L’agence Fitch maintient la note A+ de la France : ne nous réjouissons pas trop vite…
L'agence Fitch a donc maintenu, ce vendredi 28 août, au niveau A+ la notation (le rating) de la France avec une perspective stable. Avec quelles conséquences ? Et pourquoi les gouvernements sont-ils si attentifs au rating et au rendement de leurs emprunts obligataires ? Pour mieux appréhender les périls encourus, revenons un instant sur le fonctionnement du marché de la dette.
Des marchés très rationnels
Dans le domaine des créances obligataires, il existe peu de place pour le romantisme ou les spéculations. Les deux segments sont mécaniquement liés : le marché primaire (titres à l'émission) entraîne le marché secondaire (marché de l’occasion des obligations déjà émises). En fait, si le marché primaire exige aujourd'hui un rendement de 4 %, personne sur le marché secondaire ne voudra plus des emprunts anciens rapportant 3 % ; ils seront bradés… jusqu'à ce que leur cours baisse et que, de ce fait, leur rendement remonte à 4 %.
On comprend mieux, dans ces conditions, la tactique de l'administration Trump : elle donne l'ordre au Trésor d'acheter des emprunts fédéraux afin de raréfier l'offre de titres en circulation, ce qui fait monter leur cours et, par conséquent, baisser leur taux de rendement. Cet interventionnisme bien peu conventionnel a pour seule finalité de maintenir le climat des affaires, quitte à encourager une inflation de 3,5 % par an ; ce qui va à l’encontre de la volonté de la Réserve fédérale. Mais concernant les effets à long terme de cette mesure, les investisseurs ne s'y trompent pas : le taux des « T-Bonds » à 30 ans est monté à 5,22 %.
Pourquoi, alors, cette hausse des taux ?
Elle s'explique par la conjonction de quatre facteurs.
Tout d'abord, l'inflation anticipée. Si je prévois pour le long terme une hausse des prix de 10 % par an, il ne faut pas compter sur moi pour souscrire de bonne grâce à un emprunt qui ne rapporterait qu'un intérêt annuel de 5 %. Cette explication n'est cependant pas suffisante, car les conflits au Moyen-Orient, même s'ils ont renchéri certains coûts, n'ont pas encore eu l'impact qu'on pouvait craindre.
Ensuite, pour les emprunts publics, un risque accru de défaillance. En théorie, du moins, les emprunteurs souverains garantissent leurs dettes publiques. Mais, en cas de déficits budgétaires successifs et de gonflement de leur dette extérieure, les États peuvent connaître une insolvabilité temporaire suivie d'un plan de redressement dévastateur. Les États-Unis pourraient y perdre le statut du dollar en tant que monnaie de réserve, du fait des déficits budgétaires abyssaux ayant abouti à une dette de 34.200 milliards d’euros, soit 123 % de son PIB.
Troisième facteur, plus récemment apparu : les besoins des emprunteurs privés. En effet, en plus des dettes souveraines, le marché primaire des obligations est ouvert aux grandes firmes, lesquelles ont besoin de capitaux permanents pour financer des investissements lourds et novateurs, tels que l'IA. Ces émetteurs entrent en concurrence avec les États pour solliciter une épargne qui n'est pas indéfiniment extensible, ce qui fait monter les taux d’intérêt.
Enfin, le vieillissement de la population mondiale déséquilibre le budget social de toutes les économies développées.
Macron, cancre de la zone euro
En fait, Fitch considère que le rang de la France au niveau mondial est stable. Les marchés financiers s’inquiètent beaucoup plus du risque systémique croissant que courent les États-Unis ou la Grande-Bretagne : envolée des taux d’intérêt, déficit budgétaire hors de contrôle et gonflement pharaonique de la dette publique.
Nos gouvernants n'en sont pas moins des cancres au sein de la zone euro. L’État est incapable de ramener notre déficit public en dessous de 5 % du PIB, et le retour à la norme européenne des 3 % va devenir l'objectif du quinquennat à venir. D'ailleurs, aucune écurie présidentielle n'ose annoncer une diminution du stock de notre dette publique avant 2030.
Dernier clou sur le cercueil : dans sa note, l'agence Fitch livre ses prévisions du déficit budgétaire français : 5,2 % du PIB en 2026, 5,5 % en 2027 et 5,2 %, encore, en 2028. En clair, la charge de la dette étranglera longtemps, encore, nos finances publiques.
Notre décrépitude financière se traduit dans le taux relativement élevé exigé sur l'OAT* française à 10 ans, qui se fixe à 4,1 %, alors que le Bund allemand est à 3,3 %, soit un écart significatif (spread) de 0,8 % pour des titres émis à la même échéance et dans la même monnaie. Plus cruel, encore : le marché est désormais moins exigeant pour les emprunts publics émis par la Grèce et l'Italie, des pays qui ont opté pour une certaine rigueur budgétaire.
Bref, il serait difficile de considérer la note de Fitch comme une bonne nouvelle.
* OAT : une obligation assimilable du Trésor est un titre de créance émis par l’État français pour lever des fonds nécessaires à son fonctionnement.
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29 commentaires
Ne jamais oublier que notre petit ersatz de Mozart a été fabriqué et propulsé à la tête de la France par les grands banques d’affaires.
Le Professeur Sulzer a très bien expliqué les mécanismes qui permettent à ceux qui sont corrélés aux taux d’intérêts et au montant de notre dette, de générer de super profits.
Donc, malheureusement pour nous et pour l’équipe qui remplacera les guignols actuels, cette politique du pire est délibérée.
Bizarre vous avez dit bizarre, quand nous sommes à deux doigts d’être placés sous tutelle
A +…Une façon « djeun » de dire « à bientôt » ?
Fitch n’est pas folle: contrairement à la Grèce la France et Bercy sont en capacité de nous en prendre encore plus, de quoi rassurer les créanciers.
Qui finance Fitch pour ses études ? Forcément, la notation va dans le sens de ce qui les arrange (comme pour les sondages).
vous avez entièrement raison quel illuminé peut encore croire à ces balivernes : plus par moins n’égale jamais plus !
Encore un instant je vous prie Monsieur le Bourreau
Faut il se fier à cette notation ?
OUI car c’est l’éparge des Français qui a été mis sur la table en face de la Dette.
Les Americains vont organiser une fin de quinquennat sans tâche pour leur poulain et la suite de sa brillante carrière. Par contre, son successeur va ramasser tous les problèmes qui se sont accumulés, faute d’avoir quelqu’un de capable pour décider quelque chose. Vous verrez la dégringolade des indices de notation en Mai/Juin …
En effet cette note est « spécial Macron ». La finance protège son protégé. « La » ou « le « nouveau président devra faire face à une note dévaluée. Il faudra résister à la venue du FMI (ou de la banque européenne d’Ursula) qui plumera les Français sans toucher aux aides sociales, à l’AME, aux assos, aux agences, à l’argent de l’immigration, de Zelenski, etc. C’est-à la continuation européenne et mondialiste dans la douleur, la pauvreté et les larmes.
Merci de ne pas oublier que les subprimes en 2008, étaient noté AAA ! On connait la suite !
Et cette Agence touche combien pour mentir ainsi ?
Les agences de notation ont parfaitement raison d’éviter de faire paniquer les marchés.
Cela dit, où mettre le fruit de notre labeur ?
L’Europe est en état de faillite, les multinationales américaines bouleversent le marché en émettant des emprunts pharaoniques, etc.
Désolé, mais ça sent 1929, en pire !
Le fruit de votre labeur dans un coffre sous forme de lingotins ou de pièces d’or achetés rue de Vivienne. Ca fait 5000 ans que ça résiste à toutes les crises …
L’état peut vous interdire de posséder de l’or pour rappel, aux USA la réquisition de l’or des Américains par le président Roosevelt en 1933 .
On en arrive à se demander si le raisonnement n’est pas le suivant : continuons à dire qu’on peut prêter à la France en toute (relative) sécurité même si son stock de dettes est très (trop) important et ses déficits permanents. Les prêts se faisant à des taux de plus en plus importants, cela enrichit les créanciers et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Je pense également que les prêteurs se dosent que l’état français pourra toujours taper dans le bas de laine des français (loi Sapin 2, si je ne m’abuse). Ça tiendra, ce que ça tiendra mais le jour où ça va s’écrouler, ça risque d’être vraiment moche. Dans tous les cas, ce qui est sûr, c’est que nous n’avons pas fini de payer l’impéritie et la démagogie de nos gouvernants depuis 50 ans. Que ce soit par l’impôt ou par la spoliation de notre épargne.
Ce sera surtout les enfants et petits enfants de tous ces crétins de France qui vont payer. Comme disent certains de ces rebus de 68 « après moi le délluge ». Ceux qui ont fait les trentes glorieuses travaillaient pour leur famille et leurs enfants et à l’époque le politique qui se mettait en travers prennait une balle comme récompense. Aujourd’hui c’est avant tout les loisirs et les vacances. Je peux me retournner comme je veux dans un rayon de 200m nous sommes les seuls à faire un jardin, les voisins écolos de première heure ont posé de l’herbe synthétique autour de leurs maison se plaignant des feuilles qui tombent des arbres des voisins, et quelques assistés de la République qui vont jusqu’à proposer de taxer ceux qui font du jardin ! C’est cela la nouvelle France là ou la culture des prétentieux fainéants est roi.
Le maintien de la note A+ est , je pense, lié au calendrier électoral. Celui-ci prévoit d’ici 8 mois les élections présidentielles et, compte tenu de l’ampleur vertigineuse de l’Etat français, plus de 3 500 milliards, au abaissement de la note de la dette française n’a rien d’urgent. Que celui-ci survienne fin août 2026 ou en mai ou juin 2027, ne change rien. Par conte, ne l’abaisser qu’ à partir de mai ou juin 2027 peut être bénéfique à Attal ou Philippe voire à Christine Lagarde dont le nom est chuchoté comme recours à un Edouard Philippe en difficulté face à Mélenchon… Ce n’est que mon intuition et cela n’engage que moi. En toute hypothèse, il n’y a évidemment pas de quoi se réjouir de ce répit temporaire car la dette dépassera les 3 600 milliards d’euros lorsque Macron pliera bagages…!
Selon certain économistes sérieux elle dépasse déjà les 4 000 ! et sans compter les dettes des structures locales.
Excellent article, merci !
Je rajouterai que le »Mozart de la Finance » n’est pas un cancre ; il a choisi de semer le vent et il récolte la tempête.
NON il va seulement récolter une grosse rente Républicaine et des avantages conséquents comme l’un de ses prédécesseur qui nous a bien mis entre les pattes de l’Europe et de l’OTAN contre l’avis par vote de la grande majorité des Français. Bien que dans sa résidence secondaire offerte par les contribuables il fait refaire à grands frais toute la grande cuisine quelques mois avant son prétendu départ ! Il faudra bien qu’il se dérouille pour pouvoir en profiter et amortir ses dépenses en y invitant ses pots qui ne veulent de lui que pour s’en mettre plein la lampe.
Une plaisanterie … on voit que ces agences de notation sont complètement à côté de la plaque et certainement ni réalistes, ni honnêtes … il faut être aveugle pour ne pas voir ce que la France est devenue et que ces agences de notation se foutent de nous … elles doivent y trouver leur compte ou doivent satisfaire ceux qui les paient … et les manipulent.