Editoriaux - International - Religion - 13 novembre 2019

Le féminisme hors la loi en Arabie saoudite : un casse-tête pour la gauche

Mauvaise nouvelle pour les féministes qui défilaient, dimanche, contre l’islamophobie : l’Arabie saoudite vient de classer leur combat dans la catégorie « extrémisme », selon Courrier international de ce 13 novembre. Coups de fouet et prison pour les contrevenantes. La routine.

Quelques dévergondées étaient déjà incarcérées mais les points n’avaient pas encore été posés sur les « i ». Dans le cadre astucieux de la lutte contre l’extrémisme, le féminisme vient ainsi se placer aux côtés d’autres pratiques dangereuses pour la sécurité du pays telles que l’homosexualité, l’athéisme et le radicalisme islamiste, ce dernier point venant indiquer que l’Arabie saoudite considère pratiquer un islam « normal ». Voire modéré. Les coups de fouet ne sont donnés que pour remettre sur le droit chemin. Celui qui mène de la gare du Nord à la place de la Nation. Toutes derrière le gars Mélenchon et ses féministes en lutte contre ceux qui auraient l’impudence de douter des vertus de l’islam. Les Saoudiennes qui persisteraient dans l’islamophobie auront à faire à Caroline De Haas ! Les homosexuels égyptiens persécutés seront recadrés par le communiste Ian Brossat. Pas d’islamophobes ici !

La prochaine manif anti-islamophobie s’annonce des plus complexes pour la plupart des participants. Des banderoles double face sont à l’étude. D’un côté la thèse, de l’autre l’antithèse. Juste en dessous, Caroline De Haas, les yeux hagards, les cheveux en bataille. L’Einstein de la manif aux prises avec la théorie de la relativité musulmane. Des nuits de recherche, des slogans maintes fois effacés puis réécrits. Des équations insolubles. Aux côtés des Saoudiennes victimes d’un islam affirmé comme « normal » ou en lutte contre un courant d’opinion qui serait assez réservé quant aux bienfaits de cette religion ?

Une alternative s’offre à la clique Bisounours : débuter la journée d’action gare du Nord avec Les Insoumis puis bifurquer avenue de la République pour rejoindre quelques Femen révoltées par l’oppression de la femme dans les pays du Maghreb, changer de cortège à Châtelet pour marcher avec les anti-homophobes, puis finir en beauté place de la Nation derrière Mélenchon qui ne se sera aperçu de rien. Ni vu, ni connu. L’omniprésence idéologique impose d’occuper tous les terrains.

Des féministes en total désaccord avec eux-mêmes pourraient enflammer les débats médiatiques. Économie de moyens. Une seule invitée complètement remontée contre son action du dimanche précédent. Un homosexuel islamophobe un jour sur deux invité à parler du dédoublement de sa personnalité sur le divan de Marc-Olivier Fogiel. « Je ne sais pas ce qui m’arrive, docteur, chaque jour, je ne suis pas d’accord avec ce que je pensais la veille. » À ce stade, ce n’est plus de la politique, c’est un divertissement.

Dernière minute : devant le tollé provoqué en Occident, les autorités saoudiennes démentent cette affirmation, mais le sujet reste au cœur des préoccupations de nombreuses organisations. À suivre…

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