On dirait que les gens sont surpris : n’a pas daigné envoyer un quelconque message pour . Non, franchement, vous vous attendiez à quoi ? Qu’il fasse une apparition sur Twitter avec, en arrière de tableau, le sapin de Noël couvert de guirlandes, sur fond musical, genre « Adeste, Fideles » ou, plus laïc, « Petit Papa Noël » ? Faudrait peut-être voir à arrêter de croire au père Noël, les petits enfants de France !

D’ailleurs, l’an passé, déjà, il avait zappé. Contacté par Libération, le Palais avait alors expliqué que le Président aurait « une expression globale pour les fêtes de fin d’année lors de ses vœux du 31 décembre ». On notera l’élégance de cette « expression globale ». Deux pour le prix d’un. En revanche, en 2018, il avait fait un petit effort, soulignons-le quand même. Comme il passait le 24 décembre soir au Tchad avec nos soldats, il avait tweeté ce message à l’adresse des militaires : « Alors que beaucoup de nos compatriotes prennent un temps de repos et se retrouvent pour les fêtes, je pense aujourd’hui à vos familles qui ne passeront pas Noël à vos côtés. » Les mots « familles » et « Noël » dans la même phrase, fallait tout de même le faire. Soulignons l’effort.

Pourquoi donc, de nouveau, cette année, ce silence présidentiel, au soir de Noël ? N’allez pas me dire qu’il n’a pas lu l’introït de la messe dans l’octave de Noël, tiré de la Bible : « Tandis que tout reposait dans le silence, et que la nuit, dans sa course, était au milieu de son chemin, votre parole toute-puissante, Seigneur, vint des cieux du trône royal » ? D’ailleurs, en général, le silence n’est pas son genre. Alors, chacun est tenté d’avoir sa petite explication perso. Il déteste tout ce qui nous rattache à nos racines, ne voudrait pas froisser les celles et ceux qui ne fêtent pas Noël (suivez mon regard), l’en a déjà fait assez comme ça en levant le couvre-feu ce soir-là. Des pédopsychiatres pourraient même s’essayer aussi à une analyse de la petite enfance du Président : par exemple, un joujou qu’on lui aurait offert alors et qu’il n’aurait pas aimé, lui faisant détester Noël pour toujours. Qui sait, des fois, ça tient à pas grand-chose ? Bref, on se perd en conjectures.

On pourrait aussi avancer une hypothèse technique : panne de Twitter. Depuis qu’on sait qu’un Président peut être malade et avoir la goutte au nez, on ne voit pas pourquoi, ces choses toutes bêtes ne pourraient pas lui arriver à lui aussi. Mais cette piste ne tient pas la route. Nous avons enquêté : le 24 décembre, Emmanuel Macron félicitait Michel Barnier et pour leur rôle déterminant dans l’accord passé avec le Royaume-Uni. Notons que les 25 et 26, Emmanuel Macron a fait relâche, côté Twitter, pour refaire surface en ce dimanche 27 décembre. Visiblement, il a enfin trouvé la lumière. « Je l’ai dit, je le répète : le ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider. » Comme les rois mages en Galilée qui suivaient des yeux l’étoile du berger, pour reprendre la chanson de Sheila ?

27 décembre 2020

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