Editoriaux - Environnement - International - 7 novembre 2019

Les vilains Américains se retirent de l’accord de Paris sur le climat

Trump l’avait dit avant son élection ; il l’a fait. Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a annoncé, le 4 novembre, sur Twitter, que son pays entamait le processus de sortie de l’accord de Paris sur le climat. Dans son message, il ajoute : « Les États-Unis sont fiers d’être reconnus comme leader des réductions de toutes les émissions, tout en favorisant la résilience, la croissance de notre économie et l’assurance d’approvisionnement en énergie pour nos concitoyens. Notre modèle est réaliste et pragmatique. »

En soutien à cette affirmation, il faut savoir que les émissions de gaz carbonique (CO2) américaines ont diminué d’environ 11 % depuis 2005, alors qu’au niveau mondial, elles continuent de progresser (environ +2 % par an) et que, dans le même temps, le PIB de ce pays a augmenté de 15 %.

Si le traité de Paris est non contraignant légalement, il constitue en fait une contrainte politique pour les États qui l’ont signé, les pays développés s’engageant à réduire leurs émissions de gaz carbonique et à aider financièrement les pays, considérés comme « en développement », à investir dans les énergies renouvelables. Qu’en est-il réellement ?

La Chine et l’Inde, pays situés dans le peloton de tête concernant les émissions de gaz carbonique, sont considérées comme pays en voie de développement. Les présidents Macron et Xi Jinping avaient donc beau jeu d’affirmer, après l’annonce du retrait américain, leur « soutien à l’“irréversible” accord de Paris », cela, d’autant plus que l’année dernière, l’Union européenne s’est engagée à fournir à la Chine plusieurs millions de dollars pour l’aider à maîtriser ses émissions.

Si la Chine continue d’investir dans les énergies renouvelables avec l’argent de nos impôts, cela ne l’a pas empêchée d’annoncer, récemment, qu’elle va diminuer ses dépenses « écologiques », faute d’une croissance suffisante pour les financer. Dans les faits, elle va réduire de 45 à 60 % ses aides à l’achat de véhicules électriques, elle les supprime complètement pour ceux qui ont une autonomie inférieure à 250 kilomètres et, bien pire, l’Administration de l’énergie chinoise a accepté un plan d’augmentation de 600 % de sa capacité de production de charbon, la portant à 141 millions de tonnes en 2020, alors qu’elle n’était « que » de 25 millions en 2018, selon le magazine The Epoch Times du 21 octobre dernier. On sait également qu’elle envisage de construire 200 nouveaux aéroports d’ici 2035, qu’elle continue de construire des centrales à charbon pour augmenter sa production d’électricité de 259 gigawatts et qu’elle va doubler sa production de gaz de schiste d’ici 2020.

L’Inde, quant à elle, réduit de deux tiers ses investissements dans le nucléaire au profit du charbon, l’Indonésie relance son industrie du charbon pour répondre à la demande de la Chine, et le Pakistan augmente son parc de centrales au charbon avec l’aide de prêts chinois, selon le très sérieux Financial Times !

Maintenant, vous comprenez mieux pourquoi les vilains Américains se sont retirés de l’accord de Paris sur le climat et pourquoi les gentils Chinois ne veulent surtout pas en sortir. Contre toutes les apparences et ce qu’en diront les médias français, voilà donc où conduit cet accord qui était, je vous le rappelle, « le grand succès » du quinquennat Hollande !

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