Discours - Editoriaux - Religion - Supplément - 22 novembre 2017

La libre pensée ou la liberté de penser comme une girouette

La FNLP (Fédération nationale de la libre pensée) semble rencontrer quelques difficultés dans la compréhension du terme de laïcité.

En effet, pour cette association anticléricale traditionnelle, toutes les croix et les crèches sont bonnes à pendre, mais lorsqu’il s’agit de l’islam et de ses déclinaisons, le mécanisme, si bien huilé pour les manifestations de foi catholique, s’enraye soudain.

J’en veux pour preuve son communiqué relatif aux prières de rue se déroulant tous les vendredis à Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, et dont certaines phrases ne laissent pas de m’étonner venant de la part de “laïcards “endurcis” : “C’est la Mairie de Clichy qui porte l’entière responsabilité du conflit par son attitude manifestement contraire à la laïcité. Dans la course à l’échalote identitaire de la Droite après le Front national, la manifestation du 10 novembre 2017 des élus LR, UDI, MoDem, et FN n’est qu’une provocation supplémentaire pour alimenter un conflit qui n’aurait jamais dû exister si Rémi Muzeau avait respecté ses engagements.”

Le maire de la commune n’a fait que reprendre ce qu’il n’avait pas donné aux musulmans de la ville, à savoir un local qu’il leur louait et qu’il a, depuis, destiné à un projet de médiathèque, tout en leur proposant d’autres locaux qu’il refusent.

Mais les récriminations de la FNLP ne s’arrêtent pas là et trahissent son idéologie sous-jacente, notamment quand elle accuse Rémi Muzeau d’avoir “procédé strictement de la même manière avec les locaux des Unions locales des syndicats FO et CGT”.

Soudain, la loi de 1905 ressurgit, cette fois-ci en faveur d’une religion et non plus contre. Voir la statue de Jean-Paul II à Ploërmel, pour laquelle on exhibe immédiatement l’article 28 de la loi en question, faisant interdiction “d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public”.

Mais parlons-en, de la loi de 1905, et souvenons-nous de ce que stipule l’article 35 : “Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile.”

Aussi, quand la FNLP assimile ces prières à de simples « processions religieuses », je m’inscris en faux pour lui rappeler qu’en plus du trouble à l’ordre public qu’elles représentent, des tracts ont été retrouvés qui invitaient à tuer les mécréants et les juifs. Et même si on ignore encore leur provenance, ça s’est déjà vu ailleurs.

Tout ça fleure bon l’extrême gauche, dont la détestation des catholiques et l’amour de l’islam ne sont que des secrets de Polichinelle !

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