Culture - Editoriaux - 24 juin 2019

La 1re Nuit du Lys noir, le 4 juillet prochain

Sous l’Ancien Régime, le condamné était marqué au fer rouge sous la forme d’une fleur de lys. Infamante flétrissure ! Désormais, le Lys noir est une collection de romans policiers. Elle organise bientôt sa première nuit. Enquêtes et frissons garantis !

Le 36, quai des Orfèvres. L’inspecteur Maigret. Nestor Burma. Touchez pas au grisbi ! San Antonio. Albert Simonin. Les Tontons flingueurs. Le Fleuve noir. Peter Randa. Les durs de Pigalle. Le Beretta 85.

Derrière cet inventaire à la Prévert se dissimule une œuvre littéraire, souvent négligée, et néanmoins majeure : le roman policier.

Alors que quelques-uns s’époumonent à hurler « Tout le monde déteste la police », le polar, lui, a toujours ses aficioanados.

Le 20 juin dernier, le quotidien Présent a sorti en kiosques un hors-série consacré au roman noir. Son titre, un brin provocateur ? « Tout le monde aime la police et les polars. » Un véritable panier à salade. Rien que du beau monde. De François Brigneau à José Giovanni. Sans oublier Agatha Christie et James Lee Burke. Un numéro qui va dézinguer !

Un feu d’artifice dans le style : « Moi, quand on m’en fait trop, j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, j’ventile. »

Et le 4 juillet prochain se tient à Paris « la 1e Nuit du Lys noir ». Une soirée de débats et de dédicaces autour de l’objet du délit. Encore une putain de rafle au royaume des poulets. L’historien Jean Tulard et l’ancien inspecteur de police Jean-Claude Sacerdot ; les auteurs vedettes de la collection du Lys noir, aux Éditions Auda Isarn, avec son fameux Julien Ardant, dit « le Hussard ». D’Alain Sanders à Xavier Eman en passant par Bruno Favrit. Ils vont cracher le morceau. Tout avouer. Sans la moindre bavure.

L’ombre de Villiers – Gérard, pas Philippe – planera sur la soirée. L’ordre régnera à Santiago. Les mauvais calembours de A.D.G., l’haleine alcoolisée de Machin et l’irrévérence de l’avocat Pascal Delcroix tiendront le haut du pavé. Philippe Randa quittera ses banlieues torrides et viendra avec la femme de Feliciani. Le baveux Bouclier délaissera sa robe pour signer Le Dernier des occupants .

J’en oublie ? Évidemment. Il vous suffit de regarder l’affiche pour découvrir le programme. Et surtout de venir ! Cela ne se tiendra pas dans les sous-sols d’un commissariat de quartier, mais au 18, passage Dubail, dans le dixième arrondissement. Cela ne vous rappelle rien ? L’arrondissement de M’as-tu vu en cadavre ?, le sixième roman des Nouveaux Mystères de Paris de Léo Malet. Un bon présage !

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