %, et les listes alternatives, Philippot et L’UPR, font à peine 1 %. Cela montre bien que le parti pour Debout la France était très difficile. Avec 3,5 %, nous n’avons pas totalement réussi à le relever.

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