Editoriaux - People - 28 juillet 2019

Julie Gayet se doit de ne pouvoir compter que sur elle-même…

Julie Gayet vient de donner une interview dans Le Journal du dimanche. L’occasion de revenir sur les années élyséennes. Question de la journaliste : « Vous êtes restée en retrait lors de la présidence de François Hollande. N’avez-vous pas le regret d’être passée à côté d’une expérience de Première dame ? » Réponse de celle que la presse people se plaît à surnommer « la discrète » : « Je n’étais ni à l’écart, ni à l’ombre, mais à ma place de comédienne, de productrice. » Impeccable. Le charme discret de la bourgeoisie, pour reprendre le titre du film de Luis Buñuel, quand elle ne se fait pas rêveuse. « Je ne souhaitais pas me protéger, mais je souhaitais le protéger lui. » Là encore, c’est beau. Et l’on a envie d’applaudir.

D’autant que depuis 2017, la « Première dame » a presque un statut officiel. Une « charte de transparence » (interdit de sourire) fut en effet concédée par le prince durant le bel été 2017 où tout, alors, lui souriait. Oui mais, diront les petits bourgeois, Julie Gayet n’était pas l’épousée. Seulement la concubine, la maîtresse, la compagne, la conjointe, la douce amie (au choix). Même pas la fiancée.

Quoique. Car les mauvais esprits se souviennent peut-être de cette anecdote révélée en novembre 2014 par Valeurs actuelles et que nous avions rapportée dans ces colonnes. Sortant de l’aéroport Charles-de-Gaulle, la « discrète » allait s’engouffrer dans une berline envoyée par le Palais. Mais des paparazzis étaient sur les lieux. Elle décida alors de ne pas emprunter la voiture officielle et préféra monter dans un taxi. Voyant des motards de la gendarmerie sur le bord de l’autoroute A1 en direction de Paris, elle ordonna au chauffeur de s’arrêter pour demander aux militaires de l’escorter. Refus d’obtempérer des pandores. Exaspération de l’actrice qui sort son va-tout : “Je suis la fiancée du Président.” Ce qui laissa de marbre la maréchaussée. Toujours selon Valeurs actuelles, elle aurait alors menacé d’en référer en haut lieu. La grande scène du 2, en quelque sorte, sur la bande d’arrêt d’urgence.

Mais revenons à l’interview dans le JDD. Julie Gayet est une féministe, c’est bien connu. D’ailleurs, la journaliste le lui rappelle en posant cette question : « D’où vous vient votre combat en faveur des femmes ? » Mademoiselle Gayet explique alors que cela lui vient d’une arrière-grand-mère chercheuse, une des premières femmes médecins. Certes. Mais elle ajoute : « Je me dois de ne pouvoir compter que sur moi-même. » Comme en ce jour de 2014 où elle héla les gendarmes, invoquant son titre de « fiancée du Président ». Pas très féministe, ça.

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