La Petite Sirène en voit de toutes les couleurs

Depuis quelques années, les studios de production Disney adaptent leurs grands classiques en films. Après La Belle et la Bête, Cendrillon, Dumbo ou encore Aladdin, c’est au tour de La Petite Sirène. L’héroïne à la chevelure rousse et à la peau diaphane émerveille depuis des années des générations d’enfants, notamment par la rareté des princesses rouquines dans les dessins animés. Ce temps de la rousseur sur grand écran est révolu puisqu’en cette année 2019, les studios Disney ont fait le choix d’une chanteuse de R&B noire pour incarner l’emblématique sirène…

Après la rumeur concernant l’homosexualité d’une des héroïnes de La Reine des neiges portée par les grands amateurs des chefs-d’oeuvre Disney, la maison de production s’enlise dans un nouvel esclandre. Disney a annoncé, dans un communiqué, que l’heureuse élue qui incarnera Ariel sera Halle Bailey, chanteuse noire de R&B. Celle-ci a parlé « d’un rêve qui devient réalité » sur son compte Twitter, tout en publiant l’image d’une Ariel métisse aux cheveux noirs. Le réalisateur Rob Marshall a défendu ce choix en parlant des qualités de l’actrice, qui sont un « rare mélange de caractère, de cœur, de jeunesse, d’innocence et d’épaisseur, sans compter une voix ravissante ». Mais que reste-t-il du portrait dressé par Andersen de son héroïne : « Elle avait la peau douce et diaphane comme une feuille de rose, les yeux bleus comme un lac profond » ?

Un choix politique, bien sûr, censé lutter contre la discrimination… pour en ériger une autre. Sans le savoir, nous discriminons. En me lisant, vous discriminez les autres auteurs. Les studios Disney discriminent la « communauté rousse » – souvent stigmatisée, essuyant de nombreuses moqueries dans les cours de récréation -, pourtant la plus légitime à endosser le rôle d’Ariel, comme dans la première version, au profit de la « communauté noire » qui pourtant – dans ce cadre précis – ne peut incarner la sirène à la peau « diaphane » (c’est à dire « très pâle », selon le Larousse), aux « yeux bleus », imaginée par Andersen.

Il suffit de rentrer dans les préceptes et l’idéologie de cette pensée simpliste-égalitariste pour comprendre ses limites et ses failles. Au nom des gens de grande taille, proposons à sept basketteurs de deux mètres d’incarner les sept nains. Au nom des cheveux courts, proposons à une femme coiffée à la garçonne d’incarner la princesse Raiponce !

Paradoxalement, la précédente production filmographique des studios Disney, Aladdin, n’a pas mis en scène des acteurs caucasiens mais bien des Orientaux, permettant de faire honneur au dessin animé, véritable chef-d’œuvre et peinture des pays des Mille et une nuits. Pourtant, Jasmine aurait très bien pu être incarnée par une Suédoise blonde aux yeux bleus ! Mais on se serait alors indigné, dénonçant une appropriation culturelle.

Il y eut déjà un vent frais de politiquement correct dans le film La Belle et la Bête, sorti en 2017. Le réalisateur Bill Condon avait mis un scène « un moment gay ». Quel rapport avec le dessin animé ? Aucun. Mais il est primordial, pour l’entreprise Disney, de représenter les « minorités silencieuses », quitte à causer l’étonnement des enfants… et des plus grands !

Walt Disney en personne disait : « Toujours se battre pour la qualité, que ce soit pour donner ou pour recevoir. » Mais la qualité ne réside-t-elle pas, aussi, dans la fidélité aux œuvres d’origine ?

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