Editoriaux - Santé - 25 juillet 2019

Maladie de Lyme : enfin une prise de conscience des politiques ?

Ce mardi 23 juillet, la députée Emmanuelle Ménard a posé une question écrite à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, sur la maladie de Lyme, qui touche de plus en plus de personnes. Le 2 juillet, quelques députés, notamment de La France insoumise, avaient soutenu une manifestation de l’association Ensemble pour Lyme. La démarche est la suivante : prévenir des risques sanitaires de la maladie tout en demandant une meilleure prise en charge et un meilleur diagnostic de la maladie.

Emmanuelle Ménard est revenue sur les origines de ce fléau aussi bien mystérieux (tous les médecins ne s’accordent pas sur son origine) que dangereux. La maladie, identifiée dans les années soixante-dix aux États-Unis, gagne du terrain en France passant de 69 cas pour 100.000 habitants en médecine générale, en 2017, à 104, en 2018. Il s’agit d’une maladie vectorielle et infectieuse qui touche les humains et les animaux. La morsure de tiques en est la cause. Heureusement, toutes les tiques ne portent pas la bactérie Borrelia burgdorferi, ce qui limite sa propagation. Les zones à risques sont les forêts, les prairies à herbes hautes, les espaces boisés et humides. Les premiers symptômes doivent alarmer : apparition sur les membres inférieurs d’une lésion cutanée aux contours rouges, maux de tête, douleurs articulaires et fatigue. La maladie de Lyme se détecte après un électrocardiogramme et un examen neurologique complet par un médecin.

Après le rappel des caractéristiques de la maladie, Emmanuelle Ménard a alerté Agnès Buzyn sur les risques de la maladie et l’absence de prise en charge. La députée est notamment revenue sur la manifestation qui s’est tenue, le 3 juillet, par le mouvement Ensemble pour Lyme, qui appelait à la reconnaissance de cette maladie et à « la mise en place d’une politique de recherche médicale à la hauteur de l’enjeu de santé et une meilleure prise en charge des patients ». Les enjeux sont les suivants : la reconnaissance du caractère chronique de la maladie et le remboursement des frais médicaux et des soins par l’assurance maladie. Emmanuelle Ménard souligne l’absence de diagnostic puisque, malgré les nouveaux cas comptabilisés en France chaque année, beaucoup de personnes ignorent qu’elles ont contracté la maladie.

Des associations et des fédérations militent pour le financement des recherches scientifiques. La finalité étant de déceler la maladie et de proposer des traitements efficaces. Cependant, les finances manquent et ne permettent pas de trouver des solutions réelles. Diverses associations demandent à être reçues à l’Élysée. Bertrand Pasquet, président de l’association ChroniLyme, rend compte de la détresse : « Ça ne va pas assez vite, il faut être beaucoup plus ambitieux. »

La députée de l’Hérault, en s’adressant au ministre de la Santé, devient le porte-parole de ces milliers de malades qui souffrent de la méconnaissance publique de la maladie.

À l’heure des camps scouts, des sorties en prairie et en forêt, la prévention semble on ne peut plus cruciale. En 2018, selon les chiffres de la Direction générale de la santé, il y aurait 67.000 personnes victimes de la maladie de Lyme.

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