Les gilets jaunes : moins de mondialisme et plus de réalisme

Quand les Français ont répondu non au référendum sur l’Europe, que le pouvoir n’a pas tenu compte de ce scrutin et s’est tourné vers l’Assemblée nationale où les élus du peuple ont voté contre l’avis du peuple, c’est là, dans cette sorte de trahison, que s’est engagée la défiance des Français à l’égard de leurs élites politiques. Défiance que l’on a constatée avec la baisse de participation aux élections et qui se cristallise, maintenant, avec les gilets jaunes et leurs revendications qui n’ont rien de disparate – contrairement à ce que disent certains – mais dont on peut faire la synthèse en disant qu’elles se résument à moins de mondialisme et plus de réalisme. Ce qui, par la même occasion, montre l’erreur de nos dirigeants, trop enclins à suivre des think tanks comme Terra Nova, qui conseillait déjà à François Hollande d’aller vers la mondialisation à marche forcée, en négligeant les classes moyennes et populaires au profit des minorités visibles (immigrés, homosexuels, féministes…), politique qu’a continuée Macron avec le résultat que l’on voit.

Par ailleurs, par-delà la façon dont les médias audiovisuels traitent le sujet – contrairement à Mai 68, où ils ne montraient que complaisance à l’égard d’une révolte bien moins justifiée -, on peut voir dans ce mouvement quelques similitudes avec les troubles politiques et sociaux de 1905 en Russie, généralement qualifiés de révolution manquée, mais que Lénine considérait comme la répétition générale de 1917… Ainsi, l’expérience historique nous montrant que, pour être fructueuse, l’action d’un peuple qui descend dans la rue doit être encadrée par un leader habile et déterminé, voire charismatique, il ne serait pas étonnant que les gilets jaunes n’aboutissent à rien… pour l’instant. Mais, si l’on reprend la comparaison avec la Russie, on peut prévoir à terme l’émergence d’un leader remarquable qui prenne la tête du mouvement, et là, tout peut devenir possible…

Enfin, il semble clair que les “minorités visibles” sont pratiquement absentes des “gilets jaunes”, comme s’il s’agissait d’un sursaut de ceux que certains appellent, “les petits Blancs”, qui tirent le diable par la queue dans l’indifférence des élites. Petits Blancs que l’Europe veut faire disparaître en les faisant submerger par la “diversité” africaine, porteuse d’islam.

Quant au remède immédiat pour sortir de la crise où nous sommes, de Gaulle l’a appliqué en 1968 en procédant à la dissolution de l’Assemblée nationale, solution qui, actuellement, mènerait à la cohabitation et au partage du pouvoir, option inacceptable pour Macron qui veut décider de tout… D’où sa façon de manœuvrer comme s’il s’agissait d’une grève que l’on peut laisser pourrir (les grévistes ne pouvant, financièrement, pas tenir indéfiniment), ce qui n’est pas le cas des gilets jaunes qui, eux, peuvent tenir autant qu’ils le voudront.

Bref, s’il est une chose que l’on peut déjà prévoir, c’est qu’on n’est pas sorti de l’auberge.