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Editoriaux - Politique - 23 mai 2020

Le jour d’après… il faudra voter !

Cette fois, c’est décidé : nous voterons pour le deuxième tour des élections municipales le 28 juin prochain. Cette décision a au moins le mérite d’être diligente et ferme ! C’est assez inédit dans le contexte post-crise sanitaire pour être souligné.

Enfin, ce n’est tout de même pas certain, parce qu’en même temps, il se pourrait bien que ce ne soit qu’en janvier 2021, situation qui, dès lors, serait assez inédite.

Pas par le rallongement d’un an du mandat des édiles locaux (ça, on a déjà connu par le passé), mais parce que 2021 deviendrait ainsi l’année électorale par excellence. Imaginez un peu, elle regrouperait trois rendez-vous électoraux importants, sinon majeurs : les municipales, donc, se rajoutant aux départementales et aussi aux régionales déjà programmées.

Voter, on ne ferait plus que cela.

Mais supposons, un instant, que la situation politique se trouve chamboulée par un état économique et social déstabilisé. Il se pourrait bien, dès lors, que la mandature législative se trouve également écourtée. Cela pourrait nous proposer un quatrième rendez-vous dans l’année avec la nécessité de choisir de nouveaux députés.

Situation ubuesque mais pas du tout impossible. Mais n’anticipons pas…

Si l’on s’en tient au premier scénario envisageable, les candidats des 14 % de communes françaises concernées (puisque 86 % représentant un petit tiers d’électeurs ont été pourvues au 1er tour, le 15 mars dernier) devront se présenter au suffrage des électeurs sans faire campagne. Voilà un autre cas de figure assez original.

Serait-ce légal ? Si cela ne l’était pas, faisons confiance à notre gouvernement, agissant dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, pour trouver une parade qui soit propice à ce déroulé. À autocrate radical point de limite.

Serait-ce pertinent ? Pour certains, cela est moins évident.

On estime que la campagne électorale est un espace qui permet aux uns, les électeurs, d’entendre l’offre politique que les autres, les candidats et leur parti, ont à leur fournir, pour que la gestion des communes soit assurée au mieux de l’intérêts des uns, les citoyens-votants, et de la sérénité des autres, les élus.

Oui, bien sûr ! Mais ça, c’était le jour d’avant ! Et, on le sait tous désormais, le jour d’après ne sera pas comme le jour d’avant.

Alors, on doit faire avec ce que cette crise nous a appris sur nos actuels dirigeants. Ce sera une part du chemin. On a pu constater le niveau de sincérité politique des acteurs. On a pu apprécier la célérité des décisions prises. On a pu observer l’intégrité des décideurs. Tout cela est de nature à se déterminer, me semble-t-il !

On aura accompli la moitié du chemin dans le choix que nous aurons à faire, non en agréant mais en éliminant ceux dont nous pensons qu’ils appartiennent au clan des menteurs, des indécis ou de ceux qui se vautrent dans des conflits d’intérêts abjects, ceux aussi dont l’incompétence et l’immaturité est revendiquée.

Certains préconisent, depuis longtemps, l’impérieuse nécessité d’une souveraineté économique et politique qui fait défaut et que d’aucuns, qui la vilipendaient naguère, vantent aujourd’hui avec plus ou moins de sincérité.

Bref, il me semble que l’on pourrait se passer d’une campagne électorale que la réalité des comportements aura avantageusement remplacée pour permettre à tous les Français de choisir en connaissance de cause.

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