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Editoriaux - Politique - 7 mai 2020

Macron depuis trois ans à l’Élysée : joyeux Noël, Félix !

Confinement oblige, pour les Français de peu que nous sommes, se souhaiter un bon anniversaire est un exercice délicat, même s’il l’est plus sûrement encore pour , premier d’entre nous qui, ce 7 mai 2020, devait célébrer celui de ses trois années au pouvoir.

Retour en arrière vers un autre 7 mai, 2017, celui-là. Sur la place du Carrousel du Louvre, le plus jeune Président de la Cinquième République annonce à ses troupes : « Ce soir, c’est une ferveur, un enthousiasme, c’est l’énergie du peuple de France. » En nos contrées, un surcroît de lyrisme n’a jamais tué personne, surtout pour quelqu’un qui venait de remettre à l’honneur « la dimension christique du pouvoir ».

Allait-il marcher sur l’eau et multiplier les pains ? On ne le saura jamais. En revanche, gaffes, bévues et boulettes se sont, elles, multipliées à un point tel qu’on peut prétendre, sans marcher sur les plates-bandes de l’autorité vaticane, que, pour le coup, cela tiendrait un peu du miracle.

Ainsi, le rappeur Kiddy Smile, invité à l’Élysée pour la fête de la Musique, portant un tee-shirt arborant la profession de foi, « Fils d’immigré, noir et pédé », fut tenu pour une certaine faute de goût – ou faute de goût certaine ? –, surtout pour un homme ayant été plébiscité par cette France qui, non contente d’incarner celle qui gagne, se voulait aussi arbitre des élégances démocratiques, face à ces hordes de ploucs persistant à voter populiste. Dans un semblable registre voulant que l’immigration puisse être une chance pour un pays dont les autochtones n’y seraient que des boulets, éclate l’affaire Alexandre Benalla.

On remarquera qu’au contraire de Kiddy Smile, ledit Benalla, conseiller du premier cercle présidentiel, aura tout de même donné des gages évidents d’assimilation franco-française en prenant sur son temps libre pour torgnoler des manifestants gauchistes. Il ne fut pas récompensé de ses bons et loyaux services rendus à la mère patrie ; à croire que les bienfaits de la méritocratie républicaine en viennent à se perdre.

Dans la foulée, les gilets jaunes. Au début simple crisette, tout comme l’actuel coronavirus fut, dans les premiers temps, qualifié de grippette, l’épidémie n’a pas tardé à contaminer l’ensemble du territoire. En effet, les bougres n’avaient pas compris que la mondialisation qui les condamnait au chômage était une bénédiction, que si on les mettait à mal, c’était pour leur bien et que si le prix du diesel était trop élevé, ils n’avaient qu’à faire vingt kilomètres à l’aller et autant pour le retour en bicyclette pour aller pointer chez l’ami Paul emploi. D’ailleurs, Emmanuel Macron, dans l’un de ses sermons demeurés célèbres, leur avait affirmé que trouver du boulot était aussi simple que de traverser la rue.

Puis l’histoire des retraites dont tout le monde savait qu’elle était un problème à régler, même si les derniers de cordée ont finalement bien compris qu’il allait se régler plutôt sur leur dos que celui des premiers de la même cordée. Ce que les gens peuvent être mesquins. Ce, d’autant plus qu’en matière de « bonne gouvernance », le bon exemple venait de haut avec les démissions plus ou moins forcées d’humanistes distingués tels que François Bayrou, Richard Ferrand, François de Rugy ou Jean-Paul Delevoye.

Aujourd’hui, pour cause de coronavirus, l’ambiance n’est donc peut-être pas à souffler les bougies. Mais comme le 25 décembre n’est pas loin, pourquoi ne pas s’inspirer de Zézette, épouse X et veuve Y, qui, dans Le Père Noël est une ordure, de Jean-Marie Poiré, fêtait la naissance du Sauveur en bénissant la tête de son conjoint à coups de fer à repasser, tout en poussant cet historique cri de guerre : « Joyeux Noël, Félix ! » qui vaut bien le fameux « Montjoie Saint-Denis ! » de nos ancêtres réfractaires et gaulois.

Précisons que c’était seulement une idée en passant, juste histoire de rendre service.

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