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Il est rare de tomber sur un livre qui puisse, dans une certaine mesure, se comparer aux chefs-d’œuvre antitotalitaires que sont La Ferme des animaux, 1984 d’Orwell ou Le Procès de Kafka. C’est ce qui m’est arrivé en ouvrant Un traître mot.

Dans cette dystopie effrayante, mais tellement plausible, Maxence, un jeune universitaire amoureux de la langue française, décide de mettre en place un blog littéraire. Une jeune femme lui téléphone pour lui vendre un abonnement parfaitement inutile, prétend le lui imposer après qu’il a prononcé « Très bien, c’est entendu ». Il proteste, mais la téléconseillère affirme qu’il l’a insultée du fait qu’elle serait Rom. Maxence écope d’une amende. Le lendemain, il est convoqué par la police, car il a commis en outre l’imprudence de citer sur son blog Renaud Camus, non pour ses idées, mais en dissertant sur la qualité littéraire de ce trublion infréquentable. Son cas s’aggrave encore, car il a mal noté une étudiante d’origine africaine, crime effroyable : il n’a pas tenu compte de la discrimination qu’elle a subie, elle et ses ancêtres. Aucun avocat ne souhaite le défendre, il est jugé et prend trois ans ferme. Parallèlement, on apprend qu’un homme d’origine afghane n’est condamné qu’à un an de prison ferme pour le viol d’une mineure de 15 ans. Maxence est incarcéré, il retrouve d’autres malheureux condamnés pour des propos un peu vifs, tout à fait anodins et justifiés par des mésaventures qui leur sont arrivées. Maxence et ses malheureux camarades vont être rééduqués pour devenir des piliers du vivre ensemble.

Est-on si loin de cette dystopie dans le monde réel de juin 2020 ? L’auteur de Harry Potter vient d’être violemment prise à partie pour avoir parlé de femmes avec des règles, remarque qui aurait paru justifiée en 2010, mais qui, en 2020, est un crime au point qu’on parle de vous retirer la paternité de ce que vous avez écrit. De la pure folie, qu’aucun journaliste ne dénonce ! Dans un pays nordique, l’agression sexuelle d’une adolescente par un réfugié (mineur) a été sanctionnée par une cinquantaine d’heures de travaux d’intérêt général. En France, même si elle n’a pas passé le filtre du Conseil constitutionnel, la loi Avia a été votée dans l’enthousiasme par l’Assemblée nationale.

La loi Avia ne prévoyait que la censure des propos et éventuellement des amendes. Dans Un traître mot, la loi liberticide a été poussée jusqu’à ses extrêmes : les infractions sont désormais punies par de lourdes peines de prison, ce qui brise toute contestation, aucun homme politique, aucun journaliste, aucun écrivain ne pouvant plus s’opposer au totalitarisme. Thomas Clavel tend un miroir dans lequel nous pouvons entrevoir la société de 2030, si les Français ne réagissent pas, si personne ne se lève pour dire stop à cette effarante dérive, si on ne dénonce pas les prétendus antiracistes intolérants, les partisans déjantés de toutes les minorités sexuelles pour ce qu’ils sont : des fascistes.

Lisez ce livre qui a des chances de devenir culte et vous ne pourrez plus dire, si le pire arrive : je ne savais pas !

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