Des débordements de violences lors d’une réprimée, non par des gaz lacrymogènes, mais par des coups de feu ! Cela ne s’est pas produit dans un quelconque régime autocratique, pas même dans une démocratie dite « illibérale », mais chez nos voisins néerlandais.

La situation, aux Pays-Bas, est devenue explosive, samedi 13 novembre, suite à l’annonce du Premier ministre Mark Rutte d’un confinement partiel pour une durée de trois semaines : fermeture des bars, restaurants et supermarchés à 20 heures, des magasins jugés non essentiels à 18 heures, généralisation du télétravail dans la mesure du possible. Les tensions deviennent de plus en plus accrues lorsque le étudie, pour la situation post-confinement, la possibilité de restreindre l’accès aux lieux de restauration et de loisirs aux seuls détenteurs du passe sanitaire.

De nombreux Néerlandais sont alors descendus dans la rue. Des manifestations ont eu lieu, principalement à Amsterdam, La Haye et Rotterdam. Et c’est le vendredi 19 au soir que la manifestation à Rotterdam a dégénéré en violences (incendies, lancers de pierre, feux d’artifice). Les forces de ont d’abord riposté au canon à eau et aux tirs de sommation, puis ils ont fini par tirer sur les manifestants : deux d’entre eux, blessés par balle, ont été transportés à l’hôpital.

La situation a été abondamment commentée par les pouvoirs publics, et en défaveur des manifestants : outre le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, qui condamne « une orgie de violence » et le ministre de la Justice, Ferd Grapperhaus, qui parle de « comportement criminel », la de Rotterdam a évoqué dans un communiqué la situation « devenue si dangereuse que les agents se sont sentis obligés de tirer sur des cibles ». Malgré les vidéos diffusées dans les médias, il reste difficile de voir dans les manifestants des terroristes justifiant le recours à de telles ripostes.

C’est une situation pour le moins paradoxale : dans cette démocratie occidentale, historiquement présentée comme un pays pionnier en matière de libertés individuelles (pour le meilleur et bien souvent pour le pire), les forces de l’ordre tirent sur des personnes manifestant pour des libertés pourtant légitimes telles que celle d’aller et venir.

Ce lundi 22 novembre, après que les manifestations contre les restrictions ont battu leur plein pendant tout le week-end, le Premier ministre s’est exprimé au sujet des événements de Rotterdam et a qualifié les manifestants d’« idiots ». Des idiots plein de bruit et de fureur mais qui, contredisant la fameuse citation de ce cher Shakespeare, disent bien quelque chose…

22 novembre 2021

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