Le rayon vert est un photométéore qui donne l’illusion qu’un point vert surplombe le Soleil ou la Lune. C’est un phénomène optique éphémère, mais celui qui a pu l’observer en parlera beaucoup. Ceux qui suivent un peu ce qui se raconte dans les médias depuis dimanche dernier pourraient en dire autant au sujet de la supposée « vague verte » des municipales. Ce n’est rien d’autre qu’un phénomène optique.

Il faut bien comprendre que la France n’est pas devenue verte. La France subit ce qui se passe chaque fois que les électeurs boudent les urnes, c’est-à-dire que les écolos cartonnent. Si l’on s’arrête sur le scrutin le plus déserté depuis 25 ans (les européennes), chaque fois, les Verts y font un très bon résultat que l’on ne retrouve plus dès que la participation redevient normale. Observons ce qui s’est passé depuis la présidentielle de 1995 et comparons avec les européennes qui suivent.

Présidentielle 1995, participation 79,66 %, Dominique Voynet 3,22 %.
Européennes 1999, participation 46,76 %, les Verts 9,72 %.
Présidentielle 2002, participation 79,71 %, Noël Mamère 5,25 %.
Européennes 2004, participation 42,46 %, les Verts 7,41 %.
Présidentielle 2007, participation 83,97 %, Dominique Voynet 1,57 %.
Européennes 2009, participation 40,63, les Verts 16,28 %.
Présidentielle 2012, participation 80,35 %, Eva Joly 2,31 %.
Européennes 2014, participation 42,43 %, les Verts 8,95 %.

En 2017, les Verts sont incapables de présenter un candidat à la présidentielle. En 2019, ils font 13,48 % aux européennes.

Conclusion : le bobo est un électeur consciencieux, un citoyen déterminé. Quand les autres vont à la pêche, lui, il s’enferme dans l’isoloir, il fait son devoir. Quand les autres sont là en nombre, son obstination passe inaperçue. Quand il n’y a plus personne, on ne voit plus qu’eux. C’est exactement ce qui s’est passé le 28 juin, au second tour des . Les municipales, l’une des élections préférées de nos concitoyens, ont été boudées mais les bobos, comme d’habitude, sont allés au charbon. Ils n’ont pas voulu s’arrêter aux conditions surréalistes dans lesquelles a été organisé ce scrutin. Ils n’ont pas voulu y voir une parodie d’exercice démocratique. Tête baissée, ils ont foncé. L’électeur Vert est un militant obsédé par sa mission citoyenne, et ça, ce n’est pas une illusion.

À lire aussi

L’Ordre des médecins, donneur de leçons, sévèrement admonesté par la Cour des comptes

Gestion opaque, conflits d’intérêts, favoritisme : la liste des griefs formulés par la Cou…