En 2009, l’ a créé un Partenariat oriental qui a pour objectif de « renforcer l’association politique et l’intégration économique de six pays d’Europe orientale et du Caucase du Sud ». Ce sas de préparation pour une intégration future de nouveaux pays au sein de l’Union européenne comprend l’, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

Le prochain sommet du Partenariat oriental aura lieu début 2021. À la lumière des crises actuelles en Europe de l’Est et au Caucase, on imagine que l’agenda sera chargé. La situation économique et géopolitique de la plupart de ces pays demeure fragile depuis la chute de l’URSS, mais il n’est pas certain que l’Union européenne soit la mieux placée pour leur donner des leçons.

Bruxelles distribue évidemment des fonds aux membres du partenariat, mais on peut se demander si cela est fait à bon escient. Bruxelles a débloqué, par exemple, un milliard d’euros pour lutter contre le coronavirus dans ces pays alors qu’ils ont un taux de mortalité inférieur à la plupart des pays de l’Union européenne. Dans son programme « 20 résultats pour 2020 », l’Union européenne propose à ces pays « l’autonomisation des femmes et l’équilibre entre les hommes et les femmes » ainsi que la « lutte contre le changement climatique ». Ce sont clairement des programmes de réingénierie sociale dont l’objectif est d’aligner ces pays sur une idéologie atlantiste et libérale.

Plus inquiétant, l’Union européenne se targue de vouloir s’immiscer dans les affaires de défense et de sécurité de la zone. Le 19 juin dernier, le Parlement européen a recommandé d’améliorer « la coopération entre l’Union et les pays du Partenariat oriental dans la sécurité et la défense en accordant une attention particulière à la résolution pacifique de conflits régionaux ». On croit rêver. Le soutien de Bruxelles à l’Euromaïdan en Ukraine a déclenché une guerre civile au Donbass et précipité le pays vers la banqueroute. L’ingérence de Bruxelles en Biélorussie constitue une entrave à la charte des Nations unies et fragilise les institutions du pays. Et que dire devant le silence abyssal de Bruxelles devant la guerre dans l’Artsakh ? Où est Bruxelles, en effet, pour venir au secours des Arméniens attaqués par l’armée azerbaïdjanaise soutenue par la Turquie et les djihadistes du Moyen-Orient ?

L’Union européenne va mal et la dernière chose dont les membres du Partenariat oriental ont besoin, c’est de l’ingérence d’une puissance égrotante qui sait mettre de l’huile sur le feu mais qui n’a plus de budget pour payer les pompiers. Si Bruxelles veut aider ces pays, qu’elle commence par respecter leur souveraineté et qu’elle cesse de les considérer comme de futures colonies. Si elle veut la stabilité, qu’elle cesse de fermer les yeux sur l’ingérence turque et américaine dans la région et qu’elle ait le courage d’agir fermement en faveur de la paix. À partir de ce moment-là, seulement, pourra-t-on envisager un véritable partenariat équitable entre les Européens de l’Ouest et de l’Est et leurs voisins du Caucase.

3 octobre 2020

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