Culture - Editoriaux - Livres - Santé - Sciences - Société - 13 juillet 2019

Livre : La Fabrique d’orphelins, de Marie-Hélène Verdier

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En cette période estivale où PMA et GPA rythment peut-être les discussions familiales et amicales, Boulevard Voltaire a lu La Fabrique d’orphelins, de Marie-Hélène Verdier, que nos lecteurs connaissent bien. Cet essai revient sur la sémantique, les fondements, les dérives et les conséquences des prochaines lois sociétales qui vont détruire à petit feu la famille – du moins ce qu’il en reste.

À la place des droits de l’Homme s’instaure le marché de l’Homme. Tel est le message de Marie-Hélène Verdier, agrégée de lettres classiques, qui enseigna au prestigieux lycée Louis-le-Grand. L’auteur, dès le début, parle sans langue de bois des finalités anthropologiques désastreuses de la législation sur la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes. Elle revient, également, sur les failles de la PMA pour les couples hétérosexuels, qui n’est pas sans conséquence sur les enfants. On se souvient du couple Kermalvezen qui, depuis plusieurs années, milite pour que les enfants nés de donneurs anonymes puissent avoir accès à leurs origines.

Marie-Hélène revient sur le scénario « familicide » écrit par les politiques, depuis une vingtaine d’années. En 1999, ce fut la légalisation du PACS pour les couples de même sexe. En 2013, ce fut celle du mariage et de l’adoption pour tous. En 2019, ce sera au tour de la PMA. À quoi doit-on s’attendre, pour les prochaines années ?

À l’aube du transhumanisme et au cœur d’une mondialisation exacerbée, où l’économie prime sur l’humain, la famille devient une cellule fragile. Pourtant, comme l’explique Marie-Hélène Verdier, de réels enjeux se cachent derrière ces combats idéologiques et politiques : celui de la place de l’enfant, de la femme (pour la GPA), de l’homme (pour la PMA). Pour les féministes aguerries qui crient à l’égalité à tout va, que dire aux futurs enfants qui seront victimes d’une inégalité primaire et barbare (puisque choisie et voulue délibérément par l’homme) qui est celle du manque d’un père ou d’une mère ?

Marie-Hélène Verdier, en bon professeur de lettres, accorde une importance à la sémantique utilisée dans les débats. La dialectique entre le nominalisme et l’idéalisme se manifeste dans la rhétorique de certains, qui préfèrent parler des familles (idéalisme) plutôt que d’une famille (nominalisme). Or, si l’on suit bien l’ordre naturel des choses, il n’y a qu’un modèle familial : celui composé, à l’origine, d’un père et d’une mère. Cette dérive langagière et ce novlangue étatique sont au détriment de l’intérêt des enfants à naître.

Comme le rappelle l’auteur, Emmanuel Macron, dans un entretien pour le magazine Têtu, avait apporté son soutien inconditionnel à la cause LGBT. Depuis près de quarante ans, ce lobby monte en puissance en France et ne cesse de taxer d’homophobie tout individu opposé au mariage pour tous et autres.

Marie-Hélène Verdier revient également sur la prochaine étape qu’est la GPA. Elle souligne le paradoxe de l’État français qui, pour l’heure, interdit les mères porteuses mais reconnaît les enfants issus de cette pratique qui est un véritable commerce international.

Cet essai est un parfait mode d’emploi pour bien comprendre les enjeux de civilisation qui se cachent derrière ce qu’il est convenu d’appeler des progrès sociétaux. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », rappelle Marie-Hélène Verdier à la fin de son ouvrage. Pourtant, en 2019, la fabrique d’orphelins est en marche.

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