Editoriaux - Politique - 12 décembre 2019

Municipales à Paris : le jeu plus ouvert que jamais

À quelques mois des prochaines , nombre de projecteurs sont évidemment braqués sur Paris ; ce, d’autant plus qu’il s’en passe, des choses, dans la capitale…

Si l’on résume, Anne Hidalgo remet son titre en jeu. Benjamin Griveaux, fort d’une investiture LREM arrachée de haute lutte, s’y verrait bien. Mais Cédric Villani, candidat marcheur dissident, se présente tout seul comme un grand. L’écologiste David Belliard estime possible de réitérer le succès du récent scrutin européen. Quant à la droite, singulièrement démonétisée depuis le mandat de Jean Tiberi, elle n’a plus guère que Rachida Dati pour porter ce qui lui reste de couleurs. Et le Rassemblement national, pour finir, conscient que faute de couronne, il pourrait néanmoins prétendre au rôle de faiseur de roi ; ou de reine, en la circonstance.

La situation paraît d’autant plus intéressante que la partie s’annonce des plus serrées, tel qu’en témoigne ce sondage IFOP, commandé par l’entourage de Cédric Villani. Ainsi, Anne Hidalgo serait toujours en tête des intentions de vote avec 22,5 %. Juste derrière, Benjamin Griveaux et Rachida Dati obtiendraient, chacun, 17 %, devant Cédric Villani et ses 14 %. David Belliard, quant à lui, plafonnerait à 11 %, accusant une perte de trois points.

Là où tout devient plus intéressant encore, c’est quand on analyse les autres données du sondage en question : ceux de la sympathie et de l’antipathie suscitées par ces têtes de liste. Anne Hidalgo ? Un record de bonnes opinions avec 39 %. Mais aussi celui des mauvaises : 57 %. Benjamin Griveaux semble tout aussi « clivant », comme on dit, avec 28 % d’opinions favorables et 46 % de défavorables. À ce titre, Cédric Villani est peut-être un candidat plus apaisant, trouvant grâce auprès de 38 %, contre 37 % d’un avis contraire.

Les sondages étant ce qu’ils sont, c’est-à-dire matière peu fiable sur le long terme, il n’empêche qu’ils puissent aider à déterminer les grandes lignes à venir. Soit quatre candidats faisant à peu près jeu égal et dont le point commun consiste à tenir pour certain qu’aucun d’eux ne devrait jeter l’éponge en cours de partie.

Ce qui annonce, plus que des triangulaires, des quadrangulaires ; voire même des pentagulaires, configurations à l’occasion desquelles les 5,5 % promis au Rassemblement national par ces mêmes sondages pourraient soudainement trouver tout leur intérêt. C’est dire si la suite s’annonce des plus passionnantes.

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