Trois mots résument la politique de La République en marche et de son gourou : d’abord, l’imposture. Ce parti prétend en finir avec le clivage gauche/droite. Il est d’ailleurs devenu la chaloupe prête à accueillir les naufragés du Parti socialiste, qui forment le noyau de l’équipage, puis ceux des « Républicains », attachés à préserver leur carrière ou à la promouvoir. La droite et la gauche s’opposent au nom d’idéologies qui s’affrontent. L’arrivée de « techniciens » de la société civile au Parlement comme au gouvernement voulait indiquer la volonté de dépasser l’alternance stérile pour bâtir une politique sur la compétence et les solutions qui s’imposent à elle. En fait, rarement un gouvernement n’a été aussi idéologique, mais il s’agit d’une idéologie masquée par la communication.

C’est le deuxième mot à retenir : idéologie. Macron lui-même lui a donné un contenu en appelant au combat des « progressistes » contre les nationalistes.

Et le troisième mot est communication : le pouvoir actuel entend compenser son déficit en action par un excédent de communication. Il a, pour ce faire, le soutien de nombreux médias, notamment parmi les chaînes dites « d’information ».

M. Macron a été membre du Parti socialiste. Il a développé sa carrière grâce à des amitiés socialistes qui lui ont permis d’être aux côtés d’un Président socialiste, comme secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis comme ministre. Les premiers soutiens qu’il a reçus étaient eux aussi socialistes, comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, l’actuel président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, ou le candidat qu’il soutient pour la mairie de Paris, Benjamin Griveaux. Les cautions de droite ne sont venues que plus tard, en raison de l’éclatement des Républicains, à la suite de l’opération médiatico-judiciaire, et donc politique, contre Fillon, et d’un second tour de l’élection présidentielle opposant Macron à Marine Le Pen.

S’y sont ajoutés les arrivistes dénués de conviction, les caméléons de la serre politicienne, comme le ministre du Budget.

Le gouvernement actuel est de gauche, mais c’est la gauche « métropolitaine », celle des grands centres urbains, soucieuse d’une certaine efficacité économique et nullement choquée par la suppression de l’ISF, en revanche, mondialiste, favorable à l’ fédérale et aux « progrès sociétaux », une gauche qui parle volontiers anglais et méprise la France rance du conservatisme et du patriotisme.

Le « progressisme » est une idéologie qui prétend ne pas en être une puisqu’elle se présente comme le soutien à la « marche inéluctable de l’Histoire ». Les échanges mondiaux doivent évidemment s’accroître. Le commerce mondial doit être de plus en plus ouvert, et on signe donc le CETA avec le Canada. La circulation des personnes doit également être facilitée, puisque la démographie mondiale, et notamment africaine, souligne un excédent parfois vertigineux dans les pays pauvres et, au contraire, un déficit inquiétant dans les pays riches, surtout en Europe. Bien sûr, l’existence de conflits, que notre gouvernement ne fait rien pour arrêter, fournit une justification humanitaire supplémentaire, mais l’essentiel est qu’il y a trop d’enfants au Sud et insuffisamment de travailleurs mal payés au Nord.

La famille traditionnelle, sédentaire, la nation, ses frontières, son souci d’identité sont des obstacles pour que se réalise un monde de la mobilité, où les atomes élémentaires, les individus voyagent aussi facilement que les capitaux. Les « droits individuels » sont donc prioritaires : dès qu’un droit ne porte pas atteinte à un autre détenteur de droit, il doit être instauré. C’est ce qui explique l’accent mis sur les « droits » liés à « l’orientation sexuelle », comme si la famille traditionnelle n’était pas un socle indispensable à la cohésion et à l’avenir de nos pays.

De bien maigres résultats économiques, un mépris parfois mal dissimulé envers les « périphériques » ont suscité une réprobation importante de la population à l’encontre de la politique menée. C’est pourquoi la maîtrise de la communication est devenue essentielle pour le chef de l’État et son gouvernement.

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