Laurent Wauquiez plante un couteau dans le dos de Bruno Retailleau
Son effacement, ces dernières semaines, était suspect. Laurent Wauquiez, qui avait pris soin de briller par son absence au grand meeting de campagne de Bruno Retailleau au Parc floral, il y a dix jours, fait sensation en annonçant désormais clairement la couleur : Édouard Philippe est l’homme qui peut « redresser la France ». Laurent Wauquiez n’est pas à un retournement de veste près. Le député LR saborde l’embarcation Retailleau avec le cynisme propre aux élus sans vergogne.
« Notre responsabilité est historique : les Français doivent avoir le choix d’une offre de droite et nous devons être en mesure de disqualifier Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour pour éviter un duel mortifère. » Au Figaro, ce 1er juillet, le chef de file des députés LR explique « prendre son bâton de pèlerin » afin de fédérer « ceux qui souhaitent un candidat unique de la droite, avec une vraie vision pour le pays ». Et si ce candidat devait être l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron ? « Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France. » Parallèlement, Laurent Wauquiez savonne proprement la planche de Bruno Retailleau : « La réalité, c’est que le candidat LR est en dessous de 10 %. » Une considération qui commande tout le reste. « Le risque est le suivant, poursuit Laurent Wauquiez, si tout le monde maintient sa candidature, notre seule contribution aura été d’éliminer un candidat de droite et d’avoir permis la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour. Jamais de la vie je ne participerai à cela. »
Et je retourne ma veste
Voilà qui est dit. À circonstances exceptionnelles, convictions exceptionnelles. Car il n’en a pas toujours été ainsi. Il y a un an, lorsqu’il était en pleine campagne pour la présidence des Républicains, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur disait tout le mal qu’il pensait du macronisme, incarné par le maire du Havre, l’emblématique Premier ministre qui eu à gérer la crise du Covid-19.
Evoquant « les bruits » faisant état d’un possible rapprochement entre la droite et le président d’Horizons, Laurent Wauquiez était alors très clair : « Avec moi, il n’y aura jamais d’alliance avec Édouard Philippe. »
Il développait même sa position avec une farouche résolution : « Édouard Philippe aux élections législatives a appelé à voter pour le Parti communiste, c’est lui qui a fait les 80 km/heure, qui a fermé Fessenheim, qui a capitulé à Notre-Dame des Landes. » L’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes martelait alors ne pas vouloir du « macronisme sans Macron ». Le député de Haute-Loire, en campagne pour la présidence des Républicains, n’avait pas de mots assez durs contre la Macronie car son adversaire Bruno Retailleau était alors ministre de l’Intérieur. « Participer, c’est cautionner », disait celui qui s’opposait à ce que des LR intègrent un gouvernement macroniste.
« M. Wauquiez est un retailliste pressé »
Au sein de LR, beaucoup se lamentent d’un tel revirement qui ne fait pas honneur à la politique. « Se rassembler, d’accord. Mais pour quoi faire ? Continuer le macronisme avec Édouard Philippe ?, s’interroge le sénateur Max Brisson. Participer au syndicat des sortants, à la coalition de ceux qui s’accrochent au pouvoir ? [...] Les Français de droite ne veulent pas un rassemblement de circonstance, ils veulent un cap ! », estime l’élu des Pyrénées-Atlantiques. « C’est beau, la constance des convictions, raille l’eurodéputée Céline Imart. C’est beau, la volonté de rassemblement qui s’assoit sur le vote de sa propre famille politique. »
Au RN et à l’UDR, on se frotte les mains. Les contradictions d’un Laurent Wauquiez sont le signe d’une famille politique qui n’a de droite que le nom et qui depuis, quarante ans, mène la France dans le mur. « M. Wauquiez est un retailliste pressé : il se donne dès maintenant à Édouard Philippe. M. Retailleau attendra, lui, l’automne pour le faire et conforter sa place au sein de la Macronie. » Par ces mots, Jordan Bardella s’attaque à la crédibilité des Républicains, toujours très à droite en campagne, mais gangrenés par les revirements successifs de leurs ténors. « L’Histoire nous donne définitivement raison, assène, quant à lui, Éric Ciotti. Face aux trahisons de leurs dirigeants, j’appelle parlementaires, élus et militants LR à rejoindre l’UDR pour préparer la seule alternance à droite dans l’union. »
Une séquence qui intervient quelques jours après que la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, annonce le ralliement des élus macronistes à sa majorité.
Entre rupture avec le macronisme et grande alliance de la droite et du centre, les Républicains sont parfaitement divisés. Laurent Wauquiez, lui, savoure son croche-pied. Regarder Bruno Retailleau trébucher, cela n’a pas de prix.
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158 commentaires
Qu il retourne à sa région !
Un LR trahit toujours un autre LR ce n’est pas nouveau, ils se foutent du pays la gamelle et les privilèges avant tout.
Il y a un an il disait le contraire! Comment avoir confiance en ce personnage qui vend son honneur pour un plat de lentilles! Avec cette attitude les électeurs vont encore aller à la pêche le jour des élections. Merci à ce Monsieur qui ne sait pas de quel côté sa balance va pencher et revenir sur ses dires pour une place bien au chaud.
Le macronisme est en etat de mort cérébrale. Et pourtant les LR qui n’ont de droite que leur positionnement a l’assemblée continuent à soutenir ceux qui ont contribué à couler définitivement la France. En plus ils nous expliquent comment ils vont nous sortir de ces sables mouvants. Aucune crédibilité.
Dire que ce type voulait être président… Retailleau doit exclure les personnes qui parlent de l’union de la droite et du centre c’est la seule façon pour lui de rompre avec l’image de la droite molle , insincère…. Mais il ne le fait pas , pourquoi ?
Wauquiez ne supporte pas la frustration, il fait un caprice de gamin en se reniant par rapport a ses paroles de l’année dernière : çà prétend gouverner ?
Avec une vilaine affaire en cours (notes de frais), il se dit qu’il vaut mieux être du bon coté du manche.
Dire que tous ces gens se revendiquent du Général : c’est pitoyable !
Ces centristes déguisés en personnalités de droite ne trompent personne! Les dés sont déjà lancés pour eux.
Dire que ce type voulait être président… Retailleau doit exclure les personnes qui parlent de l’union de la droite et du genre c’est la seule façon pour lui de rompre avec l’image de la droite molle , insincère…. Mais il ne le fait pas , pourquoi ?
Wauquiez, le nouveau Bayrou, ès qualités de Judas !
Egal à lui-même
Qu’est-Ce que l’intelligence sans convictions ? Un naufrage..
il n’a pas supporté de ne faire que 25% face à Retailleau , maintenant il affirme sa vengeance en endossant le costume du traitre … c’est pathétique !
La pseudo droite L.R. est morte , De profundis .
Je n’en dors plus !…
Après ce croche-pied, viendra le moment où il se bouchera le nez quand il faudra faire le choix entre Mélenchon et Bardella et/ou Le Pen. Car il embarquera dans sa débâcle traîtresse le bateau LR et celui de l’UDR. A moins que Ciotti ne réussisse son pari qui est celui de rassembler toutes les droites. Pari cependant difficile tant on voit que les médias se mettent à la propagande anti RN en s’attaquant maintenant à Bardella. La France attendra…