Le port du voile par certaines accompagnatrices scolaires demeure un sujet sensible qui suscite de nombreuses prises de position contradictoires et provoque, au fil du temps, des polémiques publiques récurrentes.

Même si le trouble à l’ordre public est parfois manifeste, il n’en demeure pas moins vrai que le principe de liberté, selon la hiérarchie des normes juridiques, est considéré par le Conseil d’État comme étant supérieur à toute circulaire administrative. Mais force est de constater que le principe de neutralité religieuse s’applique difficilement dans les missions annexes des services publics.

Si le port du foulard islamique n’est pas souhaitable lors des sorties scolaires, lesquelles s’effectuent sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale, en revanche, demander aux proviseurs et aux enseignants de la sphère publique de mesurer tout acte de prosélytisme est foncièrement irresponsable de la part de l’État. Car sur quels critères objectifs les proviseurs et les enseignants peuvent-ils valablement établir la valeur prosélyte d’une accompagnatrice scolaire ?

Par ailleurs, il est de notoriété publique – évoque lui-même des « exemples problématiques » – que lors des cours de SVT ou d’histoire, de nombreux professeurs de l’enseignement public se trouvent confrontés à des affirmations soulevées par certains élèves car l’enseignement dispensé ne serait pas conforme à leurs convictions religieuses ; il en est de même pour l’éducation physique où certaines élèves sont dispensées de piscine de la 6e jusqu’à la terminale ! Que faire et que fait l’institution devant ces situations sinon… se voiler pudiquement la face ? Ne pas faire de vagues ni de remous, voilà donc le principe majeur qui anime le ministère de l’Éducation nationale !

Depuis plusieurs années, Mohamed Sifaoui, journaliste et écrivain, nous interpelle sur la progression insidieuse de l’islam politique au sein de la société française, mais son argumentaire magistral ne convainc guère. En revanche, le même argumentaire avancé différemment par Éric Zemmour provoque inéluctablement une cascade de protestations et d’indignations. Que faut-il donc en déduire ?

Le voile voulu comme signe distinctif des musulmanes est-il un simple marqueur identitaire et culturel ? Est-il l’expression d’une tenue vestimentaire pudique par opposition à la femme occidentale ? S’agit-il d’un conditionnement psychologique et religieux ?

Que dit le Coran à ce sujet ? La sourate 24, verset 31, incite les femmes musulmanes à porter une tenue vestimentaire pudique : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris… »

Qu’ajouter de plus, sinon que le rôle d’un président de la République est d’être à la fois l’arbitre suprême et le garant de notre Constitution et qu’à ce titre, il ne peut se contenter de fredonner, au sujet du foulard islamique : « Tout va très bien, Madame la Marquise ! » et puis se voiler la face comme si de rien n’était.

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