[MUNICIPALES] À Grenoble, la surprise Carignon
Grenoble pourrait-elle être la seule très bonne nouvelle de ces élections municipales, pour LR ? Rien n’est fait (loin de là), mais le premier tour a apporté son lot de surprises avec deux grands perdants, les sondages et Laurence Ruffin (candidate de gauche succédant à Éric Piolle), et un inattendu premier en la personne d’Alain Carignon, ancien maire de la ville de 1983 à 1995.
Donnée grande gagnante par les sondages qui la voyaient pulvériser la barre des 30 % dans tous les cas de figure, Laurence Ruffin n’a, finalement, obtenu que 26,33 % des voix, largement devant Allan Brunon (LFI, 14,59 %), mais coiffée au poteau par Alain Carignon, qui sort en tête avec 27,04 % des suffrages. Derrière, le divers gauche Romain Gentil (9,99 %) a manqué la qualification pour le second tour à trois voix près, et suivent Hervé Gerbi (centriste, 9,63 %), puis Valentin Gabriac (RN, 5,20 %), qui devance le divers gauche Thomas Simon (4,98 %). Trois listes d’extrême gauche ferment la marche en totalisant à peine plus de 2 %.
Coup de bambou pour les sortants
Réagissant auprès de BV, Alain Carignon estime que le grand enseignement de ce premier tour, « c'est l'effondrement de la majorité sortante qui a été sondée à 35 % et finit à 26 ». Comment expliquer une telle désillusion pour la majorité sortante, qui semble bien avoir été victime de son excès de confiance ? L’an passé, déjà, Alain Carignon confirmait, auprès de BV, avoir été rejoint par l’union des commerçants de la ville, vent debout contre la politique urbanistique anti-voiture de l’écologiste Éric Piolle.
Mais ce n’était là qu’un des nombreux motifs d’insatisfaction des Grenoblois à l’égard de la majorité municipale, comme l’a confirmé un sondage Ebra/Le Dauphiné libéré publié début février 2026. 55 % des sondés se sont déclarés mécontents du bilan municipal depuis 2020, dont 32 % très mécontents. Les seuls motifs de satisfaction des Grenoblois sont les transports en commun, l’environnement et l’action sociale. Leur jugement est, en revanche, sévère concernant le logement, le dynamisme économique de la ville, les conditions de circulation et de stationnement, la propreté, la fiscalité locale et l’image de la ville.
Pour 52 % des personnes interrogées, la qualité de vie s’est dégradée et la sécurité a fait 72 % de mécontents. Résultat : 69 % des personnes interrogées ont dit ne pas souhaiter la reconduction de l’équipe municipale, même sans Éric Piolle, qui avait annoncé ne pas se représenter. Ce désaveu s’étendant même à son propre électorat, qui a déclaré à 42 % ne pas souhaiter voir l’équipe sortante réélue.
Le coup d’État LFiste
Si ce sondage illustre bien le mauvais résultat de la liste de Laurence Ruffin au premier tour, il explique aussi l’empressement de cette dernière à chercher des soutiens pour le second. On aurait pu croire impossible un rapprochement avec le candidat LFI Allan Brunon, arrivé troisième et potentiellement qualifié pour le second tour. Brunon, pur produit des « antifas » au sein de LFI, et qui accueillait récemment à Grenoble Raphaël Arnault comme un grand ami, ne s’est guère montré tendre envers Laurence Ruffin, durant la campagne.
Plaisir d’accueillir au local de campagne @ArnaultRaphael de passage à #Grenoble.
Notre génération est debout, organisée et vaincra l’extrême droite ! pic.twitter.com/ehemTce5CW
— Allan Brunon (@allanbrunon) January 3, 2026
« Voter pour Laurence Ruffin, c’est la garantie d’être trompé : 13 adjoints d’Éric Piolle figurent sur sa liste, les mêmes qui avaient promis la gratuité des transports en commun, le remboursement de la hausse de la taxe foncière, la réquisition des logements, et qui n’ont rien fait. Votez Insoumis si vous en avez ras le bol des menteurs », lançait-il, sur son compte X.
Voter pour Laurence Ruffin, c’est la garantie d’être trompé : 13 adjoints d’Éric Piolle figurent sur sa liste, les mêmes qui avaient promis la gratuité des transports en commun, le remboursement de la hausse de la taxe foncière, la réquisition des logements et qui n’ont rien… pic.twitter.com/GtcWRbCtb8
— Allan Brunon (@allanbrunon) March 10, 2026
Et pourtant, au sortir d’un mystérieux tour de passe-passe dont la gauche a le secret, à Grenoble comme ailleurs, les lignes ont bougé, à peine connus les résultats du premier tour. Au matin du 16 mars, début d'un coup d'État LFiste : Allan Brunon envoyait, sur X, un premier missile à la candidate socialo-écologiste, pour la sommer de fusionner : « Laurence Ruffin doit respecter le vote des Grenoblois et s’inscrire clairement dans une démarche de front antifasciste pour battre la droite islamophobe d’Alain Carignon. » Et pour éviter tout malentendu, le candidat LFI en rajoutait une couche, expliquant que « sans nous, Laurence Ruffin ne peut pas gagner. Ce résultat montre qu’une part significative des Grenoblois se sont mobilisés pour un programme de rupture. Nous sommes disponibles pour engager les discussions avec Madame Ruffin et nous appelons bien évidemment à un sursaut. »
En clair, pour éviter la déroute, Laurence Ruffin doit se rallier non seulement à LFI, mais aussi à son programme, le sien ayant été désavoué. Message reçu cinq sur cinq par l’intéressée, à laquelle Allan Brunon, décidément très joueur, a attribué une « bonne note » des plus humiliantes : « Nous sommes engagés dans un front antifasciste pour battre la droite d’Alain Carignon dimanche prochain », rappelle-t-il, notant que « madame Ruffin le fait dans la voie du respect et des principes démocratiques, notamment celui de la proportionnelle par une fusion technique ». Imposant son diktat, il conclut enfin : « Nous serons représentés au conseil municipal à l’aune des résultats que nous avons faits au premier tour. » La « fusion technique » a beau n’engager personne, le rapport de force s’est inversé : LFI est désormais seul maître à bord.
Arithmétique perdante ou dynamique gagnante ?
Qu’attendre, désormais, de ce second tour ? D’un point de vue purement comptable, « le match est plié » : l’arithmétique, additionnant les voix obtenues au premier tour par l’ensemble des listes de gauche, donnerait une victoire de la liste Ruffin-Brunon au second, avec 58,02 %. Mais une élection est moins affaire d’additions que de dynamique. Mais il y a surtout ce sondage si lourd de sens, et comme le confie Alain Carignon à BV, « nous pouvons et nous devons gagner parce qu'il y a 74 % des Grenoblois qui ont voté contre la majorité sortante. Il y a un très fort rejet. ».
⚡ À GRENOBLE, LES PROMESSES ONT DURÉ… UN TOUR.
« Jamais avec LFI. »
Aujourd’hui :
👉 1 sur 3 sera LFI.Les Grenoblois jugeront.#Grenoble #Municipales2026 @placepublique_ @partisocialiste pic.twitter.com/FdxVLgVtz0
— Alain Carignon (@CarignonAlain) March 16, 2026
Et c’est pourquoi, explique-t-il, « j'ai appelé tous les électeurs qui se sont exprimés au premier tour contre la majorité sortante à s'exprimer au second tour pour confirmer leur vote ». Le candidat LR estime, par ailleurs, que la fusion avec LFI pourrait aussi avoir un effet repoussoir, car « il y a une partie des électeurs socialistes et verts qui n'admettent pas cet accord, et une partie des électeurs LFistes ont voté contre le bilan majorité » et pourraient donc la refuser eux aussi.
🔥 Grenoble ne peut plus rester isolée.
Avec @JPBARBIERISERE @HenriBaile @julienpolat nous voulons rassembler les forces des Alpes pour relever Grenoble.
🏔 Grenoble doit redevenir la capitale des Alpes.
📍 18 mars – 18h
Factory du Changement#Grenoble #Grenoble2026 pic.twitter.com/PTiMbjEIQh— Alain Carignon (@CarignonAlain) March 17, 2026
Reste à savoir comment se comporteront les près de 10 % d’électeurs du centre, les 5,20 % d’électeurs du RN et les 39,30 % d’abstentionnistes du premier tour. Si les chances pour la droite de reprendre la capitale iséroise restent mesurées, elles existent tout de même. Et s’il est bien une chose qui peut forcer le destin, c’est la combativité de jeune homme d’Alain Carignon qui, à 77 ans, espère sortir sa ville des griffes de l’extrême gauche. Verdict dimanche soir.
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24 commentaires
Marre de tous ces voleurs !!!!!!!!!!!!!!!!!
Ne me parlez pas de Grenoble disait Fernand Raynaud mais j’espère qu’Alain Carignon reviendra pour le bien de ma ville natale .
…. et il rajoutait : »..que des prétentieux !… »
Il avait bien nettement mis les doigts dans le pot à confiture, mais il a exécuté sa peine. Carignon pourrait bien retrouver la mairie de Grenoble. Il y pourrait mettre en oeuvre une bonne gestion et définitivement se faire pardonner.
Souhaitons que les bons souvenirs submergent la vision actuelle.
Encore un ancien repris de justice ! Mais qui vaut mieux que la gauche!
Les habitants de Levallois ont un excellent souvenir de Patrick Balkany…
Ce n est pas un fichier S au moins !
on ne peut constater qu’une seule « chose » : grenoble sous carignon était une belle ville, prospère et agréable
la gauche en a fait une ville infréquentable et s’oreinte vers une ville comme saint denis
cette ville sera boycottée comme toutes celles où l’extrême gauche passera
Vous écrivez : » 55 % des sondés se sont déclarés mécontents du bilan municipal depuis 2020, dont 32 % très mécontents. » Soit. Mais si l’on fait le total des voix des Grenoblois qui se sont portés à gauche, toutes listes confondues, on arrive à presque 58%. Avec ses 27,04%, même en rajoutant les 9,63% du centriste et les 5,20% du RN, Carignon est dans les choux.
Les 55% de Grenoblois qui se disent mécontents de leur maire, sont prêts a recommencer avec un autre du même bord…
Carignon , condamné pour des histoires de gros sous , ennemi juré de jeanmarie le pen est en effet une surprise , mais mauvaise
L’ancien maire revient les grenoblois on oublié les affaires de corruption (5 ans dont 4 fermes) la Lyonnaise des Eaux
Il a été un bon maire, il a payé… pourquoi pas?
Il paraît qu il a été un bon maire. Mais c est tout de même délicat…..
Alain Carignon serait un repris de justice repris par les électeurs ?
Alain Carignon est un pis-aller pour Grenoble !
Surtout si sortir la ville du désastre organisé par les vert-de-gris et le gang de gauchistes de tout poil, passe par Carignon.
Croisons les doigts afin que les grenoblois excédés en acceptent l’augure.
Faute de grive, on mange des merles !
Et on accusait le RN de faire les poubelles pour composer ses listes ? Ils sont si desesperes que cela a Grenoble les bons bourgeois dont les affreux rejetons doivent en grande majorite penser a gauche .? Quelle ville pourrie .Devant les chiffres de l’insecurite qui la place devant les pires quartiers de Marseille , ce cloaque devrait etre administre depuis longtemps par un prefet de police.
Ce qui est stupéfiant, c’est de voir que des élus condamnés n’ont même la pudeur de se faire oublier !
Carignon a la tête de Grenoble, c’est pas la plus mauvaise chose. Il est bien dommage qu’il se soit fait évincé, c’était un bon maire, aux antipodes du piole, la pire chose qui soit arrivé a Grenoble depuis toujours.
Les Grenoblois sont majoritairement mécontents de Piolle et ses affidés ; on n’en retrouve 13 sur la liste de Ruffin ! après l’accord avec LFi combien de mélanchonistes sur la nouvelle liste ? Par ailleurs un colistier de Ruffin serait l’auteur de procuration obtenue dans un Epahd auprès d’une résidente sous tutelle, procuration dénoncée par les soeurs de la patiente le jour même de l’élection ! Comment faire confiance ? Si les Grenoblois dépassaient les étiquettes politiques pour une fois et votaient pour un programme capable de limiter la décadence de la ville ?
Je suis stupéfait de voir ces vieux routiers que sont Alain Carignon et Catherine Trautmann, maires dans les années 80 dans leurs villes respectives de Grenoble et de Strasbourg, plusieurs fois battus depuis, jamais résignés ils se représentent sans cesse, et après avoir goûté au vert, strasbourgeois et grenoblois se rappellent au bon souvenir de l’ancien temps et de sont mis à revoter pour leurs immortels. Certes l’une est de gauche et l’autre est de droite, mais la démarche des électeurs est la même.
Faute de grive, on mange des merles !
C’est Carignon ou la LFI qui infistrera les verts !
La gamelle mon ami , la gamelle.
trautmann a le courage en tant que socialiste de dénoncer l antisémitisme de LFI et le fait de vouloir tout « racialiser, ». Quel vilain mot. Elle est viré du PS car elle fusionne « techniquement » avec horizon. Madame, je ne suis pas de votre bord mais je vous respect pour vos choix.