Armées - Editoriaux - International - Technologie - 5 septembre 2019

L’espace : la supériorité de certains ou une police consentie par tous ?

Décidément, Trump marche dans les pas de notre Président sur certains sujets stratégiques. Non pas contre les dérives du climat, ce qui aurait plutôt tendance à refroidir leurs relations, mais en matière de défense.

Rappelez-vous l’admiration un rien naïve du président des États-Unis d’Amérique, première puissance militaire mondiale, lors du défilé du 14 Juillet 2017 à Paris où il était invité d’honneur pour la première de notre tout neuf chef d’État – et des armées – Emmanuel Macron.

La parade militaire et sa minutieuse organisation l’avaient impressionné ! Il voulait le même événement grandiose pour la fête nationale de son pays.

Ce fut fait cette année à Washington, le 4 juillet, à l’occasion de l’Independence Day !

Nouvelle pompe transatlantique, avec la défense de l’espace.

Constatant le « véritable enjeu de sécurité nationale, par la conflictualité que suscite l’espace » et souhaitant, en réponse, se doter d’une stratégie spatiale de défense, le Président français a annoncé, le 13 juillet dernier, la création d’un grand commandement, doté d’un budget spécifique, afin « d’assurer notre défense de l’espace et par l’espace », précisant: « Nous renforcerons notre connaissance de la situation spatiale, nous protégerons mieux nos satellites, y compris de manière active. »

Ce nouveau commandement doit voir son installation, ce mois-ci, confiée à l’armée de l’air qui va devenir « armée de l’air et de l’espace ». Une très grande troisième dimension lui est ainsi affectée, avec cette nouvelle mission de maîtrise extra-stratosphérique…

Et que se passe-t-il, le mois dernier, à Washington ? Le 29 août, le président Trump annonce le lancement d’une armée américaine de l’espace ! Résultat d’espionnages méticuleux de la CIA ou regain d’admiration pour la vision à long – et haut – terme de son ancien ami ?

La surenchère étant cependant consubstantielle de la puissance des USA, et plus encore de son président en campagne, la mission dévolue au « Spacecom » sera d’« assurer la supériorité des États-Unis, menacés par d’autres puissances » !

Et d’ajouter ce que pensent tous les stratèges, mais encore mieux, affirmé tel Monsieur de La Palice : « Le meilleur moyen de gagner un conflit, c’est de se préparer à le gagner ! »

Verra-t-on, dans ce siècle, des batailles spatiales avec des satellites tueurs, ou plutôt la recherche anticipée d’une paix circumterrestre sous l’égide de l’ONU, ce machin qui pourrait servir enfin ? Avec des cantonniers de l’espace pour recueillir les millions de débris dispersés depuis les premiers Spoutnik, il y a 62 ans ?

Plutôt qu’une guerre des étoiles, l’écologie pacifique devrait gagner le ciel…

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