Editoriaux - Société - 13 mars 2019

L’art d’être macho… sans être sexiste !

Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu, vu ou pu lire la semaine dernière ; tous médias confondus, il n’y en avait que pour elles, toutes ces militantes du combat féministe qui faisaient la une de l’actualité, occupaient le devant de la scène dans un monde où le féminisme redevenu à la mode se conjuguait à toutes les sauces, de Sapho à Simone de Beauvoir. Un monde où être “queer” ou ne pas être “transgenre”, “that was the question”, entre “différentialistes”, “féministes libertaires” ou “libertariennes”, “constructionnistes”, à se demander si “la femme était bien l’avenir de l’homme », comme le chantait si bien Jean Ferrat”… “Plus les années passent, plus cette Journée internationale des droits des femmes devient grotesque !” écrivait, ces jours-ci, à juste titre, Sabine de Villeroché sur Boulevard Voltaire, pointant du doigt « l’incongruité du combat féministe ».

Et il m’est revenu en mémoire ces quelques lignes, écrites il y a belle lurette déjà, appelant, a contrario, les mâles que nous sommes à l’être encore davantage pour le plus grand bonheur de ces dames que l’Alsacien Cookie Dingler n’avait pas encore libérées :« Soyez terriblement phallocrates, nous conjurait-elle, pauvres femelles au sexe triste et décolonisé, vos complexes lugubres ne m’inspirent nulle pitié. Enlaidissez et vieillissez dans vos remords et vos littératures. » Publié dans la revue Eléments fondée par Alain de Benoist, ce texte sous la plume d’une femme stigmatisant les excès du féminisme naissant n’a pas vieilli d’une ride et reste singulièrement réconfortant pour les affreux machos que nous sommes…

En réalité, et contrairement à tout ce que l’on a distillé à l’occasion de la Journée de la femme, elles seraient de plus en plus nombreuses à admettre notre côté “macho”, comme l’avait concédé, fort de ses deux millions d’exemplaires, l’hebdomadaire Femme actuelle dans un dossier récent où Corinne, célibataire de 42 ans, se considérant par ailleurs comme « libre et libérée », l’admettait volontiers : “Dans la relation amoureuse, j’ai besoin de virilité, de me sentir rassurée par la puissance d’un homme. Et je suis loin d’être la seule ! L’homme idéal est un brin macho, sans être sexiste.” Et si le macho semblait condamné à disparaître, voué aux gémonies féministes, il reprendrait volontiers du poil de la bête – toujours si l’on en croit Femme actuelle -, d’autant que la compagne d’un homme macho ne serait pas nécessairement une femme soumise. Et, par les temps qui courent, cette ligne de conduite pour les machos que nous sommes ferait même de ces affreux jojos – qui l’eût cru – de véritables rebelles !

J’entends déjà les cris d’orfraie que pousseront, ici ou là, les gynocrates de tous bords (antonyme de phallocrates) pour dénoncer la domination sociale, culturelle et symbolique de l’homme alors qu’en réalité, les femmes occidentales – dans cet environnement où le renversement du patriarcat semble devenu prioritaire – ne savent plus guère comment se positionner dans leur rapport aux hommes : dominantes ou dominées, soumises ou castratrices ?

Mais il est vrai, comme l’avait si bien dit un jour Jacques Brel, que « les hommes ne disent que des bêtises quand ils parlent des femmes. Par contre, les femmes ne disent pas toujours des sottises quand elles parlent des hommes. »

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