Economie - Editoriaux - 7 juillet 2019

L’argent de Raymond Barre en Suisse : et le principe de précaution, on en fait quoi ?

Après Cahuzac et Balkany, voici que feu Raymond Barre lui-même se retrouve cloué au pilori de la fraude fiscale, stigmatisé prioritairement par ceux qui, sans doute, ne répugnent ni aux arrêts maladie de complaisance, ni à « poser » entre collègues en début de mois leurs jours d’« enfant malade », même quand ils n’ont pas d’enfant (pression vécue par un proche dans une agence d’État).

Qu’un ministre du Budget et un Premier ministre (agrégé de sciences économiques, de surcroît) aient eu recours à cette pratique, c’est peut-être qu’ils étaient les mieux placés pour savoir que, dès que l’Assemblée nationale entre en session, plus aucun de nos biens n’est en sécurité…

Or, l’argent, c’est de la liberté imprimée, et liberté est le premier mot de notre devise nationale. Alors, au nom de quel principe un argent honnêtement gagné et qui a payé l’impôt ne pourrait-il échapper, par la discrétion, à une rapacité ultérieure votée dans la panique par une majorité de politiciens de rencontre ?

À l’approche de la prochaine crise financière, une saine gestion de père (ou mère : Schiappa veille !) de famille n’impose-t-elle pas de prendre des précautions, précaution dont le principe figure dans notre Constitution ? On m’objectera que, décidée un des rares jours où Chirac avait décidé de travailler, cette inscription ne concerne que la santé ou l’environnement. Mais, comme dit Wikipédia, « la crise économique a aussi reposé la question de la précaution dans la gouvernance de l’économie, des bourses et des banques ». Si c’est vrai pour les États, pourquoi ne le serait-ce pas pour les chefs de famille ?

Avec la disparition des espèces (quand avez-vous vu votre dernier billet de 100 euros ?), l’enjeu des temps à venir ne sera pas de gagner de l’argent mais surtout de ne pas perdre celui qui est à la banque. Et qui est réellement « à » la banque, parce que ce qu’il vous reste n’est qu’une reconnaissance de dettes. En cas de défaillance de l’établissement (qu’on nous annonce toujours plus imminente), rassurez-vous, les hommes de l’État ont prévu, depuis 2009, un « Fonds de garantie des dépôts et de résolution » (FGDR). Qui a en caisse la même proportion de « principe actif » qu’un granule homéopathique, soit de quoi « soigner » quelques dizaines de milliers d’épargnants sur des dizaines de millions… Alors, bonne chance !

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