C’est une petite musique qui monte sondage après sondage et qui pourrait bien devenir une dynamique : et si les grandes villes de France basculaient à gauche lors de ce second tour des 2020 ?

Le 29 mai, un sondage IFOP donnait, pour la première fois, Antoine Maurice, le candidat Archipel citoyen de la gauche unie à Toulouse, en tête avec 52 % des intentions de vote. Et mardi, un sondage BVA pour La Tribune et Europe 1 venait confirmer la tendance, donnant Antoine Maurice à 51 % des voix contre 49 % à Jean-Luc Moudenc, le maire LR sortant allié, dès le premier tour, avec LREM. Certes, l’écart est faible et entre dans la marge d’erreur.

Mais à Marseille aussi, un sondage réalisé par l’institut IFOP-Fiducial, pour La Provence, CNews et Sud Radio, indiquait une même tendance, et nette : Michèle Rubirola, la candidate de la gauche unie, atteindrait 36 % des voix, loin devant Martine Vassal, la candidate Les Républicains plafonnant à 29 % des suffrages, et le candidat du Rassemblement national, Stéphane Ravier, à 22 % .

Mais chez LR, on tremble aussi à Bordeaux, où le dauphin d’Alain Juppé n’avait que 96 voix d’avance sur son adversaire écologiste, et à Lyon, où le parti de droite a volé au secours d’un Gérard Collomb en grande difficulté.

Le basculement de Marseille qui se dessine serait un événement à lui tout seul. Que vienne s’y ajouter celui d’une ou de plusieurs autres métropoles, et cela constituerait un tournant politique majeur à deux ans de l’élection présidentielle.

Mais cela n’aurait rien d’étonnant.

D’abord, cela traduirait la défaite du macronisme, en révélant non seulement son incapacité à s’implanter dans les grandes villes, qui lui firent pourtant un triomphe en 2017, mais aussi son échec au niveau national, depuis trois ans.

Ensuite, ce serait un nouveau revers historique pour la droite LR. Après l’élimination de la présidentielle de 2017, les 8 % des européennes de 2018, des défaites dans les grandes villes sanctionneraient la stratégie toujours aussi illisible d’un parti qui se veut d’opposition mais qui s’allie quasiment partout avec le parti au pouvoir. Et au moment où celui-ci est devenu très impopulaire après les crises des gilets jaunes et du coronavirus ! Peut-être une telle défaite conduirait-elle les LR à enfin repenser leur ligne centriste et leurs alliances.

Pour la gauche, avec la victoire attendue d’Anne Hidalgo à Paris, cela constituerait une renaissance et fournirait une dynamique et un modèle de stratégie d’alliance en vue de la présidentielle : l’union de Toulouse où les deux listes de gauche ont fusionné avec la liste écologiste sous la bannière Archipel citoyen. À Marseille, la gauche avance sous la bannière Printemps marseillais. L’union, à gauche, n’a jamais été un problème, cela fait partie de sa culture politique, depuis l’Union de la gauche et la Gauche plurielle. Resterait, évidemment, à concrétiser cette union dès le premier tour de la présidentielle et à trouver la personnalité pour l’incarner.

Si la droite LR était ainsi balayée dans ses grands bastions, cela ouvrirait un espace pour une droite véritable et assumée, une droite de rupture, capable de s’opposer à tous ces clones d’Anne Hidalgo qui se seraient emparés des grandes villes.

Il y a deux ans, quand le macronisme triomphant attirait à lui des maires LR inquiets pour leur réélection, Édouard Philippe avait eu cette phrase : « La poutre bouge encore. » La poutre de la vieille maison LR en voie d’effondrement. L’effondrement aura bien lieu, mais pas au profit de LREM.

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