Alors que la France n’était confinée que depuis le 17 mars, son PIB a diminué de 5,8 % au premier trimestre 2020, comme l’annonce France Info, ce 30 avril.

Il s’agit d’un record depuis la création de l’INSEE : les deux autres effondrements s’étant produits pendant le second trimestre de 1968 (-5,6 % consécutivement à la grève générale de mai) et pendant le premier trimestre 2009 (-1,6 %). Le PIB ayant reculé de 0,1 % au dernier trimestre 2019, nous sommes entrés en récession. Le second et le troisième trimestre 2020 devraient également être catastrophiques, chaque mois de confinement coûtant 3 % de perte de PIB sur un an !

Pour finir, en 2020, le recul du PIB sera au minimum de 8 %. Au premier trimestre 2020, les exportations se sont repliées de 6,5 % alors que les importations ne fléchissaient que de 5,9 %, diminuant ainsi le PIB de 0,2 %, les dépenses des ménages ont reculé de 6,1 % suite à la fermeture de nombreux commerces, des restaurants, des cafés et des cinémas. L’investissement est en chute libre (–11,6 %), ce qui se comprend en cette période d’incertitude maximale. La demande intérieure induit une perte de 6,6 % du PIB. En revanche, la reconstitution des stocks a eu un effet positif de +0.9 % du PIB.

La reprise sera lente ; si notre pays affichera sans doute, en 2021, un taux record de croissance au-dessus de 5 %, nous ne retrouverons pas le niveau de 2019 avant plusieurs années. Le chômage va exploser. L’augmentation de 7,6 % déplorée en mars n’est qu’un avant-goût de la déferlante qui va submerger Pôle emploi. La France va emprunter pour faire face à ce tsunami (200 milliards en 2020), précise La Tribune. Que la dette monte jusqu’à 124 % du PIB avant de se stabiliser est l’un des scénarios les plus probables. Faut-il s’affoler ? La situation peut perdurer des années, tant que les taux d’intérêt sont négatifs. L’exemple du Japon, où la dette est à 230 % du PIB depuis quinze ans (Le Monde), nous prouve que tout est possible.

En fait, la dette n’est pas un problème difficile à résoudre, même si les solutions sont politiquement douloureuses (mais pas économiquement). Le pouvoir pourrait saisir 10 % des économies des Français, nationaliser tous les terrains et obliger les propriétaires à payer un loyer, provoquer une inflation sur un an de 100 % ou créer une dette perpétuelle qui, pour finir, dépouillerait – par une inflation continue – ceux qui auraient cru à ce type de placements.

Tous ces scénarios impliquent néanmoins que le budget soit équilibré. Or, actuellement, les recettes de l’État français ne couvrent que 75 % de ses dépenses. Le déficit (et uniquement lui) est insoutenable sur le long terme. L’exemple d’autres pays européens qui ont retrouvé l’équilibre budgétaire, en 2019, avant le grand confinement, prouve que rétablir les comptes est toujours possible.

1 mai 2020

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