Au sujet du débat sur le « », le député , patron du groupe à l’Assemblée nationale, a déclaré, lundi matin, sur RTL, qu’il ne voyait « pas comment un vote apporterait quelque chose de supplémentaire par rapport à un débat ». Réaction de Julien Aubert, député de Vaucluse.

Gilles Legendre était interrogé ce matin sur LCI sur l’absence de vote sur la mesure de tracking le 28 avril. Il a répondu que l’important était qu’il y ait un débat, mais que “le vote n’apporterait rien de plus”. Que cela révèle-t-il de l’opinion de la majorité?

Cela révèle que la majorité préfère la démocratie sans griffe. Elle préfère une démocratie de palabres, à l’africaine, un peu de théatre, sans incidence sur les prises de décisions.
On importune cet Exécutif qui finalement décide bien tout seul. Comme la mouche qui embête l’éléphant, le président Legendre écarte cette mouche démocratique qui embête l’éléphant pour le laisser avancer tout seul. C’est une véritable forme de mépris.

Pourtant cette décision de tracking pose des questions fondamentales en termes de libertés individuelles. Que pensez-vous de cette mesure qui ressemble à un fichage à grande échelle?

Mon intuition est qu’on n’enlèvera pas l’outil une fois la passée. Cet outil perdurera, avec la tentation de l’utiliser un jour pour d’autres occasions qui seront peut-être moins légitimes. De plus, qu’on le veuille ou non, une fois qu’un fichier existe, les données n’en sont jamais effacées. Elles peuvent être récupérées pour d’autres cas.
Sur le fond, j’y suis donc hostile. Je comprends néanmoins que, dans le cas d’une crise, on ait besoin de mettre en place un système. Je crois que le maximum acceptable est un système basé sur le volontariat, avec une obligation de destruction des données qui elles-mêmes seraient conservées par une administration indépendante ou au moins une autre que le ministère de l’Intérieur.


Le Premier ministre s’est exprimé longuement. Qu’avez-vous retenu de ce discours?

Il a des phares arrières qui permettent de très bien éclairer le passé. Il fait un travail d’historien remarquable et très pédagogique. En revanche, les phares avant fonctionnent beaucoup moins bien. Malheureusement, il est incapable de nous expliquer où nous allons.
Je crois que la date fixée par le président de la République en est la raison. Cette date n’est ni économique ni sanitaire, mais uniquement . Elle ne correspond à rien. Et on ne peut donc garantir aux Français qu’ils vont pouvoir sortir à la date du 11 mai et que les entreprises seront capables se relever, car cette date est un peu tardive.
Il y avait beaucoup d’approximation dans le discours du Premier ministre. J’ai noté qu’on ne citait plus le Comité scientifique mais les sociétés savantes, qu’on parlait de normés et non plus de masques chirurgiquaux distribués à la population et qu’on allait instaurer des demi-classes ou du télé-travail. Bref, la date du 11 mai apparaît comme un horizon. Et comme pour l’horizon, j’ai peur qu’au fur et à mesure qu’elle se rapproche, elle recule…

21 avril 2020

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