Editoriaux - International - 28 octobre 2018

Le parti pris des médias concernant l’affaire des colis piégés

Plusieurs personnalités ont reçu des colis piégés à leur domicile. Les plus connus sont Barack Obama, Hillary Clinton, George Soros et Robert De Niro. Les explosifs, de fabrication artisanale, n’ont pas fonctionné. Il n’y a donc aucun blessé ou mort. Le FBI a rapidement arrêté, en Floride, un suspect : il s’agit de Cesar Sayoc, qui est poursuivi pour cinq chefs d’accusation. Il risque jusqu’à 48 ans de détention.

Cet individu de 56 ans a collé sur sa camionnette des affiches à la gloire de Donald Trump et d’autres ciblant certains démocrates. Il a mis sur Internet des photos dans lesquelles il apparaît à un meeting de Donald Trump. Les démocrates affirment que les discours de Trump sont à l’origine des colis piégés tandis que Donald Trump répond que les mensonges des médias sont la cause de cette violence. Il a, notamment, écrit dans un tweet : “C’est devenu si mauvais et hargneux que c’est au-delà de toute description. Les médias traditionnels doivent mettre de l’ordre dans leurs affaires, VITE !”

Le traitement de cette affaire par les médias dominants aux États-Unis et en France fait ressortir un biais idéologique. Contrairement à d’autres affaires, les médias ne cherchent pas à trouver des excuses à Cesar Sayoc. L’enfance malheureuse n’est plus une excuse (le suspect aurait été abandonné par son père). Le suspect n’est pas présenté comme un déséquilibré. Il ne s’est pas radicalisé suite à ses démêlés avec la police et la justice alors que Cesar Sayoc a un casier judiciaire. Les journalistes français et américains des grands médias ne trouvent pas que les agissements du suspect sont une déviation de la pensée de Donald Trump mais laissent plutôt entendre qu’ils sont la conséquence directe de son discours. Alors que, dans le cas d’attentats islamistes, la propagande nous expliquera que l’islamisme est une perversion de l’islam, une interprétation dévoyée.

Les médias dominants sont impitoyables pour cet homme. Certains affirment, d’emblée, que le suspect est raciste, homophobe et antisémite. Cette posture trahit les préjugés des journalistes. Ils préfèrent enfoncer un homme présumé innocent pour promouvoir leurs préférences politiques. Il est évident que ce genre d’affaire peut favoriser les candidats démocrates lors des élections de mi-mandat prévues le 6 novembre. Les intérêts électoraux des libéraux passent avant la déontologie !

La terrible tuerie que viennent de subir les États-Unis dans une synagogue à Pittsburgh va, sans doute, être l’occasion pour la presse de se dépasser. Déjà, certains commentateurs expliquent que Trump hystérise le débat. Un peu de sa faute, donc…

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