Marine Le Pen harcelée par trois gauchistes : un régal pour la presse !

Pour certains médias, quelques militants sur une plage suffisent à représenter toute la jeunesse française.
@ FRED TANNEAU / AFP
@ FRED TANNEAU / AFP

À gauche, la violence politique ne prend jamais de vacances. Vendredi 7 août, alors qu’elle quittait un restaurant de l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan, Marine Le Pen a été suivie jusqu’à son embarcation par un petit groupe d’opposants politiques. Sifflets, invectives et reprise du fameux refrain des Bérurier noir : « La jeunesse emmerde le Front national. » Une vidéaste amateur s’est même félicitée d’avoir débusqué la candidate du RN : « Marine Le Pen qui pense qu’elle peut se cacher tranquillement à Hoëdic ! »

Se « cacher », vraiment ? Marine Le Pen déjeunait dans un restaurant et regagnait un bateau. Elle ne tenait ni réunion publique ni conférence de presse. Elle effectuait un déplacement strictement privé, comme l’a confirmé le maire de l’île. La députée s’est contentée d’adresser un salut ironique à ses poursuivants avant de reprendre la mer.

Un relais médiatique immédiat

Quelques secondes de vociférations, trois téléphones portables et une poignée de militants : il n’en fallait pas davantage pour fabriquer un événement national. Le Parisien a ainsi jugé l’affaire suffisamment capitale pour lui consacrer un article au titre triomphal : « "La jeunesse emmerde le Front national" : Marine Le Pen conspuée pendant ses vacances en Bretagne ». Dans le corps du texte, pourtant, le quotidien reconnaît qu’il ne s’agissait que de « quelques personnes réunies sur la plage ». La jeunesse française tout entière tenait donc sur quelques mètres carrés de sable morbihannais.

Élu RN de la 4e circonscription de la Somme, Jean-Philippe Tanguy a dénoncé un titre « mensonger, manipulatoire et honteux », signe, selon lui, que « la campagne d’une certaine presse contre le RN a commencé ». Son collègue Sébastien Chenu a, lui aussi, raillé la disproportion du traitement : « Trois débiles insultent la femme politique française la plus populaire et Le Parisien en fait un article ! » Avant d’inviter les journalistes à examiner les résultats électoraux bretons plutôt que les décibels produits par quelques vacanciers. Contacté par BV, Matthias Renault, député de la 3ᵉ circonscription de la Somme, s’est lui aussi amusé de cette tempête dans un verre d’eau : « Le Parisien parle de "conspuée", il y avait seulement trois gugusses… », a-t-il commenté.

Le harcèlement à géométrie variable

Mais le plus instructif ne réside pas dans l’existence de quelques opposants. Une personnalité politique peut être sifflée, rien de nouveau sous le crachin breton. Ce qui frappe, c’est la gourmandise avec laquelle une partie de la presse raconte la scène sans jamais mettre en cause le comportement de ceux qui poursuivent une femme lors d’un déplacement privé. Imaginons, quelques secondes, la scène inverse : Rima Hassan, Marine Tondelier ou Sandrine Rousseau, poursuivies, sifflées et conspuées jusqu’à leur embarcation par des militants nationalistes. Combien de minutes avant que ne surgissent les mots « intimidation », « harcèlement », « climat nauséabond » et « menace fasciste » ? Les articles indignés auraient probablement atteint le continent avant le bateau. On se souvient qu’en 2021, on avait parlé d’« agression » lorsqu’un jeune homme avait osé offrir un bouquet de fleurs à l’écologiste Alice Coffin…

À Hoëdic, rien de tel. C’est presque l’inverse qui s’est produit. Gala a ainsi choisi une curieuse formule pour évoquer la mésaventure de Marine Le Pen : « Son escale sur l’île d’Hoëdic dans le Morbihan n’est pas passée inaperçue. » Comme si la députée du RN avait commis une imprudence en se montrant en public. Aurait-elle dû débarquer de nuit, porter une perruque et réserver le restaurant sous une fausse identité ? Dans notre petit monde médiatique, un responsable politique de droite est forcément coupable, et s’il se trouve être harcelé par des militants de gauche, on pourra toujours lui reprocher de ne pas s’être suffisamment caché.

Toute la jeunesse, vraiment ?

Reste le slogan, rengaine ringarde en diable : « La jeunesse emmerde le Front national. » Depuis quarante ans, ce refrain permet à certains de se persuader que toute personne âgée de moins de 30 ans partage spontanément les opinions de Télérama. Quelques militants la chantent sur une plage et les voilà aussitôt promus porte-parole d’une génération entière. Les urnes racontent pourtant une histoire bien différente. Aux élections européennes de 2024, la liste de Jordan Bardella a recueilli 26 % des suffrages exprimés par les moins de 25 ans, contre 15 %, cinq ans auparavant, selon Ipsos. Quelques semaines plus tard, au premier tour des élections législatives, le RN et ses alliés ont obtenu 32 % chez les moins de 35 ans, soit quatorze points de plus qu’en 2022, toujours d’après Ipsos. La gauche reste forte chez les plus jeunes, particulièrement dans les grandes métropoles multiculturelles, mais elle n’en possède nullement le monopole.

Jordan Bardella l’a bien compris. Sa maîtrise des réseaux sociaux lui permet de s’adresser directement à une génération qui ne consulte plus nécessairement les médias traditionnels et qui se montre de moins en moins sensible aux vieilles injonctions morales. Le président du RN affiche ainsi 2,4 millions d'abonnés sur TikTok, contre 680.000 pour Gabriel Attal, 450.000 pour Rima Hassan ou 85.000 pour Marine Tondelier.

Tandis que quelques vacanciers recyclent un slogan des années 1980, une part grandissante de la jeunesse adhère donc aux propositions du RN. Quelques-uns chantent, beaucoup votent.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

71 commentaires

  1. Si c’est avec ce genre d’actes que la gauche et ses soutiens du centre par médias interposés pense faire évoluer les votes en 2027 ils font tous preuve d’une bêtise manifeste car ces lâchetés ne peuvent qu’être contre productives. En dépit de tout ce qui va être fait jusqu’en avril 2027, je prédis une victoire haut la main pour le camp national. Pour la France et les « vrais » français.

  2. En fait le RN n’a pas besoin de courir après l ‘info la publicité faite autour d’un non-évènement démontre la médiocrité d’une mauvaise presse de Gôche à l’affut de… rien ce qui démontre le niveau zéro de cette pseudo-opposition canularesque.

  3. C’est faire beaucoup d’honneur à ces  » médias  » et à leur journaleux militants que de les qualifier d’organes de presse et de journalistes. Ces torche-culs n’informent plus, ils commentent et militent à gauche mais ce n’est certainement qu’un hasard.

  4. Calme, en avant et Droit… c’était la devise de mon club hippique dans les Flandres, dans les années 60/70…! Je pense qu’on pourrait reprendre cette devise jusqu’aux élections présidentielles… essayons de rassembler les électeurs de Droite, pas les partis… il faut sauver la France de 45 ans de socialo communisme… et retrouver les élans des années 60/80 … on y arrivera

  5. Pauvre jeunesse abêtie ! On leur dit (les médias, le gouvernement, etc.) : « MLP et RN méchants, alors vas-y, attaque ! » comme à un chien dressé. Et il obéissent sans réfléchir à leur maîtres.
    Pourtant, ils seraient bien incapables de justifier concrètement leur haine.

  6. Ce qui veut dire que la campagne présidentielle sera très rude voir violente toute la jeunesse de gauche sera dans les rues les associations seront dans les meeting et les bobos centristes sur les plateaux de TV pour perturber intimider désinformer c’ est pour cela que je ne cesse de dire que tout le camp national devra être soudé et si MLP fait campagne avec un bracelet au pied la situation sera invivable à suivre

    • Surtout le savoir-faire et les méthodes de leurs pères, de leur modèle : Lénine en Union soviétique à partir de 1920, et les nazis à partir de 1936 à l’égard des Juifs et de leurs opposants. Nombreux seront ceux qui me diront que j’exagère, c’est vrai, pourtant les choses commencèrent plus ou moins ainsi dans des pays exsangues politiquement et en faillite. C’est donc ainsi que quelques ignares perfides voient leur révolution ? pacifique et porteuse d’espoir. Pensent-ils vraiment pouvoir échapper à la bête ? Avec un parti utilisant dans nos rues des factions utilisant la violence ayant déjà causé la mort d’un certain Quentin, vociférant, menaçant à chaque occasion envers tous ceux qui ne pensent pas comme eux, pensent-ils pouvoir échapper au pire que l’Europe et le monde aient pu connaître ? Le totalitarisme.

  7. ce qui est évident, qui saute aux yeux, c’est le fascisme des gauchos. On reproche au RN d’être les descendant d’hitler, mais ses vrais descendants (a tout point de vue: antisémite, imposer ses points de vue, la violence, sa lacheté, sa cruauté…) sont ces jeunes gauchos lâches idéologisés et fachos. et leur comportement ne feront qu’aviver les votes en faveur du RN, même si ce n’est pas l’idéal.

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