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Si son frère Carloman n’était pas mort, Charlemagne aurait-il mérité son surnom ? Si Napoléon était parti plus tôt pour Moscou, l’Europe serait-elle française ? Si les taxis de la Marne étaient tombés en panne, parlerions-nous allemand ? “Avec des si, on mettrait Lutèce dans des amphores”, dirait le Gaulois. Pour farfelues qu’elles sont, ces hypothèses mettent en exergue à quel point l’Histoire ne tient qu’à un fil.

Reynald Secher, Breton du pays de Nantes, raconte, dans un nouveau livre, la vie du “citoyen Valentin Chévetel”, le rouage déterminant dans la Révolution en phagocytant l’Association bretonne du marquis de la Rouërie.

Le Miroir sans retour est un roman historique captivant, analysant la Révolution française à travers les yeux d’un homme qui n’hésite pas à trahir un ami qui l’aime profondément. La Rouërie est un nom oublié, mais héroïque. Ami du général Washington, il participe à la guerre d’indépendance américaine. Une fois revenu en France, il est embastillé par le roi après avoir défendus les droits du Parlement de Bretagne. Plutôt favorable aux nouveautés philosophiques, il se dresse contre la Révolution le jour où celle-ci abolit les privilèges, notamment les privilèges régionaux. Il fonde ainsi l’Association bretonne pour soulever la Bretagne contre la Révolution de Paris et ses abus.

Un Breton pur souche, qui protège une certaine France, subtile harmonie entre les particularismes locaux et nationaux, cultivant l’ambiguïté d’être embastillé par le roi un jour et de se saisir de son épée dans le projet d’aller libérer Louis XVII apprenant la mort de Louis XVI, un autre… Avant de mourir deux jours plus tard, délirant et affaibli.

Une idée qui faisait dire au vieil Hugo, dans la bouche d’un soldat bleu : “C’est tout de même un véritable massacrement pour l’entendement d’un honnête homme, que de voir ces Iroquois de Lachine, le beau-père estropié par le seigneur, le grand-père fait galérien par le curé et le père pendu par le Roi, qui se battent nom d’un p’tit bonhomme, et qui se fichent en révolte, pour le seigneur, le curé et le Roi.”

Reynald Secher revient sur une fascinante période de notre histoire qui hante encore, aujourd’hui, nos concitoyens. Parlons ici, un instant, de Philippe Katerine qui n’hésite pas, dans une chanson pour l’équipe de football des Herbiers, à dresser le parallèle entre le massacre des Vendéens, dans une forme de vengeance symbolique, et le combat sur le terrain contre l’ogre parisien (peut-être en finale).

Tirant ses ordres de Danton, puis de Robespierre ou de Fouquier-Tinville, le citoyen Chévetel est un personnage fascinant, opportuniste et trompeur, jaloux maladif, désirant à tout prix s’approprier ce que les autres possèdent, notamment les biens de son “ami”, le marquis de La Rouërie. Son compère Lalligand n’est pas moins monstrueux, agissant comme un véritable homme de main.

En bref, Le Miroir sans retour démontre magnifiquement que là où se tient le panache prospère autour la jalousie, et que cette bien piètre passion, qui entraîne la trahison, a de nombreuses conséquences sur l’Histoire de France.

Car qui sait ce qui serait advenu si le marquis de La Rouërie et son Association bretonne n’avaient pas rencontré Valentin Chévetel, rejoignant ainsi les soulèvements vendéen, breton, mayennais et normand qui explosèrent à la mort du roi…

Si seulement…

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