Un arrêt du Conseil d’État italien en date du 11 décembre dernier a donné satisfaction à nombre de médecins de la péninsule, qui voulaient prescrire la chloroquine comme traitement contre le virus. Cet arrêt les y autorise désormais, précisant que « les doutes qui entourent encore ce traitement ne justifient pas son interdiction, à condition qu’il soit administré sous l’autorité décisionnelle d’un médecin ». L’arrêt précise aussi que ce traitement ne peut être prescrit qu’en phase initiale de la maladie.

Il est donc désormais possible en Italie, particulièrement frappée par la pandémie, d’utiliser un traitement potentiellement efficace pour endiguer le flux impressionnant de malades qui entrent actuellement en réanimation. Une décision qui fait figure de précurseur en Europe, puisque partout, la chloroquine est déconseillée au titre de traitement contre le Covid-19. Pourtant, peu de médias français ont relayé cette information avec la résonance qu’elle mérite.

Oui, mais voilà, l’arrêt du Conseil d’État italien s’appuie sur une étude effectuée « en situation », à travers toute la péninsule. Cette étude démontrerait, chiffres à l’appui, à travers des données observées dans tout le pays, que la prise de chloroquine en phase initiale de la maladie réduirait de 20 à 7 % le taux d’hospitalisation. Par ailleurs, l’étude démontre aussi que ce traitement ne présente pas d’effets secondaires massifs, au-delà de ceux constatés pour n’importe quel autre médicament, qui le rendrait particulièrement dangereux.

D’ailleurs, la chloroquine est indiquée depuis des décennies, même à titre préventif, pour toute personne qui voyage en Afrique, afin d’éviter le paludisme qui tue des millions de gens, chaque année, sur le continent. La chloroquine est le lot quotidien de centaines de millions d’Africains, elle seule a, jusqu’à présent, réussi à endiguer ce fléau particulièrement virulent au sud du Sahara. Il y a, à ce jour, bien moins de du Covid-19 dans toute l’Afrique noire que dans la seule France, pourtant quinze fois moins peuplée. 44 morts au Bénin pour dix millions d’habitants, 1.250 morts au Nigeria pour cent cinquante millions de malades potentiels, 370 morts au Congo RDC, la courbe de la mortalité est plate, alors qu’on prédisait un désastre sanitaire pour un continent mal loti en matière d’équipements de santé. Là encore, aucun média pour relayer l’information, s’interroger sur cette « anomalie », encore moins pour enquêter sur les causes…

Certains diront que c’est la pyramide des âges qui joue en faveur de l’Afrique, bien plus jeune que l’Europe : dans ce cas, cela pourrait avoir un impact d’environ 50 % sur la mortalité, loin de l’écart énorme qui sépare les deux situations. D’autres disent que la mortalité est sous-estimée par un système de quasi absent : c’est mal connaître l’Afrique noire et la propagation orale de l’information qui créerait un effet de panique si un danger pandémique avait été réellement détecté par les populations. Quant au climat, il est quasi identique à celui du Brésil… Et ne parlons pas des modes de vie africains, peu poussés à la distanciation sociale et aux gestes barrières…

Même si rien ne le prouve, faute d’étude en ce sens, l’usage massif de la chloroquine pourrait constituer un barrage sérieux au virus. Pourquoi, donc, personne, parmi les autorités sanitaires françaises, ne creuse un peu plus le sujet, en ces temps de grave danger ? À chacun de se faire sa petite idée sur la question…

27 décembre 2020

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